« Le premier médicament d’un drépanocytaire c’est l’eau », Dr Catherine Coulibaly

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Communément référencée à l’électrophorèse SS, AS, SC, et AC , la drépanocytose fait partie d’un groupe de maladie héréditaire provoquant la dégradation des globules rouges et favorisant le blocage de la circulation sanguine. Une personne souffrant de la drépanocytose est confrontée à des risques de crises pouvant occasionner la mort si toutefois cette maladie n’est pas diagnostiquée à temps.  Le Docteur Coulibaly Catherine, médecin généraliste, responsable du suivi de la drépanocytose  à l’hôpital Saint Camille décrit les manifestations de cette maladie et dévoile les traitements auxquels sont soumis les patients.

Qu’est-ce que la drépanocytose ?

La drépanocytose est une maladie génétique la plus répandue dans le monde. Cette maladie se caractérise par une déformation de l’hémoglobine qui est le constituant principal du globule rouge, chargé du transport de l’oxygène dans le sang qui est distribué dans tout l’organisme. Cette maladie est transmise par le père et la mère, qui sont des porteurs du gène drépanocytaire et qui le transmet à leur enfant.

Quels sont les symptômes de cette maladie ?

Cette maladie peut se manifester par l’anémie, des crises douloureuses. Les crises douloureuses se sentir au niveau des membres inférieurs et supérieurs tel que les pieds, les bras, souvent au niveau de la poitrine, au niveau du dos, ou de l’abdomen. Ce qui déclenche ces cries  sont entre autre le manque d’oxygène, le paludisme, une infection bactérienne quelconque, la déshydratation, le froid.

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Quels sont les traitements auxquels sont soumis les drépanocytaires ?

Il n’y a pas de médicament spécifique pour le traitement des drépanocytaires. Pour éviter l’anémie, nous donnons aux patients un produit de vitamine B9 qui stimule la moelle pour produire des globules rouges. Il y a également des antalgiques que nous donnons aux patients en cas de douleurs. Nous soumettons également les patients à une prévention contre le paludisme sur toute l’année. Les patients sont soumis au déparasitage de temps à autre. Mais ce que nous recommandons le plus aux patients c’est l’eau. L’eau est le premier médicament du drépanocytaire parce que quand le patient est bien hydraté, ses globules rouges n’ont pas le temps de boucher les vaisseaux. Le premier médicament d’un drépanocytaire c’est l’eau. Le drépanocytaire doit boire beaucoup d’eau au cours de la journée et il doit augmenter la quantité d’eau qu’il boit pendant les périodes de ses crises.

Une femme drépanocytaire qui est enceinte porte une grossesse pathologique qui comporte beaucoup de risques

Peut –on guérir de cette maladie ?

On ne guérit pas de la drépanocytose. Ce que nous faisons c’est une prise en charge pour améliorer la qualité de vie de la personne afin d’éviter les complications.

Existe-t-il des risques particuliers chez les femmes enceintes drépanocytaires ?

Une femme drépanocytaire qui est enceinte doit signaler pour bénéficier d’un suivi spécial par un gynécologue qui est spécialisé dans le suivi des drépanocytaires enceintes. Une femme drépanocytaire qui est enceinte porte une grossesse pathologique qui comporte beaucoup de risques. Les femmes enceintes drépanocytaires sont souvent confrontées à des complications voire des décès. Il y a également des risques d’avortement.

Entretien réalisé le 20 juin 2019 par Marie SORGHO

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