Dévoilée au public dans les années 2000 grâce à l’émission de télé vacances Karaoké, aujourd’hui Faso Academy, l’artiste Cendrine Nama, la femme aux multiples casquettes, est de retour avec un single signé « Africayé ». Dans cet entretien, elle nous livre les secrets de sa réussite, ses peines et joies.

 Parle-nous de ta dernière sortie discographique

« Africayé », c’est une manière d’exhorter l’Afrique à plus de communion. J’ai conscience de tout notre potentiel et je ne cesse de le dire et de le chanter. Nous devons l’intégrer plus fortement en nous afin que les fils et filles de l’Afrique travaillent ensemble, soient plus solidaires pour que notre continent puisse émerger et jouer sa partition dans le concert des autres continents.

 D’où te vient cette inspiration ?

Je dirais de toute ma vie ! J’ai toujours aimé avoir quelque chose d’africain. Je suis une citoyenne du monde qui aime les différences.  J’ai un profond attachement pour mon continent, pour mes frères et sœurs africains ; j’ai juste eu envie donc de me servir de cela.

Cendrine est connue pour avoir participé activement aux événements qui ont conduit au départ de Blaise Compaoré. Quel regard as-tu sur la configuration politique actuelle et sur les dirigeants ?

C’est vrai, on voit par endroits des déceptions, mais je pense qu’on doit travailler ensemble. La jeunesse burkinabé est dynamique, battante, ambitieuse et avec cette jeunesse, nous pouvons développer notre chère patrie. Je pense que le gouvernement devrait prendre en compte les compétences réelles des jeunes.

Quelle est la grosse déception de ta vie ?

Je suis tellement optimiste que je me demande si je suis déçue de quelque chose ! Autant j’ai des limites autant je me sens renforcée par telle ou telle compétence en moi.

Aujourd’hui, je ne pense pas être déçue. Je suis de ceux qui pensent que l’insurrection a porté des fruits. On a une population plus travailleuse, plus active et plus soucieuse de son avenir et de son devenir.

Quel est ton plus beau souvenir ?

La naissance de ma fille Yennega. Lorsqu’elle a crié, j’ai senti une joie immense et là, j’ai su que je suis devenue femme, que mon existence a eu un sens.

A quoi ressemble la journée de Cendrine Nama ?

Ma journée est très mouvementée. Sans programme, je me retrouve souvent dans les villages les plus reculés pour des questions de travail, d’aide sociale, … Cendrine Nama est une femme de terrain parce que je suis impliquée dans plusieurs activités.

On sent en toi beaucoup d’africanisme. Cela se justifie-t-il par ton teint d’ébène ?

Je tiens cela de mes parents qui m’ont appris à m’accepter telle que je suis. Ils m’ont toujours dit que si je ne m’acceptais pas telle et ne faisais pas confiance en moi-même, personne ne me fera non plus confiance.

Avec ces mots, j’ai toujours supporté ces propos des cameramen qui me disent parfois que je suis trop sombre dans les images. Certains dans mon entourage me trouvent trop noire ; mais c’est cela qui fait ma spécificité.

                                               Aminata GANSONRE

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