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Passionnée des perles et du design, a fait de la fabrication des colliers à base de perles son activité principale. Elle propose aujourd’hui des accessoires avec divers motifs et couleurs pour le grand plaisir des amoureux de perles. Rencontre avec une entrepreneure engagée.

Comment est née l’idée de travailler avec les perles?

Manuella Jewerly création

L’idée des perles m’est venue durant mes vacances  à Lomé. Un jour, alors que je m’ennuyais, je suis sortie pour une petite ballade. C’est là que je suis tombée sur une boutique où se trouvaient de nombreuses jeunes filles qui étaient en train de tricoter des perles qu’elles transformaient en bijoux, colliers, bracelets etc. Cette découverte a réveillé l’amour des perles qui sommeillait en moi depuis des années. Pour un début, j’ai voulu acheter des colliers pour les revendre. Après réflexion, j’ai préféré prendre des renseignements pour m’inscrire, me former, maîtriser le travail afin de pouvoir les fabriquer moi-même.

Après ma formation en marketing et designer à Lomé, je suis revenue au Burkina. J’ai constaté que les burkinabè commençaient à s’intéresser à ces perles. J’ai donc acheté les perles sur place ainsi que les fils et aiguilles. J’ai pu ainsi me faire une place dans ce métier en réalisant ma propre marque « Manuela Jewellery ».

Pourquoi utilisez-vous rien que les perles?

Manuella Mireille Coulibaly
Manuella Jewerly création

Je n’utilise pas que des perles parce que c’est avec elles que j’ai commencé ma formation. Aujourd’hui, j’y ajoute une petite touche en les combinant souvent avec du pagne. Les perles font plus femme, elles   mettent en valeur les tenues ainsi que la personne qui les porte.

Lorsque l’on est comme vous, en début de carrière, n’est-on pas un peu intimidé par les grandes marques ?

Dans ce  domaine, on ne peut pas parler de grandes marques. C’est vrai qu’il y a des personnes qui exercent déjà ce métier, mais ce n’est toujours pas assez reconnu, donc on peut dire que la concurrence n’est pas assez rude.

 Au Burkina Faso, les perles ne font pas partie de notre culture par rapport aux pays comme le Togo, le Sénégal ou le Nigeria où on peut vraiment parler de marque. Ici franchement, il n’y a pas beaucoup de concurrence même si je n’ai que deux ans d’expérience. Je suis un peu satisfaite de ma création. J’ai appris les bases et je crée moi-même mes modèles. Je reçois souvent même les appels de mes formateurs pour avoir quelques motifs de mes modèles. La seule chose qui me handicape, c’est que les perles ne sont pas intégrées dans nos traditions. Alors que dans les autres pays africains à chaque étape de la vie d’une jeune fille (baptême, mariage, funérailles), les perles et les bijoux sont toujours là pour les accompagner. Mais, je constate que petit à petit les perles commencent à être appréciées au Burkina Faso.

Comment le public apprécie-t-il vos créations ?

Les gens aiment bien ce que je fais, parce que quand je confectionne les perles, elles sont vite achetées. Elles sont généralement prises immédiatement. Même ceux qui n’aimaient pas les perles, me disent, quand ils me croisent, Manuela tes perles sont jolies. Cela m’encourage et m’incite à créer davantage.

Quels sont vos projets ?

J’ai pour ambition d’ouvrir ma boutique de perles Manuela Jewerly d’ici à la fin de l’année. Ensuite, je voudrais faire beaucoup de promotions afin de faire connaître ma marque qui est actuellement exposée sur les réseaux sociaux.

Je souhaite également exporter mes modèles à l’international comme le font beaucoup de créatrices de mode en y ajoutant bien sûr ma touche d’artiste. Généralement, quand je prends un modèle de base, j’y ajoute toujours ma touche afin de lui donner un autre design.

Quelle est la marque internationale qui vous a inspirée ?

La marque Zwaroski m’inspire beaucoup. Elle est basée en Europe.

La majeure partie du temps, les gens ont tendance à négliger les accessoires  faits de façon locale, est-ce que  vous vivez cette réalité ? 

Non, on peut dire qu’actuellement, cet esprit est en train d’être banni. Les gens commencent vraiment à consommer local. Notre Faso Danfani qui prend de l’ampleur partout en est l’exemple. Les produits fabriqués ici commencent à être  appréciés par les gens.

Le plus important dans la vie, c’est de trouver et de faire ce que l’on aime et surtout penser à comment le faire pour s’en sortir

Pensez-vous à former d’autres personnes ?

Oui, j’ai déjà formé pas mal de personnes. Dès ma première année de formation, j’ai commencé en même temps à montrer  ce que je sais faire à mes sœurs. Je ne trouve pas de complexe à cela. Je forme  beaucoup parce que j’apprends encore d’autres modèles au cours de mes formations. Quand je donne un modèle à reproduire et que la personne ne le réussit pas complètement, j’observe à partir de son erreur pour ajouter quelque chose pour faire de nouveaux motifs. Je ne condamne pas généralement les erreurs faites par mes apprenantes ; j’exploite leurs faiblesses pour faire encore mon travail d’artiste.

Votre mot de la fin ?

J’invite les jeunes qui ont des diplômes, qui cherchent du travail dans les bureaux à se lever pour entreprendre dans les domaines qui les passionnent. J’insiste car l’avenir n’est pas forcément dans le bureau. Imagine un peu si tout le monde se trouvait dans un bureau, le monde n’allait pas trop bien tourner !

 Si on n’arrive pas à se mettre cela dans la tête, je pense que le taux de chômage ne va jamais baisser. Le plus important dans la vie, c’est de trouver et de faire ce que l’on aime et surtout penser à comment le faire pour s’en sortir. Si je prends mon exemple, je peux passer toute une journée à tricoter mes perles sans ressentir une fatigue ; j’adore le faire et je le vois d’abord comme une distraction. Aujourd’hui, même quand je dors, je me vois en train de tricoter. Donc pour finir, je m’épanouis doublement.

Par Aminata Gansonré

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