De 0 à 2ans un enfant doit suivre complètement son calendrier vaccinal. Malheureusement, la vaccination au cours de la 2e année de vie est peu respectée au Burkina, causant une couverture inférieure à 80%. Pour inverser la tendance, la vaccination ne doit plus être que l’affaire des femmes seulement !


Après les 4mois de sa fille, Azèta a fui le centre de santé et de promotion sociale (CSPS) comme si on le lui avait interdit . Sa fillette n’a ni reçu la vitamine A à 6 mois et à 12 mois, ni les vaccins de 9 mois .  Elle ne paie rien pourtant. Son seul effort est de s’aligner pendant 2 heures et attendre son tour.

Malheureusement, cette femme n’est pas la seule dans cette situation, il suffit de faire un tour dans un CSPS et vous verrez des carnets d’enfants que des mères ont laissés sans jamais revenir chercher.
A côté, il y a celles-ci qui arrivent avec des carnets d’enfants de 6 et 8 mois sans aucun vaccin alors que  la vaccination est gratuite au Burkina Faso. L’ analphabétisme, occupations, l’accès difficile aux centres de santé, le manque de temps des parents, ne sauraient être des excuses valables au regard du manque à gagner. Ce n’est ni plus ni moins que de l’inconscience. Malheureusement, s’il y a  des mères inconscientes comme  Azèta qui n’en ont que faire  du calendrier vaccinal de leurs enfants, c’est qu’il y a encore bien plus d’époux irresponsables.

 Les hommes ont démissionné et ne participent pas à la vie sanitaire des enfants

 Les hommes ont démissionné et ne participent pas à la vie sanitaire des enfants. Pourtant, ils peuvent bel et bien accompagner leurs femmes dans le suivi vaccinal des enfants et cela peut éviter la faible couverture vaccinale au cours de la 2e année de vie de l’enfant. Dans les CSPS, ce sont les femmes majoritairement qui font la ronde avec leurs enfants pour les vacciner, à l’exception de quelques rares hommes qui accompagnent leurs épouses. Il n’est pas exclu qu’un homme amène son enfant pour la vaccination ou à la pesée lorsque la mère à des contraintes ou juste le faire par plaisir. Le plus dommage est que certains n’ont même pas la présence d’esprit ou la curiosité de vérifier de passage le carnet de l’enfant pour voir s’il est à jour à pas. Tout cela participe pourtant à la santé de l’enfant et à l’intérêt qu’on accorde à la santé de la famille. Si un enfant est conçu par plaisir, il n’y a aucune raison que le prévenir des maladies soit un sacerdoce pour ses géniteurs. L’époque où tout est laissé à la femme est révolue. En dehors des causes indépendantes de leur volonté (rupture de vaccins, difficile accès aux centres de santé, etc.) chaque homme devrait épauler son épouse dans le suivi minutieux du calendrier vaccinal de l’enfant. Il ne faudrait plus qu’un enfant perde la vie à cause d’une inattention parentale en matière de vaccination. Cela est gage de la croissance et du développement harmonieux de l’enfant et signe d’une vie familiale réussie.

Assétou Maïga

Laissez votre commentaire ici !