La situation sécuritaire préoccupe les femmes

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Mettre en place un vivier d’expertise féminin pour une gouvernance inclusive de la sécurité dans le sahel, c’est l’objectif visé par le programme de leadership féminin. Lors de la cérémonie du lancement officiel, les premiers responsables ont dévoilé les grandes lignes du projet. C’était ce jeudi 08 Août 2019 à Ouagadougou.

Mis en œuvre par le groupe danois de déminage (DDG) et le réseau ouest-africain pour l’édification de la paix (WANEP), le programme de leadership féminin pour une gouvernance inclusive dans le Sahel, s’installe au Burkina Faso pour trois ans. Il ambitionne d’accroitre la participation des femmes dans la gouvernance de la sécurité au Sahel tout en faisant reculer les stéréotypes excluant la gent féminine.

Les participantes à cet atélier
La gent féminine fortement mobilisée pour l’occasion

Pour arriver à ce résultat, le projet propose une intervention transformatrice visant à stimuler l’émergence de femmes dont la voix peut influencer l’adoption de politiques et pratiques adéquates. Il s’agit de créer un vivier d’expertises féminins composé de 18 femmes venues du Mali, du Niger et du Burkina Faso.

Marie Laurence Ilboudo/Marchall, Ministre de la femme, de la solidarité nationale et de la famille et de l'action humanitaire
La Patronne de la cérémonie, Marie Laurence Ilboudo/Marchall, Ministre de la femme, de la solidarité nationale et de la famille et de l’action humanitaire

Pendant 18 mois, ces femmes recevront une série de formations afin d’acquérir l’expertise et la crédibilité nécessaire pour contribuer activement au contrôle citoyen du secteur de la sécurité. De retour dans leurs communautés respectives, les membres du vivier d’expertise vont procéder à une redistribution des savoirs acquis afin d’impliquer davantage de femmes dans le processus. « Nous allons renforcer les capacités des femmes en matière de leadership féminin au niveau régional et ensuite, elles se chargeront elles-mêmes de la mobilisation sur le terrain pour mieux s’impliquer dans la recherche de solutions contre l’insécurité », explique Elise Kokora, Directrice pays du DDG.

Elise Kokora, Directrice pays du DDG
Elise Kokora, Directrice pays du DDG

« Les femmes sont les plus affectées par les problèmes de sécurité, pourtant leurs besoins ne sont pas pris en compte », estime Linda Joelle Bauma, coordonnatrice genre et sécurité du DDG. Cela est du à la faible représentativité des femmes autour de la table de décision. L’absence d’expertise féminine en matière de sécurité est souvent avancée pour justifier cet état de fait.  Il en résulte des décisions biaisées et peu sensibles aux besoins des femmes mais aussi des hommes, des filles et des garçons. Le projet leadership féminin vient donc démontrer la capacité des femmes à produire des contributions substantielles et la nécessité de les impliquer dans le processus de prise de décision.

Linda Joelle Bauma, coordonnatrice genre et sécurité du DDG
Linda Joelle Bauma, coordonnatrice genre et sécurité du DDG

« La sécurité est certes d’ordre militaire mais elle est également humaine », souligne Marie Laurence Ilboudo/Marchall, Ministre de la femme, de la solidarité nationale et de la famille et de l’action humanitaire. Selon elle, dans cette dimension humaine il est important d’impliquer la femme car celle-ci se retrouve au cœur de l’insécurité en tant que victime, témoin et parfois complice.

Faridah DICKO

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