Un homme peut-il faire l’amour sans le consentement de sa femme ? Une femme peut-elle faire la contraception sans le consentement de son mari ? Une femme peut-elle poursuivre son mari en justice ? Telles sont entre autres des questions qui ont suscité l’engouement du public au cours d’un panel organisé par le Réseau d’aide au planning familial (RAP) le 23 juin 2016 à l’institut français de Bobo-Dioulasso.

Animé par madame Nathalie Kaboré, animatrice en santé sexuelle et reproductive de l’association Maya, ce panel a connu la participation d’éminentes personnalités. Tour à tour, les panelistes ont donné leur avis. Pour certaines personnes, faire quelques choses contre son gré est une violence ou même un viol fait à la femme. Pour d’autres il est opportun que les comportements des femmes exhibitionnistes ou extravagantes changent. A ce propos, Drissa Gnamou, artiste-musicien, président de la fédération des associations pour la promotion de la recevabilité sociale, a fait un grand apport à cette rencontre en révélant ce que font les artistes pour le changement de comportement. Il a cité entre autres Black So Man dans une chanson où il est dit « tu peux encore revenir », question où un homme a donné à nouveau une chance à une copine qui a commis une erreur au cours de leur relation.

Les causes de la distorsion des relations conjugales sont nombreuses et ont été évoquées par Fatou Paré/Traoré, une psychologue. Elle a cité entre autres les mariages forcés, les problèmes psychologiques, problème de santé. Selon elle, « une femme violentée est semblable à une femme battue, sous-estimée, chosifiée, toutes chose qui peut engendrée des difficultés allant jusqu’à la mort de la femme. Quant à Tougma, magistrat, elle a situé les cliniques juridiques à Bobo-Dioulasso et à Ouagadougou où l’on peut donner des conseils aux femmes et relever leur moral, mais aussi recueillir éventuellement leurs plaintes.

« Pour l’instant, il existe une loi qui a été promulguée pour défendre le droit des femmes assorties des sanctions mais il n y a pas de textes d’application » a-t-elle déclaré. Il est bon de noter que ce changement n’est pas une chose aisée. Et les voies les plus privilégiées sont l’éducation et la sensibilisation. A en croire le modérateur Kaboré, des actions de sensibilisations ont déjà été menées au secteur 21 de Bobo, à Toussiana et en beaucoup d’autres endroits.

                                                                           Emmanuel Sombié

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