Les femmes qui ont façonné la déclaration universelle des droits de l’homme

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Angela Jurdak (Liban), Fryderyka Kalinowski (Pologne), Bodgil Begtrup (Danemark), Minerva Bernardino (République dominicaine) et Hansa Mehta (Inde), déléguées à la Sous-Commission de la condition de la femme, New York, mai 1946. Photo ONU

Le rôle prépondérant qu’a joué Eleanor Roosevelt en tant que Présidente du Comité de rédaction de la Déclaration universelle des droits de l’homme a été amplement démontré. Mais d’autres femmes ont également contribué de manière substantielle à façonner ce texte. Certaines d’entre elles, ainsi que de leurs contributions à la prise en compte des droits des femmes dans la Déclaration universelle sont mises en avant ici  (Source : Les femmes et la Déclaration universelle des droits de l’homme, Rebecca Adami, Routledge, 2018).

ELEANOR ROOSEVELT

En 1946, Eleanor Roosevelt, Première dame des États-Unis d’Amérique de 1993 à 1945, a été nommée déléguée à l’Assemblée générale des Nations Unies par le Président américain Harry S. Truman (1884-1972). Elle a exercé la fonction de première Présidente de la Commission des droits de l’homme et a joué un rôle clé dans la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Alors que les tensions entre l’Est et l’Ouest s’exacerbaient, Eleanor Roosevelt a usé de son immense prestige et de sa grande crédibilité auprès des deux superpuissances pour mettre le processus de rédaction sur la voie du succès. En 1968, le Prix des Nations Unies pour la cause des droits de l’homme lui a été décerné à titre posthume.

HANSA MEHTA

Hansa Mehta, de l’Inde, seule autre femme déléguée à la Commission des Nations Unies aux droits de l’homme, de 1947 à 1948, a été une militante fervente des droits des femmes en Inde et à l’étranger. On lui attribue généralement la transformation de la phrase « tous les hommes naissent libres et égaux » en « tous les êtres humains naissent libres et égaux » de l’article premier de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

MINERVA BERNARDINO

Diplomate et militante féministe de la République dominicaine, Minerva Bernardino a joué un rôle clé dans la campagne visant à faire apparaître « l’égalité des hommes et des femmes » dans le préambule de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Avec d’autres femmes originaires d’Amérique latine (Bertha Lutz, du Brésil, et Isabel de Vidal, de l’Uruguay), elle a également pesé d’une voie retentissante dans le plaidoyer en faveur de l’introduction des droits des femmes et de la non-discrimination fondée sur le sexe dans la Charte des Nations Unies, qui, en 1945, est devenue le premier accord international à reconnaître l’égalité de droits des hommes et des femmes.

BEGUM SHAISTA IKRAMULLAH

En tant que déléguée à la Troisième Commission chargée des questions sociales, humanitaires et culturelles de l’Assemblée générale, qui, en 1948, a passé 81 réunions à discuter du projet de Déclaration universelle des droits de l’homme, Begum Shaista Ikramullah, du Pakistan, a recommandé de mettre l’accent sur la liberté, l’égalité et le choix dans la Déclaration. Elle a défendu l’idée de l’introduction de l’article 16 sur les droits égaux au regard du mariage, qu’elle considérait comme un moyen de lutter contre le mariage des enfants et les mariages forcés.

BODIL BEGTRUP

En tant que Présidente de la Sous-Commission de la condition de la femme en 1946, puis de la Commission de la condition de la femme en 1947, Bodil Begtrup, du Danemark, a recommandé que la Déclaration universelle emploie le terme « tous » ou « chacun » pour parler des titulaires de droits, plutôt que l’expression « tous les hommes ». Elle a également proposé d’inclure les droits des minorités dans l’article 26 relatif au droit à l’éducation mais ses idées étaient trop controversées pour l’époque. La Déclaration universelle des droits de l’homme ne fait aucune mention explicite des droits des minorités, mais garantit l’égalité de droits à chacun.

MARIE-HÉLÈNE LEFAUCHEUX

En tant que Présidente de la Commission de la condition de la femme en 1948, Marie-Hélène Lefaucheux, de la France, a réussi à faire introduire la notion de non-discrimination fondée sur le sexe dans l’article 2. Le texte final de l’article déclare que « Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamées dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation ».

EVDOKIA URALOVA

Evdokia Uralova, de la République socialiste soviétique de Biélorussie, était Rapporteur de la Commission de la condition de la femme auprès de la Commission des droits de l’homme en 1947. Elle a vigoureusement plaidé la cause de l’égalité salariale des femmes. Grâce à elle, l’article 23 déclare que « Tous ont droit, sans aucune discrimination, à un salaire égal pour un travail égal ». Tout comme Fryderyka Kalinowska, de Pologne, et Elizavieta Popova, de l’Union des Républiques socialistes soviétiques, elle a souligné les droits des ressortissants des territoires non autonomes.

LAKSHMI MENON

Lakshmi Menon, déléguée de l’Inde à la Troisième Commission de l’Assemblée générale en 1948, a préconisé avec force la répétition de la non-discrimination fondée sur le sexe dans l’ensemble de la Déclaration universelle des droits de l’homme, ainsi que la mention de l’ « égalité des droits des femmes et des hommes » dans le préambule. Elle était également une adepte farouche de l’« universalité » des droits de l’homme, s’opposant fortement au concept de « relativisme colonial » qui tendait à nier les droits humains des peuples des pays sous domination coloniale. Si les femmes et les peuples sous domination coloniale ne sont pas explicitement mentionnés dans le Déclaration universelle, ils ne peuvent être considérés comme étant inclus dans le terme « chacun », disait-elle.

Source: www.un.org

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