Manifestation au Burkina Faso : « nous voulons que la France parte de chez nous », Bassirou Tao

La Journée du 18 novembre 2022 a été mouvementée à Ouagadougou, la capitale burkinabè. Révoltés par la crise sécuritaire qui mine le pays, des manifestants exigent le départ de la France. Quelques manifestants  rencontrés devant la base militaire de kamboinsin  aux environs de 21H expriment leur  ras- le- bol.   

 Bassirou Tao : Le motif de notre présence ici c’est de faire partir la France. Nous voulons que la France parte de chez nous. On ne veut plus les voir ici. On en a marre de leur façon de nous soutenir. D’ailleurs, c’est un mauvais soutien. La France dit qu’elle nous aide mais nos problèmes ne font que se multiplier. Leur armée dit qu’elle nous aide à combattre les terroristes mais la situation va de mal en pie.

Ça se complique davantage à tous les niveaux. Notre choix maintenant c’est que la France parte et c’est ça qui nous a amené ici cette nuit. Nous ne regrettons rien et on ne parle pas de fatigue aussi. Même s’il tire à bal réel, nous allons résister jusqu’à ce que notre mission soit accompli. Il y a plus de 400 motos retenues à l’intérieur du camp de kamboinsin ici suite aux affrontements à gaz lacrymogène.

Omar Sore : Nous nous sommes mobilisés depuis ce matin aux environs de 08h et nous n’allons pas rentrer malgré qu’il soit tard. Nous allons veiller ici parce que la situation ne nous plait pas. Nos ancêtres sont morts et nos parents sont mort. Nos petits frères sont aussi dans la mort. La France dit qu’elle est venu nous aider à combattre mais nous constatons que ce n’est pas le cas.

Omar Sore, manifestant

Alors, comme c’est ainsi, nous voulons que la France parte car nous voulons un autre partenaire. Beaucoup de nos motos sont resté dans le camp et on ne va pas laisser çà comme ça. Quel que soit ce qui va se passer, nous allons récupérer nos engins. Il fait nuit d’ici qu’il fasse jour, nous aurons une solution face à cette situation.

Moctar Sankara : J’ai quitté en côte d’ivoire avant-hier pour venir ici à cause de cette marche. Je suis arrivé à Poura hier et je ne me suis pas assis. J’ai juste salué les parents avant de prendre la direction de Ouagadougou. Tout ça à cause de la patrie. On a nos engins retenus et nous ne bougerons pas d’ici sans avoir tout récupérer. Tout nous appartient et la France n’a d’autre chose à faire que de dégager d’ici.

Adama Koanda : Ils ont titré à balles réelles dans le camp et une balle a perforé la tête d’un enfant. A l’heure où je vous parle, l’enfant se retrouve à l’hôpital Paul VI. Nous ne sommes vraiment pas fiers d’eux.

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