La vente de cigarettes en détail bientôt interdite

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Nonobstant les nombreux efforts entrepris pour lutter contre la consommation du tabac, le phénomène semble prendre de l’ampleur au Burkina Faso. A la faveur de la journée internationale contre le tabac, nous avons rencontré le Dr Georges Ouédraogo, pneumologue au Centre Hospitalier Universitaire(CHU) Yalagado Ouédraogo. Selon ce dernier le fléau gagne de plus de terrain dans la frange jeune de la population.

Selon le Dr Georges Ouédraogo, une enquête réalisée en 2013 au Burkina Faso a indiqué que le taux de prévalence  du tabagisme était de 19,8%. Cela, ajoute-il, concerne la consommation de toute forme de tabac. (Fumé, chiqué…). Quant au tabac fumé (la cigarette), à lui seul, le taux de prévalence était de plus de 11%. Cette enquête a fait savoir que les hommes s’adonnaient plus à la consommation du tabac que les femmes. Ces dernières s’intéressaient davantage au tabac chiqué.

Par ailleurs, a indiqué Dr Georges Ouédraogo, ce qui est de plus en plus inquiétant, c’est la consommation du tabac par les enfants. Laquelle consommation les pousse à prendre d’autres drogues qui sont illicites. Et pire  les jeunes filles jadis épargnée,  s’inscrivent désormais dans cette logique. Le tabagisme constitue leur porte d’entrée vers la  consommation de la drogue.

Les jeunes filles  embarquées

Les raisons qui amènent les individus à fumer la cigarette ou à chiquer le tabac sont diverses. A en croire le médecin Ouédraogo, les motifs varient d’une personne à une autre. Mais, une chose est certaine, chacun trouve une explication qu’il croit normale.

Tout d’abord, poursuit-il, il y a le mimétisme. « La plupart des gens ont commencé à fumer en voulant faire comme les autres. Ressembler à son idole ou une star. Fumer est perçu comme une affirmation de soi. Fumer c’est se conformer à la mode pour les uns et pour les autres c’est pour oublier les soucis ».Mais en  réalité c’est une illusion car précise le  pneumologue, le tabac n’offre que des dégâts aux fumeurs car il n’y a vraiment pas d’avantage dans la cigarette. Or, fait-il remarqué, s’il est facile de commencer de fumer il est très difficile de s’en sortir parce qu’on devient dépendant.

La riposte du gouvernement

Sur le plan légal, Dr Georges Ouédraogo avoue que plusieurs moyens sont mis en œuvre pour sensibiliser les consommateurs sur les effets pervers du tabac.

 Par exemple la loi 040 adoptée en novembre 2010 consacre des espaces non-fumeurs comme l’aéroport, les écoles, les lieux de rassemblement, les hôpitaux pour protéger les non-fumeurs. Toujours de la cadre de la lutte contre le tabac, les fabricants  seront désormais obliger de coller sur les paquets de cigarette, les images illustrant le danger du tabac sur la santé afin de dissuader les éventuels fumeurs. Une autre  loi en cours d’adoption  prévoit également l’interdiction de la vente de la cigarette en détail ». Toute chose qui permettra d’écarter un bon de personnes dont les jeunes ayant un pouvoir d’achat modeste.

« Également au niveau de l’hôpital Yalgadogo Ouédraogo nous assistons les fumeurs qui veulent de se débarrasser de la cigarette et nous donnons des conseils allant dans le sens de leur libération », rassure-t-il.

Pourquoi, le phénomène persiste-il ?

Plusieurs raisons, selon le pneumologue peuvent être évoquées pour justifier la persistance du fléau voir son extension à la frange jeune. Pour lui, le changement de comportement et de mentalité est un processus de longue haleine. « Il faut batailler dur et même très pour espérer voir un changement positif. Nous continuons la lutte tout en espérant qu’un jour ça va aller», affirme-t-il.

Aussi, a-t-il fait cas des grands enjeux  économiques cachés derrière  le phénomène de la consommation du tabac. « Ceux qui investissent dans le tabac c’est pour se faire de l’argent c’est-à-dire les vendeurs comme les fabricants. Il y a ce côté commercial qui est très importance dans la persistance du phénomène », souligne Georges Ouédraogo.

 

Issa KARAMBIRI

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