Leçons de vie et de grammaire de Michel Kafando

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Après une semaine noire, le président du Faso, Michel Kafando reprend du service. Retour sur son discours prononcé ce mercredi 23 septembre dans un style à la fois grave et poignant dont lui seul a le secret. « Le vieux » qui ressort de cette crise, ragaillardi n’a apparemment rien perdu de son  « burkinabité ». Leçons de vie, mais aussi leçons grammaire digne de Molière à méditer…

Après une semaine noire, le président du Faso, Michel Kafando reprend du service. Retour sur son discours prononcé ce mercredi 23 septembre dans un style à la fois grave et poignant dont lui seul a le secret. « Le vieux » qui ressort de cette crise, ragaillardi n’a apparemment rien perdu de son  « burkinabité ». Leçons de vie, mais aussi leçons grammaire digne de Molière à méditer…

Mes chers compatriotes,

Dans le malheur nous avons lutté ensemble. Dans la liberté nous triomphons ensemble.

A présent, libre de mes mouvements, je reprends du service et par là-même, je m’affirme en la légitimité nationale.

La Transition est ainsi de retour et reprend, à la minute même, l’exercice du pouvoir d’Etat.

L’a-t-elle d’ailleurs jamais perdu ? Non ! Vu la clameur nationale contre les usurpateurs, vu la réprobation internationale contre l’imposture, c’est l’aveu même que le Gouvernement de Transition que vous avez librement choisi, et en qui vous avez totalement fait confiance, est resté le seul à incarner la volonté du peuple souverain.

Au demeurant, le Président du Conseil National de la Transition (CNT), Monsieur Chériff SY, agissant en intérimaire du Président du Faso, a su garder la flamme intacte. Je lui en sais gré.

Je vous invite donc à rester mobilisés autour de la Transition pour qu’ensemble nous continuions ce que nous avons commencé, à savoir remettre le processus électoral sur les rails, après avoir naturellement pansé les plaies et honoré la mémoire de nos compatriotes injustement tombés pour la défense de la patrie et dont certains gisent toujours dans nos morgues.

Je m’incline très respectueusement devant leurs mémoires. La Nation tout entière leur rend hommage en attendant d’examiner la façon dont nous solderons les conséquences de cette funeste barbarie.

A toutes les familles éplorées, je présente nos sincères condoléances.

Nous sommes fiers de la mobilisation et de l’intrépidité du peuple burkinabè, en particulier de sa jeunesse dont la détermination sans faille a permis d’arrêter l’imposture. Tout indique que la conscience aigüe qui a guidé l’insurrection ne s’est guère émoussée, bien au contraire.

Je salue notre Armée nationale qui, réalisant elle aussi le défi et l’anathème qui lui ont été lancés par cette horde d’insoumis, dans son amour-propre, a volé au secours du peuple martyrisé.

Je salue tous les amis de l’extérieur et la Communauté internationale, pour avoir rejeté sans équivoque et de façon péremptoire ce pronunciamiento, digne d’une autre époque.

Je salue toutes les forces vives du Burkina, les partis politiques, les Organisations de la Société Civile (OSC), les syndicats, le monde de la presse, les autorités coutumières et religieuses pour leur patriotisme, leur bravoure et leur dévouement.

Je rends hommage à tous ceux qui, à travers de longues chaînes de prières continues, de suppliques et d’incantations, ont confié les destinées de notre pays à la mansuétude de la divine Providence.

A tous, je dis merci et reconnaissance.

Dès demain, le Gouvernement de la Transition se réunira au nom de la continuité de la vie nationale.

En ce qui concerne les dernières propositions de la CEDEAO pour une sortie de crise, il est évident qu’elles ne nous engageront que si elles prennent en compte la volonté du peuple burkinabé, exprimée clairement dans la Charte de la Transition.

Vive le Burkina Faso !

Paix et honneur à nos morts.

Que Dieu nous vienne en aide !

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