Lutte contre le Cancer du Col de l’Utérus : les pouvoirs publics mis à contribution

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En vue d’interpeller les pouvoirs publics pour l’amélioration des politiques en matière de lutte contre le cancer du col de l’utérus, Médecins du Monde en partenariat avec 6 organisations de la société Civile(OSC) ont mené une campagne de plaidoyer.  Ladite campagne s’est déroulé du 24 au 30 septembre sous le thème « afin qu’aucune femme ne meure suite au Cancer du Col de l’Utérus au Burkina Faso, Nous plaidons ».

24%, c’est le taux que représente le cancer du col de l’utérus (CCU) parmi tous les autres types de cancers au Burkina Faso. Il est le cancer féminin le plus mortel et se positionne devant celui du sein qui représente 18%.

Dans sa volonté de contribuer à limiter les dommages que cause cette maladie, Médecins du Monde (MDM) a mis en œuvre depuis 2018 un projet de réduction de la morbidité et de la mortalité dues au cancer du col de l’utérus. C’est dans cette dynamique que MDM en partenariat avec 6 OSC ont mené une campagne de plaidoyer afin de mobiliser les décideurs à une prise de conscience sur les priorités de lutte contre le CCU.

A ce titre, l’équipe a fait un plaidoyer auprès du ministère de la santé pour la révision du programme de vaccination d’ici 2021. Ladite révision consiste à intégrer un vaccin contre les génotypes essentiels du HPV au profit des filles de 09 à 13 ans dans le calendrier vaccinal du Burkina pour prévenir la maladie. Le choix de cette tranche d’âge pour le vaccin se justifie par le fait que les jeunes filles de cet âge ne sont pas encore actives sur le plan sexuel.

« Quand les filles sont déjà sexuellement actives, la vaccination n’a plus son sens d’où le choix de cette tranche d’âge », Issouf Belem, membre de l’association de Femmes atteintes et Affectées par le Cancer (AFAAC).

MDM et les 6 OSC ont également mené un plaidoyer auprès du Secrétaire Permanent du Conseil National de Lutte contre le Sida et les IST (SP/CNLST). Ce plaidoyer a été fait en vue de l’intégration de la prévention et de la prise en charge du CCU dans le cadre stratégique national de lutte contre le VIH Sida-IST 2021-2025, d’ici mars 2021.

Le dernier plaidoyer a été mené auprès du ministère de l’économie et des finances en vue accroître par an le budget alloué aux mesures de la gratuité du dépistage et du traitement des lésions précancéreuses du col utérin d’ici décembre 2020.

 

Des actions pour briser le tabou autour du cancer du col de l’utérus

 

Dans cette lutte contre le CCU, les OSC du groupe plaidoyer ont également mené des actions contre les pesanteurs socio-culturelles qui selon eux contribuent au retard de dépistage et aux soins du CCU. A ce titre, le comité a organisé des activités de sensibilisation par le contact avec les ménages et des échanges avec les leaders coutumiers et religieux.

« Nous avons pu créer une alliance avec des tradi-praticiens. L’équipe de plaidoyer a également tenu des sessions de sensibilisation dans certaines cours royales », a laisser entendre Aminata Ouattara, point focal au district sanitaire de Baskuy.

L’une des innovations de Médecins du Monde dans la lutte contre le CCU est l’auto prélèvement. Il permet à la femme de faire le prélèvement elle même  à l’aide d’un kit. Cette innovation contribue à convaincre les hommes qui s’opposent au dépistage de leur femme.

« C’est une stratégie qui permet aux femmes d’avoir plus confiance en elles même et qui permet de réduire un tant soit peu les pesanteurs socio-culturels liés au CCU » a déclaré Cécile Thiombiano/Yougbaré, membre de MDM.

« Le CCU n’est pas seulement l’affaire de la femme, c’est l’affaire également des hommes et des leaders coutumiers et religieux », a ajouté Issouf Belem, membre de l’AFAAC.

Les OSC du groupe de plaidoyer sont IES/FEMMES, YERELON+, ASEC, KIMI, AFAAC et URCB.

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