« La lutte contre le travail des enfants requiert une veille permanente et une synergie d’actions »Pr Séni Ouédraogo

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Le 12 juin marque depuis 2002, la journée mondiale contre le travail des enfants. A cette occasion, le ministre de la fonction publique, du travail et de la protection sociale a livré un message à la population. Le Pr Séni Ouédraogo exhorte les différents acteurs du domaine à développer des initiatives pour une protection des enfants contre le travail des enfants et contre la contamination des enfants travailleurs à la maladie à Coronavirus.

Le Burkina Faso, à l’instar de la communauté internationale, commémore le 12 juin de chaque année, la Journée mondiale contre le travail des enfants. À cette occasion, notre pays se joint aux autres pays des Nations-unies pour dénoncer et condamner toutes les formes prohibées de travail des enfants.
En cette année 2020, la commémoration intervient dans un contexte international et national marqué par des défis sanitaires et sécuritaires touchant à des degrés divers, l’ensemble des pays. En effet, la pandémie du COVID-19 a causé des pertes en vies humaines, mis à mal notre économie et impacté durement les revenus des populations. C’est l’occasion pour moi, de traduire toute la compassion du Gouvernement, à tous ceux qui sont d’une manière ou d’une autre, touchés par les conséquences de cette pandémie.

Pour faire face à la crise sanitaire, notre pays a adopté un plan de riposte.
Des mesures ont été prises pour briser la chaîne de contamination, dont la fermeture des marchés, des écoles et centres de formation, des frontières terrestres et aériennes, des gares routières, l’instauration d’un couvre-feu, la mise en quarantaine de villes touchées, etc. En dépit de leur assouplissement, ces mesures ont sans nul doute eu un impact énorme sur la vie et les moyens de subsistance des populations.

Pr Séni Ouédraogo, Ministre de la fonction publique

Malheureusement, les enfants sont souvent les premiers à en souffrir car la réduction des revenus familiaux du fait de décès, de maladie ou de perte d’emploi consécutifs au COVID-19, pourrait les pousser davantage à travailler et à se retrouver dans les pires formes de travail des enfants, y compris l’exploitation sexuelle à des fins commerciales ; et ce pour répondre aux besoins fondamentaux de leur famille.

Le nombre d’enfants astreints au travail des enfants risque de connaitre un accroissement considérable. Il devient alors impératif de prendre des mesures urgentes pour éviter la survenue d’autres cas de travail des enfants suite aux conséquences de la pandémie du COVID-19 et éviter que les enfants déjà engagés dans les milieux de travail ne puissent être contaminés et être des vecteurs de la maladie à Coronavirus.

C’est dans ce contexte que l’Organisation Internationale du Travail invite les États à commémorer la Journée mondiale contre le travail des enfants 2020 sous le thème : « Covid-19 : protégeons les enfants contre le travail des enfants, maintenant plus que jamais ».

Le choix de ce thème nous interpelle tous autant que nous sommes ; États, communautés, familles, individus, employeurs et travailleurs, à jouer un rôle actif dans la protection des enfants contre le travail des enfants et celle des enfants travailleurs ayant déjà atteint l’âge minimum d’admission à l’emploi ou au travail contre le COVID-19.

Aussi, pour atténuer les risques et lutter efficacement contre le travail des enfants pendant la pandémie de COVID-19, des mesures ont été prises par le Gouvernement. Il s’agit notamment :
des mesures sociales prises par le Président du Faso lors de son adresse à la Nation le 2 avril 2020 pour soutenir les entreprises en difficultés et les couches sociales vulnérables ;
de la mise en place d’un plan d’assistance aux personnes vulnérables (personnes déplacées, femmes du secteur informel, personnes vivant avec un handicap…) à travers le « cash transfert » au profit de 3 000 ménages ;
de l’appui-conseil et la sensibilisation aux entreprises qui emploient des enfants autorisés légalement à travailler afin que ces entreprises veillent au respect des mesures barrières par les enfants travailleurs pour éviter leur contamination sur les lieux de travail ;
de l’utilisation des technologies de l’information et de la communication pour assurer la continuité éducative dans le contexte du COVID-19 à travers la plateforme web éducative et la radio scolaire ;
de la dotation de masques de protection aux élèves et aux enseignants pour le début des cours dans les classes d’examen et la mise en vacances des élèves des classes intermédiaires.
Outre ces mesures prises pour lutter contre la pandémie du COVID-19, le travail des enfants constitue un fléau contre lequel le Gouvernement est engagé, en témoigne son adhésion aux Objectifs de Développement durable (ODD), qui demandent de « prendre des mesures immédiates et efficaces pour interdire et éliminer les pires formes de travail des enfants, supprimer le travail forcé et, d’ici à 2025, mettre fin au travail des enfants sous toutes ses formes, y compris les enfants associés aux groupes ou forces armés ».

En sus, le Plan National de Développement Economique et Social (PNDES) a fait de la lutte contre le travail des enfants une priorité en se fixant l’objectif de « porter la prévalence des enfants de 05 à 17 ans impliqués dans les activités économiques de 41% en 2006 à 25% en 2020 ». Aussi, de nombreux efforts ont été consentis par le Gouvernement et ses partenaires notamment, les acteurs œuvrant dans la protection de l’enfant pour réaliser cet objectif.

Pour évaluer l’impact de ces efforts, une nouvelle enquête nationale sur le travail des enfants qui s’inscrit dans le cadre de la mise en oeuvre de la Stratégie nationale 2019-2023 de lutte contre les pires formes de travail des enfants permettra de disposer des statistiques actualisées sur l’ampleur réelle du phénomène dans notre pays.

Je salue ici les efforts individuels et collectifs des acteurs de protection de l’enfant et les exhorte à redoubler d’efforts, surtout dans la situation difficile que traverse notre pays, en ce sens que la lutte contre le travail des enfants et la pandémie du COVID-19, requièrent une veille permanente et une synergie d’actions.

À l’occasion de la commémoration de la Journée mondiale contre le travail des enfants 2020, j’invite les acteurs à s’associer au Gouvernement dans la réalisation des activités commémoratives mettant l’accent sur la sensibilisation des populations pour une meilleure protection des enfants contre l’exploitation par le travail. J’exhorte les acteurs également à développer des initiatives pour une protection des enfants contre le travail des enfants et contre la contamination des enfants travailleurs à la maladie à Coronavirus.

J’invite la population, notamment celle de Dédougou, Chef-lieu de la région de la Boucle du Mouhoun, choisie pour abriter les activités commémoratives de la Journée mondiale contre le travail des enfants 2020, à se mobiliser pour participer activement aux activités prévues dans ce cadre. Il s’agit notamment :
des émissions et jeux radiophoniques sur le travail des enfants et le COVID-19 ;
des sorties de sensibilisation sur le travail des enfants et les mesures barrières du COVID-19 dans le secteur informel ;
des sorties de sensibilisation des Conseillers municipaux, des responsables des producteurs de coton de Dédougou, de Bondokuy et de Ouarkoye sur le travail des enfants ;
du jeu concours de dessins sur le travail des enfants.
Bonne commémoration de la Journée mondiale contre le Travail des enfants à l’ensemble des acteurs de protection de l’enfant du Burkina Faso et du monde entier !

Vive un Burkina Faso sans travail des enfants !

Pr Séni Mahamadou OUEDRAOGO

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