L’opposition politique tire à boulets rouges sur Me Bénéwendé Sankara

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Deux partis du chef de file de l’opposition (CFOP) à savoir le Rassemblement des Ecologistes du Faso (RDEBF) et le Mouvement Panafricain du Faso (MPF) ont animé une conférence de presse ce 12 juin 2018.  Au cours de ce face à face avec les journalistes, les conférenciers du jour ont abordé la question des sanctions prises par le conseil de discipline des magistrats, dénoncé la mauvaise gestion du pays par le parti au pouvoir. Ils ont aussi échangé sur la crise relative à l’arrondissement n°3 de Ouagadougou et les attaques médiatiques de la Majorité contre l’opposition.

Au cours de ce point de presse, les conférenciers du jour ont fait remarquer que face à un problème, il faut privilégier le dialogue, parlant de la fronde sociale et du forum national sur la remise à plat du système de rémunération des agents de l’Etat.

Selon Adama Séré, Président du Rassemblement des Ecologistes du Burkina Faso, le gouvernement a manqué d’imagination parce qu’avant d’être chef de l’Etat, le président est élu sur la base d’un programme. Donc, il doit mener en son sein, son propre diagnostic face aux maux qui minent la nation et mettre ensuite en place une stratégie.

Selon cette même source,  lorsqu’on sent manifestement du tâtonnement, cela montre une impréparation du gouvernement par rapport aux préoccupations de la nation d’où ce scénario  mis en place. Pour lui, le manque de vision couplé à un manque de stratégie et de sens élevé de l’Etat a conduit le Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP) à mal gérer ces mouvements sociaux que connaît notre pays, se contentant de déplacer le débat de fonds, d’utiliser des arguments qui frisent le déshonneur causé par un outrage public.  

« Nous pensons qu’en réalité, il s’agit d’un jeu de manipulations, une fuite en avant du gouvernement  parce que la vérité aurait voulu que l’on mette à plats tous les problèmes », a-t-il soutenu. A l’entendre, c’était une occasion inespérée, le moment idéal pour le MPP de poser les bases d’une fondation qui permette d’aller de l’avant étant donné que le Burkina venait de sortir de l’insurrection.

Le président du RDEBF a indiqué que la stratégie qui consiste à jeter certains en pâture et montrer que c’est d’autres qui siphonnent la richesse du pays constitue un véritable problème d’où la difficulté à aboutir à un dialogue.

Pour l’opposition, le format de la conférence pose également problème dans la mesure où elle n’implique pas directement les acteurs qu’il fallait. En ce qui concerne la diminution des salaires, l’opposition préfère s’abstenir de donner un avis quelconque.

A en croire Achille Rawa Ouédraogo, président du Mouvement Panafricain du Faso (MPF), il est clair qu’on ne peut pas parler de rémunération en présence d’autres personnes et les syndicats sont dans leur bon droit. On ne peut construire une nation sans dialogue.

Le gouvernement dit une chose et le syndicat en dit une autre. «  C’est ça le problème de la gouvernance. Quand vous dirigez un pays, vous devez pouvoir arriver à un consensus. Il est urgent et important que le gouvernement revienne sur de bonnes positions avec le syndicat pour trouver de bons résultats, pour que nous ayons tous la quiétude dans ce pays », a-t-il clamé.

Crise à l’arrondissement n° 3, Armand Béouindé, le principal trouble-fait

Selon l’opposition, la crise qui prévaut au sein de l’arrondissement n° 3 choque la sensibilité humaine et Armand Béouindé, le maire de la ville de Ouagadougou y serait pour quelque chose. Il est celui qui attise la flamme à l’arrondissement n°3 en déposant notamment des plaintes contre tous les adjoints aux maires d’opposition qui sont venus appuyer Mme le Maire dans la célébration des mariages.

En effet, cette dame est la seule à célébrer les mariages depuis presque une année sans aucune possibilité de relai. Elle avait officiellement écrit au maire de la commune de Ouagadougou pour demander aux officiers de l’état civil de l’aider. Mais rien n’y fit. Mme Rainatou Ouédraogo a même adressé d’autres correspondances à ses adjoints qui sont restées sans suite.

Selon Achille Rawa Ouédraogo, président du MPF, il est impensable qu’un arrondissement fonctionne toute une année au ralenti. De son avis, ce n’est pas possible car tous devraient se regarder comme les fils d’une seule nation et pouvoir s’entendre dans la discussion.

 « Autrement, c’est de la mauvaise foi que de vouloir empêcher le travail. Elle (Rainatou Ouédraogo) était obligée de se lever de son lit d’hôpital pour aller célébrer les mariages. Mais, c’est inhumain. Y’a pas d’autres mots », s’est-il indigné avant de poursuivre  que : «Nous pensons qu’il y’a des têtes dans ce pays, qu’il y a de la gouvernance et des gens qui doivent quand même prendre des décisions idoines au bon moment », a-t-il lancé.

L’opposition invite par ailleurs la tutelle à appliquer l’article 353 du code général des collectivités territoriales qui stipule que « Tout conseiller qui s’absente des sessions du conseil municipal de façon continue durant une année est considérée comme démissionnaire sauf cas d’invalidité temporaire dument établie. Le constat est établi par l’autorité de tutelle rapprochée au regard ses états de présence du secrétariat des sessions du conseil.

Me Bénéwendé Sankara et le bon sens

L’opposition évoque les propos tenus par Me Bénéwendé Sankara lors du point de presse de la majorité présidentielle. Des propos arrogants, méprisants et discourtois à l’endroit de l’opposition en la qualifiant de pleurnicharde parce qu’elle se plaindrait toujours et d’inculte parce que selon lui, elle ne connaît pas les textes de l’assemblée nationale.

Cette opposition aux dires de Me Bénéwendé Sankara manque de cap et ne sait faire que des conférences de presse.

Vous avez déploré l’attitude de Me Bénéwendé Sankara. Que lui recommandez-vous comme comportement responsable et respectable envers la société ? Telle est la question à laquelle Adama Séré, président du RDEBF a répondu « C’est une question de bon sens. La natte sur laquelle, vous vous êtes couché hier, il n’est pas de bon ton de faire une certaine critique à cette même natte puisque vous avez bénéficié de ses avantages. Ici, Me Sankara sort un peu de son rôle. Il sait très bien comment se déroule le jeu démocratique. Il ya le pouvoir en face, il y a la majorité et l’opposition », a-t-il indiqué.

Et de rétorquer qu’à peine appelé à la soupe par le MPP, Me Sankara fait montre d’un zèle de nouveau converti, qu’il endosse l’arrogance des parvenus et que ces pratiques doivent sortir de leur jeu démocratique.

En sus, il a fait savoir que l’arrogance ne devrait pas être un moyen de gouvernance, mais plutôt l’écoute et le partage et qu’il serait souhaitable que ce dernier fasse des critiques constructives dans un cadre apaisé. « Nous ne pouvons admettre et accepter que l’ancien chef du file de l’opposition tombe aussi bas»,  regrette Achille Rawa Ouédraogo et de rappeler qu’au temps du pouvoir de Blaise Compaoré, ce même Bénéwendé Sankara s’est lancé dans ce jeu et tout le monde a vu comment cela s’est terminé.

                                                                                                                          Françoise TOUGRY

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