Littérature : Evasion virtuelle, le roman féministe de Nabou Fall.

1347

Ecrivaine, bloggeuse, ingénieure en informatique, chef d’entreprise et militante engagée pour la cause de la femme, Nabou Fall fait partie de la génération de femmes battantes. Elle  vient de publier officiellement son roman intitulé « Evasion virtuelle », ce samedi 28 Janvier 2018 à Ouagadougou. C’est l’histoire d’une femme qui ose prendre son destin en main face à la société afin de réaliser ses objectifs. Cet ouvrage de 436 pages traite de la question du bonheur qui ne tient pas compte des préjugés.

Née au Sénégal, Nabou Fall a grandi en côte d’Ivoire. À l’âge de 4 ans, elle perd son père. Une blessure qui laisse un grand vide. En plus, elle n’avait ni frère ni sœur jusqu’à l’âge de 10 ans. Enfant maladif, elle était régulièrement hospitalisée. N’ayant que pour seule amie la solitude, elle plonge alors dans la lecture. C’est ainsi qu’elle découvre le pouvoir des mots et leur force.

Et surtout la magie des histoires. Déjà, à 20 ans, ses articles sont publiés dans la presse. Des carnets de notes aux journaux intimes en passant par les bouts de papier de poèmes. « L’écriture m’a choisie et j’ai répondu à son appel » déclare-t-elle.

Le personnage principal de l’œuvre,  Fanny va s’échapper de son monde  à travers une relation qu’elle va entamer avec un homme grâce aux réseaux sociaux. Ce qui aboutira à une histoire vraie. Fanny est le prototype de la bonne épouse qui doit se conformer aux apparences mais intérieurement  malheureuse et révoltée, a peur  du regard des autres.

L’auteure lance le message selon lequel chaque personne doit accomplir son destin et rester soi-même malgré les adversités et les difficultés qu’elle rencontre.

Plusieurs thèmes  sont abordés dans ce roman. Ce sont entre autres le mariage, l’amitié adultère, le divorce, la violence conjugale, la culture de l’Afrique centrale, la décoration, la mode, l’art et l’artisanat etc.

Sur la couverture du roman, on aperçoit 2 masques. L’un représente la culture «fan » une ethnie du Gabon et l’autre, l’ethnie batéké. Le personnage qui soutient ces masques est amené à vivre le dilemme entre ces deux facteurs.

Nabou Fall et le virtuel

De 2004 à 2014, elle se lance à la recherche d’un éditeur. Contre toute attente, un inconnu de Facebook, qui est correcteur professionnel entre en jeu. Ce dernier propose de l’accompagner dans cette tâche. « C’est une personne que je ne connais pas, que je n’ai jamais vu de ma vie et qui accepté de corriger mon manuscrit. Puis, je l’ai envoyé dans une maison d’édition. Je ne l’ai jamais rencontré, mais c’est ma mère qui a échangé avec lui en la personne de Georges Monnay basé en France qui m’a servi de mentor », fait savoir l’auteure.

Le virtuel prend tout son sens ici également. Ce dernier l’a encouragée à  déposer chez des éditeurs. Le manuscrit retient l’attention de la maison d’édition Tabala en Côte d’Ivoire. En décembre 2017, le roman voit enfin le jour. Presque 9 ans de lutte, de combat, c’est le temps qu’il a fallu à Nabou Fall pour enfin réaliser son rêve.

La deuxième aventure virtuelle est l’histoire du personnage principal du roman. Le virtuel va lui permettre de faire une évasion qui va changer sa vie.
Nabou Fall a une vision très positive du virtuel. C’est le cas du téléphone, puis du télégramme, du fax et maintenant des réseaux sociaux. Ce sont des outils qui  permettent de communiquer, de se réaliser professionnellement.

Nabou Fall et le féminisme

Selon ses explications, quand une femme africaine prend la parole au nom des autres femmes, elle est forcément féministe. Pour Nabou Fall, il ne s’agit pas ici de la vision erronée et biaisée que les gens ont de la femme, mais plutôt la revendication des droits tels que le droit à la parole, au respect de la femme…

Si un jour vous devriez écrire Evasion spirituelle, quelle histoire raconteriez- vous ? À cette question, Nabou Fall répond : « Je parlerai d’une personne qui va tellement se chercher à travers les différentes religions africaines traditionnelles et qui finalement n’aura plus de repères ».

Selon ses termes « Quand on se cherche trop, on peut un jour rencontrer le diable. Et on réalise qu’enfin de compte, la solution est à l’intérieur de nous-mêmes ». Et de renchérir « C’est vrai, la prière aide quelque soit la religion qu’on choisit. La vraie décision, le vrai courage vient de l’intérieur », lance-t-elle.

                                                                                                  Françoise TOUGRY (Stagiaire)

https://queenmafa.net/wp-content/uploads/2018/04/Bannie%CC%80re-QUEEN_1000x150px.jpg

Laissez votre commentaire ici !