L’actrice Itziar Ituño de La Casa de Papel chante contre les violences sexuelles

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L’actrice espagnole Itziar Ituño a décidé de s’engager contre les violences faites aux femmes avec un hymne féministe qui fait déjà beaucoup parler d’elle sur la toile.

Après avoir chanté Bella Ciao, hymne de la résistance italienne, c’est un tout autre chant qu’Itziar Ituño a choisi de défendre. L’actrice espagnole, surtout connue pour son rôle de Lisbonne dans la série Netflix La Casa de Papel, a collaboré avec la chanteuse basque Anne Etchegoyen en faveur de la cause féminine. C’est contre les violences faites aux femmes que l’Espagnole a décidé de s’engager, avec un hymne féministe baptisé « No Es No » (à traduire par « Non c’est non » en français). Les paroles de cette chanson abordent notamment la notion du consentement, un sujet qui n’a jamais été aussi d’actualité depuis l’apparition du mouvement Me Too.

Interrogée en octobre dernier par le Sud Ouest, l’actrice confiait à quel point ce projet lui tenait à coeur. « Anne Etchegoyen a une voix merveilleuse, j’aime son répertoire même s’il est différent du mien. Son projet m’a plu d’unir nos forces de Biscaye et du Labourd pour la cause des femmes. Je suis de très près toutes les mobilisations des femmes, et je les soutiens, c’est très important pour moi« , déclarait-elle. Dans le clip, les deux chanteuses sont d’ailleurs dans un collège entourées d’adolescentes afin de montrer que « le respect des filles doit commencer dès l’école pour forger l’idée de parité« , poursuivait-elle.

Le traumatisme de l’affaire de « La Meute »

Cet hymne féministe, Itziar Ituño et Anne Etchegoyen l’ont imaginé juste après la condamnation des auteurs de l’affaire de « La Meute », un groupe de cinq hommes qui a écopé de 15 ans pour le viol collectif d’une jeune fille de 18 ans lors des fêtes de San Fermín à Pampelune en juillet 2016. Le 7 juillet 2016, moins d’un quart d’heure après avoir rencontré la jeune femme, ivre, ces cinq Sévillans lui avaient fait enchaîner fellations et rapports sans préservatifs dans l’entrée d’un immeuble, avant de voler son téléphone et de la laisser à moitié nue. Ils s’étaient eux-mêmes vantés de leurs actes sur un groupe WhatsApp intitulé « la manada » (« la meute »).

Les hommes avaient ensuite diffusé des images de leurs agissements et s’étaient notamment envoyé une vidéo des faits. Une preuve utilisée contre eux durant les procès mais aussi contre la victime, qui dut justifier sa passivité apparente. En 2017, la jeune femme avait alors donné sa version des faits en racontant avoir bu de la sangria, dansé et fait la fête avec des amis, avant de se retrouver seule sur un banc, où un des jeunes était venu lui parler de football ou de tatouage. Puis elle avait suivi le groupe, embrassé un garçon, sans « penser qu’allait se produire ce qui s’est produit« , selon sa déclaration publiée par la presse. « Quand je me suis vue cernée… Je ne savais plus comment réagir… J’ai réagi en me soumettant« , avait-elle résumé.

Leur condamnation, en première instance, en avril 2018 à neuf ans de prison pour abus sexuel – et non pour viol – et leur remise en liberté provisoire avaient entraîné d’énormes manifestations à travers le pays. Cette peine avait été confirmée en décembre par une juridiction d’appel, qui avait estimé qu’il n’y avait pas eu violence et qu’il était trop difficile de déterminer s’il y avait eu intimidation, les deux conditions nécessaires pour conclure au viol, selon le code pénal espagnol. Mais la Cour suprême a cassé ces deux décisions de justice et considéré que les faits « ne pouvaient constituer un délit d’abus sexuel », mais étaient bien constitutifs « d’un viol ».

Décrivant un « authentique scénario d’intimidation », les cinq magistrats, dont deux femmes, ont souligné qu' »à aucun moment la victime n’avait consenti aux actes sexuels commis par les accusés ». Ils ont conclu à l’unanimité qu’il y avait bien eu viol au regard du droit espagnol, qui exige des preuves d’intimidation ou de violence. Et ont considéré que la jeune femme a « adopté une attitude de soumission », sous l’emprise d’une « angoisse et un stress intense » et n’a pu que subir les « dix agressions, avec pénétrations orales, vaginales et anales ».

Source: aufeminin.com

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