Loi de finance 2019 : la masse salariale de 55,32% inquiète le CIFOEB

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Le Centre d’Information, de Formation et d’Études sur le Budget (CIFOEB) a tenu une conférence de presse ce 28 décembre 2018 à Ouagadougou. Il s’est agi au cours de cette rencontre avec les journalistes de présenter son analyse sur la loi de finance 2019.

C’est dans un contexte marqué par l’insécurité grandissante au niveau sécuritaire et au plan économique par l’augmentation récente des prix du carburant (essence et gasoil) que la loi de finance 2019 a été adoptée par les députés au cours du mois de décembre.

Plusieurs modifications relatives à l’élargissement de l’assiette fiscale à travers la création de nouvelles taxes et l’augmentation de certains taux d’imposition ont été constatées.

Faisant une analyse de cette loi de finance 2019, le Centre d’Information, de Formation et d’Études sur le Budget (CIFOEB) par la voix de son membre d’honneur Mathurin Koné, a fait savoir que toutes ces mesures ont pour objectif entre autre d’améliorer la pression fiscale et de donner un nouvel élan au gouvernement dans la mise en œuvre du PNDES.

Selon l’expert  en finance publique, Mathurin Koné, même si le gouvernement laisse entendre que ces nouvelles dispositions fiscales ne touchent pas les populations, en réalité le quotidien des Burkinabè sera affecté. « Ces nouvelles mesures peuvent se traduire par une augmentation des prix sur le marché », a-t-il expliqué.

Le CIFOEB  a fait également une analyse globale du budget  de l’Etat (exercice 2019). Lequel budget se situe à 1 954, 56 milliards de FCFA en recettes et à 2 213, 29 milliards de FCAF en dépense soit un besoin de financement de 258, 72 milliards de FCFA.

La masse salariale de 55,32% dépasse la norme communautaire

Quant aux dépenses budgétaires composées des dépenses courantes et des dépenses en capital, elles n’ont pas échappé à cette analyse.  Comparativement aux prévisions de la loi de finances rectificative 2018, Mathurin Koné a confié que les dépenses courantes, d’un montant de 1 580, 17 milliards FCFA, enregistrent une hausse de 162, 29 milliards de FCFA soit 77,77% des recettes propres.

« Elles connaissent un accroissement de 4,92% par rapport aux prévisions de la loi de finances rectificative 2018 », a-t-il déclaré. Et de poursuivre que les dépenses de personnel ont évolué de 19, 41%.

Se prononçant sur la masse salariale qui est de 55,32%, le principal animateur de la conférence de presse, a indiqué qu’elle dépasse largement la norme communautaire de 35% maximum.

Par rapport aux dépenses en capital qui représentent seulement 28,6% des dépenses budgétaires totales en 2019 contre 44% en 2018, le conférencier a affirmé que la grande partie du budget est consacrée aux dépenses de fonctionnement marquées par la hausse des dépenses de personnel.

« Les investissements financés sur ressources propres représentes 53% des investissements totaux. Ce qui accentue la dépendance des investissements vis-à vis des partenaires techniques et financiers et subordonne la réalisation effective des investissements à la conjoncture internationale », a-t-il détaillé.

Après analyse, le CIFOEB a émis plusieurs recommandations. Sur les prévisions de recette, il a invité les gouvernants à prendre dans les meilleurs délais des textes d’application des nouvelles dispositions de la loi de finance.

Aussi, les autorités sont appelées à mener des actions d’informations et de sensibilisation à l’endroit des contribuables.

Concernant les prévisions de dépenses, des recommandations ont été faites notamment veiller à contenir la masse salariale afin de mettre l’accent sur le financement des investissements. Et de mener des actions concrètes  et fortes allant dans le sens de la réduction du train de vie de l’Etat.

Au cours des échanges avec les journalistes, Mathurin Koné a laisse entendre que  l’augmentation des différentes taxes est compréhensible. Cependant, il a exhorté les autorités à mettre en place un système adéquat de contrôle de telle sorte que ce ne sont pas les plus pauvres qui payent le plus.

« Il est impossible d’assurer le développement du pays sans payer l’impôt. Donc les nouvelles mesures sont importantes mais il faut véritablement un bon système de contrôle », a-t-il répondu quant à la question de savoir s’il était nécessaire de nouvelles taxes.

                                                                                                              Issa KARAMBIRI

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