La méningite A sur le point d’être éradiquée

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Les maladies à méningocoque du sérogroupe A sont quasiment éradiquées dans la « ceinture de la méningite ». C’est l’information qui a été donnée par les scientifiques à la conférence du Projet Vaccins Méningite (PVM) à Addis-Abeba, tenue le 22 février dernier 2016. Selon ces derniers, l’introduction du vaccin MenAfriVac, conçu, développé et produit pour l’Afrique a produit des résultats satisfaisants après cinq années de vaccination dans les pays de la ceinture de la méningite.

Les maladies à méningocoque du sérogroupe A sont quasiment éradiquées dans la « ceinture de la méningite ». C’est l’information qui a été donnée par les scientifiques à la conférence du Projet Vaccins Méningite (PVM) à Addis-Abeba, tenue le 22 février dernier 2016. Selon ces derniers, l’introduction du vaccin MenAfriVac, conçu, développé et produit pour l’Afrique a produit des résultats satisfaisants après cinq années de vaccination dans les pays de la ceinture de la méningite.

Il est dorénavant intégré aux programmes nationaux de vaccination systématique dans plusieurs pays. Pour les experts mondiaux de la vaccination et les responsables des 26 pays africains de la « ceinture de la méningite » présents à cette rencontre, ces résultats méritent d’être célébrés car il s’agit de « l’une des plus grandes victoires de santé publique ». En effet, le nombre de maladies infectieuses mortelles dû à la méningite aurait considérablement chuté, passant de plus de 250 000 lors de l’épidémie de 1996, à 80 cas confirmés en 2015 notamment dans les pays qui n’avaient pas encore mené des campagnes de vaccination massives et parmi les personnes non vaccinées.
Une nouvelle avancée majeure, est que le vaccin ne nécessite plus de réfrigération constante. C’est d’ailleurs le premier vaccin dont l’OMS autorise l’utilisation à température ambiante, jusqu’à 40 °C (104 °F) et ce pendant quatre jours. »

C’est ainsi que huit pays dont le Burkina Faso ont demandé des financements pour commencer à intégrer ce vaccin salvateur à leurs programmes nationaux de vaccination contre les maladies infantiles.
Parmi les 10 pays qui doivent encore mener des campagnes complètes, cinq sont prêts à le faire en 2016, soit à l’échelle nationale (République centrafricaine, Guinée-Bissau et Soudan du Sud) ou dans des zones à haut risque (République démocratique du Congo et Ouganda). Les cinq pays restants devraient mener des campagnes de vaccination massive dans des zones à haut risque en 2016-2017 (Burundi, Érythrée, Kenya, Rwanda et Tanzanie).

En rappel, la mise au point du vaccin MenAfriVac , fait suite à un appel des ministres africains de la Santé après l’une des pires épidémies de méningite jamais connue en Afrique .C’est ainsi que l’OMS et l’ONG PATH ont fondé en 2001 le Projet Vaccins, qui a dirigé pendant plus de quatorze ans le développement, l’homologation et l’introduction d’un nouveauvaccin contre la méningite A.

En 2008, Gavi, l’Alliance du Vaccin a soutenu la vaccination des populations à risque (âgées de 1-29 ans) dans les 26 pays de la ceinture de la méningite à travers des campagnes préventives. Depuis la première campagne, Gavi a alloué environ 367 millions de dollars à des programmes de financement des campagnes de vaccination et des réserves d’urgence.

C’est au Burkina Faso que le vaccin a été introduit pour la première fois en 2010. Depuis, 16 des 26 pays de la ceinture de la méningite (qui s’étend du Sénégal à l’Éthiopie) ont mené leurs premières campagnes de vaccination massive. Ainsi, plus de 235 millions d’enfants et de jeunes adultes (de 1 à 29 ans) ont été immunisés, et la méningite A est en passe d’être vaincue.

« Le déploiement du vaccin contre la méningite A a été une très belle réussite en Afrique subsaharienne », a déclaré Manuel Fontaine, directeur régional de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Ouest et centrale. « À l’UNICEF, nous continuerons à travailler avec les autorités nationales, les professionnels de santé et les chefs traditionnels et religieux afin que les vaccins restent bien acceptés et couvrent toutes les communautés de la ceinture de la méningite. »

Même si ce projet pionnier a pris fin, les différents partenaires collaborent avec des responsables africains de la santé pour organiser les prochaines étapes de la lutte. Car Selon un modèle mathématique, les pays risquent de connaître de nouvelles épidémies d’ici quinze ans si aucun programme de vaccination n’est mis en place après ces campagnes ponctuelles.

« Notre franc succès contre la méningite A n’est en aucun cas permanent », a prévenu le docteur Matshidiso Moeti, directrice régionale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l’Afrique. « Pour maintenir le niveau de protection actuel contre cette maladie, tous les pays à risque doivent achever leurs campagnes de vaccination et intégrer le vaccin à leurs programmes de vaccination systématique contre les maladies infantiles ».

« Le déploiement du vaccin contre la méningite A a été une très belle réussite en Afrique subsaharienne », a déclaré Manuel Fontaine, directeur régional de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Ouest et centrale. « À l’UNICEF, nous continuerons à travailler avec les autorités nationales, les professionnels de santé et les chefs traditionnels et religieux afin que les vaccins restent bien acceptés et couvrent toutes les communautés de la ceinture de la méningite. »

Pour le docteur Chris Elias, président du Programme mondial de développement de la Fondation Bill & Melinda Gates, principal bailleur du projet, le succès du PVM démontre le potentiel des partenariats public-privé dans le développement des vaccins qui, une fois introduits, peuvent avoir un impact majeur dans la résolution des problèmes de santé publique. »

La victoire contre la méningite n’est qu’à une première étape car outre le maintien du niveau de protection contre la méningite A, les experts de santé publique vont désormais s’attaquer à d’autres souches de méningites à méningocoque tels que les sérogroupes W, X et C, qui entraînent eux aussi des épidémies dans les pays de la ceinture de la méningite
Avant l’introduction du MenAfriVac en 2010, la méningite A était la principale cause d’épidémies dans la ceinture de la méningite. Toutefois, selon les chercheurs, la méningite W a été détectée plus fréquemment entre 2010 et 2013, les cas de méningite C ont augmenté en nombre et géographiquement, avec une expansion rapide entre 2013 et 2015, et la présence de la méningite X se confirme toujours.

À propos de la méningite A et du MenAfriVac

Depuis un siècle, les épidémies de méningite à méningocoque A, infection bactérienne de la fine membrane recouvrant le cerveau et la moelle épinière, ont fait des ravages dans 26 pays d’Afrique subsaharienne, tuant et handicapant des jeunes chaque année. Cette maladie très redoutée sur le continent peut en quelques heures tuer ou provoquer de graves lésions cérébrales. Les épidémies se déclarent généralement en début d’année, lorsque des sables secs du Sahara sont emportés vers le sud.

Avant 2010, les épidémies étaient plus fréquentes et plus répandues en Afrique, et constituaient un lourd fardeau pour les individus, les familles et les systèmes de santé des pays de la ceinture de la méningite.

Fabriqué par le Serum Institute of India, le MenAfriVac constitue un progrès par rapport aux anciens vaccins polysaccharides, lesquels ne pouvaient être utilisés qu’après le début des épidémies, ne protégeaient pas les enfants et les nourrissons et ne fournissaient qu’une protection à court terme. MenAfriVac présente aussi l’avantage de renforcer les réponses immunitaires contre le tétanos, une maladie bactérienne douloureuse pouvant entraîner des contractions musculaires involontaires et des spasmes violents au point d’entraîner des fractures des os, voire la mort. Selon une étude récente, les cas de tétanos néonatal ont chuté de 25 % dans les pays qui ont vacciné contre la méningite A les individus âgés de 1 à 29 ans.

Fatouma

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