« La question de l’’entrepreneuriat féminin doit être au cœur des préoccupations de tout pays sérieux » Dramane Tou, Directeur Général du SIAO

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La 14ème édition du SIAO va rendre un hommage mérité aux femmes artisanes à travers le thème : « Artisanat africain, Entrepreneuriat féminin et Protection sociale ». Votre magazine Queenmafa.net a rencontré le directeur général du SIAO pour comprendre les motivations qui soutendent un tel choix. Explication!

 

Queen mafa : « Artisanat africain, Entrepreneuriat féminin et Protection sociale », c’est le thème de cette édition. Qu’est-ce qui justifie un tel thème ?

Dramane Tou:  Le choix du thème n’est pas gratuit. Nous avons choisi ce thème parce que la question de l’entrepreneuriat féminin doit être au centre des préoccupations de tous les pays sérieux qui veulent aller au développement de façon globale. Vous savez que la population burkinabè est composée de plus de 52% de femme. Cette frange importante de la population aspirant contribuée au développement national doit forcément être prise en compte dans toutes nos activités. La femme est au centre de l’artisanat africain, et le SIAO se doit de lui rendre hommage à travers cethème. Un thème qui va permettre aux spécialistes de la question de voir dans quelles mesures accompagner la femme pour qu’elle puisse mieux organiser son entreprise artisanale, mieux la formaliser pour s’autonomiser davantage et mieux contribuer à l’économie nationale.

Nous avons associé la question de la protection sociale parce qu’au fur et à mesure que nous avançons les artisans de façon globale, et les femmes en particulier, font du bon travail mais à un moment donné de leur âge, ils ont des difficultés pour vivre de leur métier. Le Burkina Faso à travers les autorités gouvernementales ont décidé autour de ce thème de réunir tous les professionnels de l’artisanat avec ceux de la protection sociale pour discuter et voir quelles sont les grandes actions fortes qui peuvent être prises pour accompagner les artisans à pourvoir rentrer dans le circuit de la protection sociale moderne et à pourvoir vivre de leur art quand ils seront avancés en âge ».

 

 La femme artisane la plus jeune qui présentera les meilleurs produits sera primée

 

 Au-delà de cet évènement spécial, que fait concrètement votre structure pour la promotion de l’entrepreneuriat féminin  ?

 Il y a des actions qui ont été faites de par le passé à l’endroit de la femme mais d’autres actions sont en cours. Je peux vous dire qu’à la préparation de l’édition de 2010, nous avons pu négocier avec la coopération Autrichienne un financement qui a permis de former les femmes artisanes dans les 13 régions du Burkina Faso en technique de commercialisation des produits artisanaux, en gestion administrative et comptable de l’entreprise artisanale. La moyenne de femme participante était de 20 par région voire plus. Après ces formations, le SIAO a suivi ces femmes surtout celles qui étaient présentent au salon. Il y a eu trois prix dont un spécial composé de trois lots que la coopération Autrichienne a donné à trois meilleures associations de femmes artisanes pour les encourager à continuer.

Toutefois, les ressources ne sont pas toujours disponibles pour nous permettre de poursuivre l’initiative. Nous envisageons faire la même activité cette année et nous sommes toujours en négociation avec un partenaire pour faire en sorte qu’il ait un prix qui va encourager la femme artisane la plus jeune qui présente les meilleurs produits. Ensuite, nous avons en vue, si la négociation aboutit, d’avoir le soutien d’un partenaire pour instaurer un principe de tutorat pour faire en sorte que les artisanes qui ont les meilleurs produits puissent être accompagnées à participer à d’autres salons surtout avec lesquels nous avons des partenariats. Ce sont des actions que nous pouvons mener si nous arrivons à mobiliser les ressources. Le soutien de l’Etat pendant les années d’édition est de 350 millions de FCFA pour organiser le salon. Toute chose qui limite un peu nos actions ».

Y aura-t-il donc un traitement spécifique réservé aux femmes artisanes dans cette 14ème édition ?

 Au regard du thème, nous pouvons répondre par l’affirmative. Oui parce qu’il y aura un atelier thématique qui va porter sur le sous-thème de l’entreprenariat féminin. Ce qui sera développé de bout en bout par les professionnels de l’artisanat d’un côté et par le ministère en charge de la Promotion de la femme d’un autre côté pour qu’ils discutent de ce que le Burkina Faso fait en terme de promotion de l’entreprenariat féminin. Egalement il sera question d’écouter les autres pays participants et à la fin on mettra à la disposition un document qui montrera un peu les grands axes de ce que l’Afrique sait faire en termes d’entreprenariat féminin dans le domaine de l’artisanat.

                                                                                                                                             Issa KARAMBIRI

              

          

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