« Les complications liées à l’interruption non sécurisée de grossesse constituent la 4è cause de mortalité maternelle »

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A l’occasion de la journée internationale de l’interruption sécurisée de  grossesse, la Communauté d’Action pour la Promotion de la Santé Sexuelle Reproductive au Burkina Faso (CAPSSR-BF)  a organisé un panel ce lundi 28 septembre 2020 à Ouagadougou. Cette journée d’échanges commémorative  avait pour thème « interruption sécurisée de grossesse au Burkina Faso : état des lieux, défis et perspectives ».

Pour l’accès des femmes à des services de contraception, de planification familiale et de soins d’avortement sécurisé de qualité, le ministère de la santé travaille depuis bien longtemps avec la CAPSSR-BF, à travers plusieurs projets dont RESOnance, qui couvre non seulement le Burkina Faso, mais aussi la Côte d’Ivoire et la République Démocratique du Congo (RDC).

Le but de ce projet est de contribuer à la réduction des conséquences des difficultés liées à l’accès à l’interruption non sécurisée de grossesse et de promouvoir les droits des femmes en matière de santé sexuelle et reproductive. « Les complications liées à l’interruption non sécurisée de grossesse constituent la 4è cause de mortalité maternelle » a souligné Joseph Ido membre de la CAPSSR-BF.

Joseph Ido

Au Burkina Faso, les besoins non satisfaits en matière de contraception sont de 25% avec une prévalence contraceptive de 30%. Pour dire que nombreux sont les couples et surtout les femmes qui n’ont pas accès aux méthodes contraceptives de leurs choix. A cela s’ajoute la persistance de certaines traditions, croyances et coutumes qui constituent des obstacles aux droits en matière de santé de la reproduction. « Au niveau du Burkina, selon la loi, l’interruption sécurisée est autorisée dans certaines conditions comme le viol, l’inceste et lorsque la vie de la mère est en danger pour ce qui concerne la grossesse » a déclarée Valérie Zombré, Directrice de la santé et de la famille.

Valérie Zombré

Pour ce qui concerne l’interruption sécurisée de grossesse, il faut noter qu’au Burkina Faso, selon l’annuaire statistique 2017, il a été enregistré 40 988 avortements dont 38 925 spontanés, 1943 clandestins et 120 thérapeutiques. Le taux des avortements n’est pas exhaustif, en raison de la difficulté à dénombrer ceux qui n’ont pas été signalés, du fait de leur caractère clandestin.

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En rappel, la CAPSSR-BF existe depuis 2015 mais a été officiellement reconnue  en janvier 2018. C’est une coalition qui regroupe plusieurs organisations de la société civile qui travaillent pour la promotion de la Santé de la Reproduction au Burkina Faso.

Nafissatou KIEMTORE

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