Les pluies brusques, ennemies des vendeuses de condiments en plein air

La saison des pluies, c’est la saison des cultures et des récoltes pour les agriculteurs. Mais pour les vendeuses ou revendeuses de ces aliments, c’est souvent le désarroi. Ce mardi 05 juin 2022, une équipe de queenmafa.net a fait un tour dans un marché. Au marché d’Arb Yaar, Simporé Marcelline et Ouédraogo Assèta en font les frais.  

 

Simporé Marcelline est commerçante de feuilles d’oseilles et de feuilles fraîches de baobab.  Elle cherche quotidiennement son pain à Arb Yaar (marché du mercredi) à Tanghin.

 

Marcelline est assise dans un large plastique noir posé à terre. Plastique à l’intérieur duquel elle trouve refuge et qui sert en même temps de support pour l’étalage des feuilles. Elle déballe les sacs un à un. Les feuilles sont vendues au détail en petits tas ou en gros pour les femmes qui achètent pour aller revendre à leur tour dans d’autres marchés. 

Simporé Marcelline

Sans hangar, ni table, encore moins un toit, les feuilles sont exposées à l’air libre, au contact du soleil, à la merci de la poussière, du vent et de la pluie. Ainsi, les risques sont énormes.  « Dès que la pluie me surprend, je n’essaie même pas de les ramasser car je n’y arriverais pas », a-t-elle déclaré.

 

Une fois les feuilles mouillées, la couleur change et n’attire personne. Elle peut le sécher et revendre moins cher à certaines personnes qui en font de la poudre de baobab sec. Elles peuvent également  se décomposer à cause du contact avec l’eau. Devenues ainsi, elles sont bonnes pour la poubelle car le goût change totalement.  

 

Marceline prend sa marchandise depuis Loumbila. Pour que sa commande atterrisse sur la place du marché, elle débourse la somme de 2000 FCFA après avoir acheté le sac de 100kg  de feuilles de baobab à 15 000 FCFA. Selon elle, ce métier n’est pas du tout facile. Mais, elle n’a pas le choix.  

 

Mis à part se faire des bénéfices, ce commerce a quand même un autre avantage, sa propre marchandise est la bienvenue à domicile. « Le jour où je n’ai pas d’argent  pour cuisiner, j’utilise mes condiments pour faire à manger à mes enfants », a-t-elle souligné.

Ouédraogo Assèta

Ouédraogo Assèta quant à elle vend des choux, tomates et aubergines. Depuis plus de 30 ans, elle se rend tous les jours au marché  vers  4h du matin. Assèta rencontre les mêmes difficultés que Marcelline, à la différence que ses condiments pourris  peuvent être donnés aux moutons. « Nous souffrons de la saison des  pluies. Le sac de choux  fait 40 000 FCFA. Quand la pluie tape, ça se gâte. Et on n’arrive pas à payer ceux qui nous livrent. Même à un prix bas, les gens n’achètent pas et on se retrouve endetté », a-t-elle mentionné. Le métier n’est pas facile, mais Assèta se réjouit quand même parce que grâce à son commerce, elle a pu solder la scolarité de ses  03 filles.

 

Ouédraogo Assèta n’a pas manqué de souligner l’utilisation des produits chimiques qui constitue un grand danger pour les consommateurs. Toute chose qu’elle déplore.

 

Abdoulaye Ouédraogo (Stagaire)

Adama Hébié (Stagiaire)

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