La journée nationale de la lutte contre la pratique de l’excision  a été commémorée en différé, ce mardi 10 juillet à Manga dans le Centre-sud. Une manière pour les autorités burkinabè de marquer une fois de plus leur engagement pour  aboutir à une tolérance zéro à l’excision d’ici à 2030.

‘’L’implication des élus locaux et de la jeunesse pour mettre fin aux mutilations génitales féminines’’, c’est le thème retenu cette année pour la célébration nationale de la lutte contre la pratique de l’excision.

En effet, selon l’enquête démographique et de santé réalisée en 2010, 75,80% des femmes de 15 à 49 ans et 13,3% des filles de 0 à 14 ans étaient excisées au Burkina. Selon l’enquête multisectorielle continue, ce taux est passé en 2015 respectivement à 67,6% pour les premières et 11,3% pour les dernières. Et selon les mêmes sources, le taux de prévalence à l’excision au Centre-sud était de 68% en 2010 contre 65,8% en 2015.  La  pratique de l’excision persiste .

C’est pourquoi le maire de ladite commune Jérôme Rouamba, affirme que le thème retenu «  vient à point nommé pour sensibiliser car l’excision est une violation des droits de la fille  avec  de nombreuses conséquences ».

Toujours en se référant aux enquêtes précédemment citées, 47 filles ont été victimes de la pratique d’excision courant 2016-2017.  Face à ce nombre, la représentante des partenaires techniques et financiers, par ailleurs, représentante de l’OMS au Burkina, Dr Alimata Jeanne Diarra/Nama, avoue que  c’est trop.  « Il faut sensibiliser les populations à travers les élus locaux qui sont toujours en contact avec ces communautés. Nous allons continuer à accompagner le gouvernement dans la lutte qu’elle mène contre les pratiques néfastes », a-t-elle indiqué.

Des associations ont été distinguées pour leur engagement dans la lutte contre la pratique de l’excision

Une lutte gagnée contre la pratique de l’excision suppose alors une collaboration des élus locaux et de Jeunesse.  «  Il faut qu’ils veillent à ce que cette pratique s’arrête, il faut que ces élus participent vraiment à la sensibilisation. Il est important aussi que la jeunesse prenne conscience. Nous avons des lois protectrices mais elles ne peuvent pas suffire si les gens n’adhèrent pas à cette idée de la tolérance zéro face au phénomène de l’excision », a fait savoir la ministre en charge de la femme, Laurence Ilboudo.

C’était aussi l’occasion de reconnaître les efforts de 9 associations de la région dans la lutte contre la pratique de l’excision, à travers une remise  d’attestations.

 

Laurence Ilboudo, remettant un acte de naissance à une bénéficiaire

En marge de cette commémoration, s’est tenue une audience foraine, suivie d’une délivrance symbolique des actes de naissance aux  femmes. Cette  opération à en croire la ministre Laurence Ilboudo concerne les régions du Centre-sud et de la Boucle du Mouhoun et s’étale jusqu’à la fin de l’année. « 17 820 femmes seront dotées de documents d’état civil afin de créer les conditions de base de leur processus de développement », a expliqué la ministre.

« Je sais maintenant que je suis une fille de la nation parce que j’ai un acte de naissance. Je vais pouvoir entreprendre dans le domaine qui me plaît et être indépendante. Si  j’apprends qu’il y a une aide quelconque, je peux maintenant  postuler comme toutes les autres femmes » s’est réjouie la bénéficiaire  Christine Bouda.

Assétou MAIGA

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