Toutes les 6 secondes, une personne meurt à cause du tabagisme.Cette épidémie tue plus de 7millions de personnes par an dans le monde. Face à cette situation, depuis 1987, le 31 mai de chaque année, il est célébré la journée mondiale sans tabac. L’édition 2018 est placée sous le thème « Tabac et cardiopathies » afin de sensibiliser la population sur les maladies cardiovasculaires, les dangers liés au système respiratoire et les accidents vasculaires cérébraux. Ainsi, l’unité de sevrage tabagique de l’Afrique de l’Ouest a été inaugurée officiellement ce jour.

Le thème de cette commémoration s’explique par plusieurs facteurs. Les recherches ont montré le lien entre le tabac et les cardiopathies (maladies liées au cœur). En effet, les fumeurs et ceux qui sont exposés à la fumée du tabac sont  ceux qui présentent le plus de maladies cardiaques en témoigne les 2 millions  de décès notés sur les 7 millions de personnes qui meurent chaque année.

Le tabac agit directement sur les vaisseaux sanguins en général et ceux du cœur en particulier. La nicotine porte atteinte aux vaisseaux sanguins du cœur, favorise le dépôt de goudrons, de cholestérol et d’autres graisses sur les canalisations du cœur.

Ces dépôts finissent par obstruer les vaisseaux sanguins des fumeurs et entrainent des dégâts, d’où l’augmentation de 30% le risque d’infarctus du myocarde et de 50% le risque d’avoir une crise cardiaque chez les fumeurs et les fumeurs passifs.

Des chiffres inquiétants

La consommation du tabac constitue la 1ère cause de décès évitables. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, plus de 4800 burkinabè décèdent chaque année de causes liées au tabac.

La prévalence générale du  tabagisme est de 19,8% chez les personnes âgées de 25 à 64 ans. Elle était de 29,2% chez les hommes et 11,8% chez les femmes. Les sujets jeunes de 25 à 34 ans de sexe masculin sont les plus touchés avec une prévalence de 32,6%. Telles sont les données de l’enquête STEP réalisées en 2013.

L’exposition passive à la fumée du tabac à domicile était de 36,6% chez les hommes et les femmes âgées de 25 à 64 ans. Ce phénomène a causé la mort de plus de 9000 personnes dans le monde. La fumée du tabac contient plus de 4000 substances chimiques parmi lesquelles plus de 60 sont cancérigènes.

De nombreux défis à relever

L’OMS alerte sur les  prévisions de consommation du tabac qui devrait doubler voire tripler en Afrique à l’horizon 2025 avec des conséquences désastreuses sur la santé des usagers, des familles exposées à la fumée, les systèmes de santé et sur l’économie toute entière à l’échelle des pays.

Présent à cette cérémonie, Jérémy Frère, Chargé de Projets représentant  Expertise France à Paris a salué les progrès du Burkina qui a s’est conformé à la directive de l’UEMOA sur la taxation des produits du tabac.

Il a par ailleurs fait savoir que de nombreux défis et enjeux demeurent en ce qui concerne le respect et l’application de la loi, les affichages des paquets, la sensibilisation de la jeunesse sur les méfaits du tabac, la possibilité d’avoir recours à des traitements de sevrage tabagique à un cout abordable, sur l’organisation et le financement de la lutte anti-tabac.

Des solutions idoines pour lutter contre le tabac

Le ministère de la santé avec l’appui des partenaires techniques et financiers a mis en place un certain nombre de stratégies pour lutter contre le tabac. Ce sont entre autres l’organisation de sorties de contrôle de l’interdiction de fumer dans les lieux publics (bars, restaurants, maquis, etc.) en collaboration avec l’ONG Afrique Contre le Tabac (ACONTA), le ministère en charge de la justice et la police municipale.

 Les affiches sur l’interdiction de fumer et le lancement du numéro vert 80 00 12 39 sont d’autres solutions. Ce numéro servira à dénoncer les lieux où l’on fume. Il est également au service de ceux qui veulent arrêter de fumer, appeler gratuitement et avoir des conseils.  A en croire Narcisse Naré, Chargé de mission représentant le ministre de la santé, il est prévu pour cette année, l’élaboration d’un programme national de lutte anti-tabac à l’image de la Cote d’Ivoire, du Sénégal, du Bénin pour pouvoir mener des actions efficaces contre ce fléau.

 

Des ressources financières seront mobilisées pour ce programme. En ce sens, des partenaires ont déjà été identifiés notamment la fondation Bill et Melinda Gates, la fondation Blender.

Face à l’acuité de tous ces problèmes liés au tabac, le Burkina a ratifié la convention cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (CCLAT) en juillet 2006. Puis, il s’est doté d’une loi portant lutte contre le tabac en novembre 2010 et des textes d’application de cette loi en décembre 2011 marquant ainsi le point de départ d’une lutte coordonnée contre ce fléau.

Pour de meilleurs rendements, il est mis en place l’unité de sevrage tabagique,  situé au sein de l’hôpital Yalgado, une première de toute l’Afrique de l’Ouest,  Pour le Pr Georges Ouédraogo, pneumologue, tabacologue et  coordinateur de ce centre, il  est dédié à tous les burkinabè. Il offre des consultations à 2000f et le ticket est valable pour trois mois.

Aussi, il participe entre autres à la sensibilisation, à la formation des agents de santé de l’hôpital, d’autres agents, des activités de recherche pour donner une image réelle sur le tabagisme au Burkina Faso et la délivrance pour ceux qui en sont indépendants.

« Ouvert le 5 mai 2017, à la date 5 mai 2018, nous avons reçu 322 patients et 105 visiteurs. La cigarette n’est pas un aliment, ce n’est pas une obligation de consommation  et la cigarette n’apporte rien à l’organisme humain. Et même si on en a goutté, il est possible d’arrêter », Pr Georges Ouédraogo.

                                                                                                                         Françoise Tougry Ouédraogo

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