Les bras de tous les Burkinabé sont égaux au CIOSPB : la transparence et l’équité au centre de la gestion des bourses

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L’attribution des bourses suscite des débats passionnés. L’observation sur le terrain révèle qu’en la matière, les Burkinabé classent la population en trois principales catégories. Il y a d’un côté, les personnes qu’on estime qu’elles ont les bras longs, tellement longs – arrivant à leurs dos- qu’elles peuvent tout arracher y compris les meilleures bourses d’études au profit de leurs enfants et protégé×e×s. De l’autre côté, il y a celles qu’on estime les avoir courts, beaucoup trop courts pour bénéficier d’une quelconque bourse. Ces dernières personnes seraient victimes de discriminations, et les bourses de leurs enfants seraient détournées au profit des enfants de l’élite. Entre ces deux catégories de personnes, se trouveraient celles chanceuses à qui, la providence sourit permettant aussi à leurs enfants de fréquenter, au même titre que ceux de l’élite, les grandes écoles et meilleures universités internationales.

D’emblée, il faut dire que rien n’est plus comme avant. En effet, le ministère en charge de l’enseignement supérieur sous le leadership du Professeur Alkassoum Maiga a entériné la recommandation de l’Autorité Supérieure de Contrôle d’État et de lutte contre la Corruption (ASCE-LC) de supprimer la bourse spéciale. En rappel, la bourse spéciale avait été instituée par décret n°93-275/PRES/PM/MESSRS du 02 septembre 1993. Laissée à l’entière discrétion du premier responsable du ministère en charge de l’enseignement supérieur, son volume a été limité à 02% du contingent de bourses jusqu’en 2002 où il est passé à 08%. Le gouvernement, pour plus de transparence et d’équité dans l’accès aux bourses d’études, a supprimé cette disposition par l’adoption du DECRET N°2017-1246/PRES/PM/MESRSI/MINEFID/MFPTPS/MJFIP/MAECBE du 28 décembre 2017 portant définition des divers régimes d’aides, de bourses d’études et de stages et fixation de leurs modalités de contingentement en décembre.

Le capital social et relationnel n’intervient plus dans l’attribution des bourses. Toutes les bourses sont attribuées par la Commission Nationale des Bourses d’Études et de Stage (CNBES) composée de membres statutaires avec voix délibératives et de membres observateurs avec voix consultatives. Présidée par le ministre en charge de l’enseignement supérieur, la CNBES est constituée de représentant×e×s de plusieurs ministères, d’institutions d’enseignement supérieur tant publiques que privées ainsi que de représentant×e×s élu×e×s des étudiant×e×s. Les décisions de la commission sont prises, le plus souvent, de manière unanime, et parfois, à la majorité des voix délibératives.

Le contingent de bourses est actuellement de 2300 bourses dont 300 bourses exclusivement réservées aux filles. Outre ces bourses gérées à travers le CIOSPB, environ 2000 bourses d’inscription dans des institutions privées d’enseignement supérieur, gérées par la direction générale de l’enseignement supérieure (DGESUP), à travers la plateforme Campus Faso, sont également disponibles. Toutefois, les deux types de bourses ne sont pas cumulables.

Pour assurer la transparence, l’équité et promouvoir le mérite, le CIOSPB fait un travail important en amont des sessions de la CNBES.

D’abord, toutes les offres de bourses disponibles sont portées à la connaissance du public burkinabè à travers des communiqués largement diffusés (affichage au CIOSPB, diffusion sur le site web et la page Facebook du CIOSPB, et le journal Le Faso.net) qui indiquent le nombre de bourses à octroyer, les domaines et filières de formations concernés, etc.

Ensuite, pour permettre à la CNBES d’évaluer les dossiers de façon objective pour retenir les candidat×e×s les plus méritant×e×s, le CIOSPB procède à un travail de classement des candidat×e×s selon plusieurs critères. Pour l’attribution des bourses aux nouveaux bacheliers et nouvelles bachelières par exemple, les candidat×e×s sont classé×e×s par ordre de mérite par séries de BAC et en prenant en compte les revenus des parents. Les candidat×e×s compétissent donc à l’intérieur de leurs séries de BAC car ayant subi les mêmes épreuves. Pour les cycles master et doctorat (début de cycle et intermédiaire) et le niveau intermédiaire du cycle licence, les candidat×e×s sont classé×e×s selon le statut de leurs universités ou Instituts d’origines (public, privé, Afrique, hors Afrique, etc.). Les étudiant×e×s du public ne compétissent pas par exemple avec ceux et celles du privé. La répartition des quotas par université, par filière… se fait en fonction du nombre de bourses disponibles et du nombre de dossiers de candidature reçus. La CNBES est également regardante sur les filières de formation, mettant l’accent et accordant la priorité à celles non disponibles ou peu développés au Burkina Faso.

Enfin, après délibération, les résultats sont diffusés par voie d’affichage au CIOSPB et depuis quelque temps en ligne, sur le site web du centre (www.ciospb.gov.bf). Ils mentionnent le nom, les prénoms, les moyennes des candidat×e×s retenu.×e×s, la catégorie dans laquelle, ils/elles ont été classé×e×s pour la compétition, etc. Tout×e× candidat×e× non satisfait×e× des résultats peut déposer une demande de réclamation ou de réexamen au plus tard deux semaines après la publication des résultats qui sera examinée par la CNBES.

Pour finir, je tiens à vous rassurer que quelle que soit votre situation, vous trouverez toujours une oreille attentive au CIOSPB, et c’est ensemble que nous transformerons les défis en opportunités.

La transparence et l’équité demeurent notre credo !

Bonne lecture !

                                                                                   Dre Lydia ROUAMBA

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