Lutte contre les grossesses non désirées : les députés passent à l’offensive

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Sur les 23 764 admissions dans les maternités de cinq centres de formation sanitaire de la ville de Ouagadougou, 797 adolescentes moins de 18 ans ont été répertoriées au cours de l’année 2017. C’est le résultat de l’étude menée par la Société des gynécologues obstétriciens du Burkina (SOGOB) en collaboration avec l’ONG Médecins du monde France au Burkina Faso (MdM)

Ce 31 juillet 2018, à l’hémicycle, une équipe de la SOGOB accompagnée de MdM et des OSC étaient face aux députés. Ce qui les réunit ce jour, c’est la restitution de l’étude menée dans les maternités de cinq formations sanitaires de la capitale burkinabè. Une étude axée sur les grossesses des adolescentes.

De cette étude, il ressort que sur 23.764 admissions en 2017 dans ces maternités, 797 adolescentes de moins de 18 ans ont été répertoriées. Il est vu  que l’âge des adolescentes admises en obstétrique variait entre 13 et 17 ans. Celles qui sont admises étaient musulmanes dans 74,2% des cas contre 25,8% de chrétiennes.

Des députés ont découvert la situation des grossesses non désirées dans la ville de Ouagadougou

Egalement, l’étude révèle que parmi les 797 adolescentes admises en obstétrique, 40,5% étaient célibataires, et celles qui ont une vie de couple (mariées ou concubines) représentaient 59,5% des adolescentes enceintes. Au terme des grossesses de ces adolescentes, il est indiqué que sur les 797 grossesses, 204 ont abouti à un accouchement dystocique.

Autant de complications

De ces grossesses précoces, plusieurs complications ont été observées. Elles se sont terminées soit par un avortement ou par une césarienne. Parmi ces 797 cas de grossesse, 12,9% se sont soldés par un avortement et 19,2% par une césarienne.  Les 797 adolescentes ont donné 728 naissances vivantes dont 13,3% sont prématurées. Le taux de mortalité maternelle évalué est de 1,6% (13 sur 797).

Le présentateur de l’étude, Dr Sibraogo Kiemtoré a indiqué que les principales complications de la grossesse chez l’adolescente ont été l’avortement, l’hémorragie, la prééclampsie et la mortalité maternelle. Une situation des adolescentes aussi sombre dépeinte aux yeux des élus de la nation n’a fait que les interpeller.

A l’image de la député Workya Roamba, les parlementaires ont décidé de prendre à bras le corps le phénomène des grossesses non désirées

Ainsi, le député Henri Koubizara, représentant le président de l’assemblée nationale à cette rencontre d’échange, a fait savoir que la représentation nationale est consciente de la gravité de la situation. C’est pourquoi, il a indiqué qu’à travers la mise en œuvre du Réseau des Parlementaires Femmes et Développement (RéPaFed), les députés veulent apporter leurs contributions pour le développement de la femme.

« Nous allons voir comment de nouvelles mesures peuvent être prises pour mieux faciliter la prise en charge des adolescentes et surtout quel travail peut être fait pour éviter ces grossesses non désirées au niveau de la jeune fille », a-t-il déclaré.

Vu la gravité du phénomène, les députés ont souhaité que le document soit disséminé et élargi à tous les parlementaires même au plus haut niveau politique. Henri Koubizara a par ailleurs noté que certes des lois existent pour protéger l’adolescent mais « il faut renforcer ces lois déjà existantes vu la montée en puissance du phénomène », a-t-il confié. Une déclaration qui peut ravir l’équipe de Médecin du Monde car, elle a sollicité que les députés revoient les lois en faveur de la jeune fille de sorte à les protéger davantage.

La responsable Plaidoyer de MdM, Cécile Thiombiano a exhorté les élus nationaux a revisité les lois en faveur de l’adolescente

Selon la responsable Plaidoyer de MdM, Cécile Thiombiano, il faudrait également travailler dans le sens de la révision des textes nationaux conformément au Protocole de Maputo. « Il faut la sécurisation des produits contraceptifs, la gratuité des méthodes contraceptives surtout aux jeunes et adolescents, l’avortement sécurisé et l’allègement de ses procédures », a-t-elle suggéré.

Cette étude basée sur la grossesse chez les adolescentes dans cinq centres de santé dans la ville de Ouagadougou a été réalisée au CHU Yalgado Ouédraogo, l’hôpital de Bogodogo, le CMA du district sanitaire de Boulmiougou, le centre médical urbain de Nagrin et le centre médical urbain de Pogbi.

                                                                                                                                                                Issa KARAMBIRI

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