Le fou, le génie et le sage est un film documentaire de 78 minutes de la réalisatrice Burkinabé Maimouna N’Diaye. Un film qui montre une autre vision de ceux qu’on considère comme malades mentaux. Victimes dépression, les génies (mari et femme de nuit), ou la drogue, ces fous à travers ce film décrit beaucoup sur leur personnalité. Comment la réalisatrice a fait pour avoir leur confiance et leur permettre de parler à cœur ouvert dans son film, Maimouna N’Diaye nous fait un feed back après la projection de son film.

Maimouna N’Diaye est allée à la rencontre de ceux que l’on ne film jamais en Afrique, ceux dont on a peur ou honte, ceux qu’on appelle les fous. Souvent impuissantes face à la maladie, leurs familles cherchent par toutes méthodes modernes, traditionnelles ou religieuses une hypothèse de guérison. La camera de la réalisatrice les suit, qu’ils soient praticiens qu’ils soient guérisseurs, médecins, pasteurs ou imans. De cette expérience personne ne ressort vraiment indemne car ce film documentaire interpelle tous et pousse tous à la réflexion. Mais la quelle parmi tout ce mystère.


Ces gens-là sont des personnes qui se sont laissés aller dans leur désarroi donc du coup en moi il avait une personne inconnue à qui il pouvait se confier sans danger

Maimouna N’Diaye
Maimouna N’Diaye

 « Je suis agréablement surprise que vous soignez si nombreux. Je profite rendre un hommage au fou philosophe qui est décédé », s’est-elle exprimée après la projection de son film à l’institut français. Elle ajoute avec presque les larmes aux yeux qu’il était très important pour elle de leurs donner la parole.  « Ces gens-là sont des personnes qui se sont laissés aller dans leur désarroi donc du coup en moi il avait une personne inconnue à qui il pouvait se confier sans danger », a confié la réalisatrice.

Maimouna N’Diaye affirme n’avoir pas volée des images : « Tout s’est fait petit à petit en installant la confiance entre eux et moi ou leur famille. J’ai filmé et leurs a expliqués. Je ne veux pas faire un film sur vous, mais je veux faire un film avec vous et ils ont tout accepté.   Il y a beaucoup avec qui je suis resté en contact et quand je fais 2 semaines ou un mois sans les appelés se sont eux qui me demande comment je vais ».

Odile Sankara, comédienne

Et à la question de savoir quel regard elle a envers ces personnes après la réalisation de ce film elle répond : « Moi j’avais déjà un autre regard c’est pour ça que j’ai fait ce film. C’est ce regard que j’ai voulu partager avec les gens. J’ai commencé avec des enfants  la première fois et l’autre fois je demande comment il s’appelle et ainsi de suite. Quand je venais en voiture je me garais un peu loin et je déclenchais la discussion et puis là où ils habitaient et je m’étais renseigné et sur l’anniversaire chez eux quand ils étaient dans leur univers je me retrouvais toujours dans leur monde, j’allais à leur rythme ; quand ils me disaient qu’ils voulaient  que je les filme, je filmais. Et j’arrêtais quand ça devenais un peu intime. Les parents m’ont montrée les images qu’ils voulaient que je montre, j’ai respecté et d’ailleurs ce sont certains de leurs témoignages qui sont dans le film ».

Un film apprécie positivement par certains cinéphiles. Abdoulaye Sangaré a maintenant un autre regard des fous. Ce soir j’ai compris que ces personnes ne sont pas dangereux, ils ont juste peur de nous comme nous avons aussi peur d’eux.

Zougrana Dieudonné, lui pense déjà à sa personne aux vues du film : « je vais commencer à faire beaucoup de recherche et contrôler mes émotions face à eux. Ma conclusion du film sur ces fous c’est que tout le monde peut y passer. Je ferai désormais attention à mon angoisse. Je remercie cette brave dame pour le travail abattu ».


Finalement je me demande est ce que nous ne sommes pas tous fou ?

Odile Sankara

 « Elle a du talent et je suis fière que ça soit une femme. Elle a touché ma sensibilité. Demain si je vois un fou, mon regard va changer envers ce fou. Ce film touche tout le monde. Depuis la fin, je me pose des questions et continue de les posées. Je n’ai toujours pas de réponse en parlant », s’est exclamé Odile Sankara. Et de conclure : « Finalement je me demande est ce que nous ne sommes pas tous fou ? Le film est vraiment troublant et le regard envers ces personnes change et nous même qui l’avons suivi ».

Le film a été tourné pendant 4 ans et montée en 2ans. Il est n’est pas en compétition pour ce Cinquantenaire du Fespaco 2019.

                                                                        Aminata GANSONRE

 

                                                                        

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