Le Burkina Faso à la recherche d’une aube nouvelle pour les personnes handicapées

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 Les personnes  handicapées de toutes les régions du Burkina se sont réunies à Ouagadougou pour échanger avec leur ministère de tutelle sur  leurs besoins du moment. Il s’agit de faire une halte pour écouter cette frange de la population afin de parvenir à un développement inclusif. Débuté ce mercredi 20 juin 2018, ce forum prend fin demain avec un face à face avec le Président Roch Marc Christian Kaboré.

Placé sous le thème « autonomisation sociale et économique des personnes vivant avec un handicap : état des lieux et perspectives », ce forum national veut tracer les pistes d’une aube nouvelle pour ces personnes défavorisées, confrontées à de nombreuses difficultés d’ordre social, sanitaire et économique.

 « En termes de perspectives, il est prévu dans le cadre du PNDES, d’accroître la proportion des personnes handicapées actives occupant un emploi de 2,2% en 2015 à 50% en 2020 et la proportion d’étudiants en situation de handicap bénéficiant d’un appui spécifique de 11% en 2015 à 50% en 2020 », a rassuré le Chef du gouvernement Paul Kaba Thiéba.

Le premier ministre Paul Kaba Khiéba au forum des personnes handicapées

Satisfaite de cette mobilisation, la première responsable du ministère en charge de la solidarité nationale, Laurence Ilboudo soutient que c’est un partage d’expériences qui va permettre de décliner à cette cible ce que prévoit le PNDES à son endroit. C’est d’ailleurs le vœu exprimé par leur porte-parole des personnes handicapées, Souleymane Ouédraogo, qui s’attend à ce que ce forum produise des résultats escomptés.

Laurence Iboudo au forum des handicapées

Au cours des travaux, trois sous thèmes ont fait l’objet de discussion.

Le 1er sous thème intitulé : « mise en œuvre du PNDES 2016-2020 : quels sont les défis pour la protection et  la promotion des personnes handicapées » a été présenté Soumaïla Zorom, DGESS du ministère en charge de la femme. Il est ressorti au cours de sa communication que le PNDES s’inscrit dans une dynamique de transformation, de création d’emplois et se veut du Burkina une action solidaire et de justice à l’échelle internationale. Pour la question spécifique des personnes vivant avec un handicap, il a relevé qu’elles  sont confrontées à des problèmes d’ordre sociaux culturels, économique et professionnels défavorables à leur  épanouissement dans la société. Le PNDES , à travers l’axe 2 intitulé « développer le capital humain », vise la création d’emplois décents et une protection sociale pour les personnes en situation de handicap.  En matière d’initiatives prises, Soumaïla Zorom a cité entre autres le programme de renforcement des couches vulnérables, la prise en charge intégrée de 100 mille personnes en situation de handicap, un projet d’appui à la formation professionnelle à l’emploi et à l’entrepreneuriat des personnes vivant avec un handicap sur la période 2017-2020, un projet national de prise en charge intégrée des enfants handicapés, la prise en charge d’au moins  10% de femmes handicapées etc. Ce qui va contribuer à l’amélioration de la situation sanitaire de ces personnes et la réduction de la pauvreté.

Marcelline Yaldia Kation ,handicapée moteur

Le sous thème 2 a concerné « le financement des activités économiques des personnes handicapées : état des lieux, défis et perspectives », développé par la  directrice générale du Fonds National de la Solidarité, Alimata Ouattara. Partie d’une étude multisectorielle auprès de plus de 10 mille personnes handicapées, Alimata Ouattara dira que la sous éducation et l’absence de qualification ne facilitent pas leur accès aux emplois rémunérés aussi bien au niveau du public que du privé.  Ce qui amène ces personnes à faire de l’auto-emploi avec des besoins de financements. Malgré la disposition de mesures favorables à l’accès de financement pour ces personnes, des difficultés existent suite au difficile accès aux services de dépôt, l’insuffisance de formation, la stigmatisation etc.

Le dernier sous thème sur « l’employabilité des personnes handicapées au Burkina Faso : état des lieux, défis et perspectives » a été présenté conjointement par le SP/COMUD Handicap et un représentant du ministère en charge de la fonction publique. L’emploi est un droit fondamental pour tout citoyen et l’employabilité des personnes handicapées est une préoccupation au regard de la faible participation de cette couche au développement et du fait qu’elle soit victime d’inégalité de genre selon le SP/COMUD Handicap.

Des mesures fortes attendues à l’endroit des personnes handicapées

Le représentant du ministère en charge de  la fonction publique, lui, s’est appesanti sur la présentation des instruments juridiques à l’endroit des personnes handicapées. Si la création de la carte d’invalidité pour les personnes handicapées, l’interdiction de discrimination en matière d’emploi, l’administration qui doit faire des aménagements pour prendre les personnes handicapées dans les concours, le principe de quota, etc. sont des acquis , des difficultés sont néanmoins constatées dans l’application de cette loi 12  du 1er avril portant protection et promotion des droits des personnes handicapés.

De leurs côtés, les participants ont souligné entre autres l’inaccessibilité aux emplois, la marginalisation, l’absence d’une banque qui leur est propre, les montants de financements faibles et difficiles d’accès,  le problème de garantie, le manque de soutien vis-à-vis de leurs enfants, la difficulté d’intégration des enfants handicapés à l’école etc.

D’une manière générale, il ressort que l’information, la sensibilisation, la formation des personnes vivant avec un handicap, l’amélioration de certaines mesures de financement et d’accès à l’emploi demeurent la voie royale  pour arriver à un développement inclusif et non discriminatoire.

« Nous nous attendons à ce que de mesures fortes soient prises au niveau du gouvernement à l’endroit de nous personnes handicapées pour que nous puissions être autonomes économiquement et pour que cesse l’exclusion sociale », a fait savoir Daniel Bali Bationo président de l’association des malvoyants et aveugles du Sanguié.

Également optimistes après ce panel, Marcelline Yaldia/Kation et Lucie Hinimassé Koura, respectivement ménagère, commerçante espèrent être plus valorisées dans leurs sphères à l’issue de ce forum.

Assétou  MAIGA

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