« La covid-19 nous a forcé à être créatifs, à revoir la façon dont l’apprentissage se fait », Vincent Thierry Adam, Directeur Enko Ouaga

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Lorsque le gouvernement burkinabè a décidé de fermer les écoles pour raison de covid-19, l’école internationale Enko éducation a opté pour les cours en ligne. Le directeur de Enko Ouaga campus, Vincent Thierry Adam, nous explique, dans cet entretien, le déroulement de cette expérience. 

Parlez-nous de votre structure

Enko c’est une école internationale africaine. Internationale parce que nous offrons le diplôme du baccalauréat international. Africaine parce que Enko est une structure africaine, fait en Afrique par des africains et pour les africains. A la base, Enko éducation veut rétablir l’équilibre face au manque de représentation des enfants africains dans les grandes universités du monde. La mission de Enko, c’est de mettre fin à ce déséquilibre. 

 

Quelle a été votre stratégie pour poursuivre les cours lors de l’arrêt imposé par la covid-19 ? 

Enko Ouaga a été l’une des premières du groupe affecté quand par le gouvernement a décidé de la fermeture des écoles. En 48 heures, nous avons réagi en fournissant du travail aux élèves et en mettant en place une structure de cours hybride. Ce n’était pas des cours en présentiel ; une partie était faite en ligne à travers des logiciels. Les élèves avaient des leçons à travers ces logiciels en ligne. Nous nous sommes appuyés aussi sur des programmes tel que google classrooms. Ce sont des classes virtuelles où les devoirs peuvent être soumis et corrigés ; les élèves peuvent discuter, les profs peuvent intervenir et mettre des choses à la disposition des apprenants pour leur faciliter les sessions en ligne. Cela a changé la donne en ce sens que ça a permis aux élèves d’avoir plus de responsabilités et on peut dire que ça a été un succès. Nous avons pu terminer l’année et faire les examens en ligne. 

«  La covid-19 nous a tous poussé en dehors de notre zone de confort »

 

Depuis quelques semaines, on observe une recrudescence des cas de covid-19. Si les écoles ferment à nouveau, comptez-vous reprendre l’expérience des cours en ligne ?

Il faudra qu’on voit la gravité de la situation. Il se peut que les cours soient tous en ligne ou qu’il y’ait des jours où les élèves sont à l’école et d’autres où ils restent à la maison pour les suivre via internet. Tout dépendra de la gravité de la situation. Enko éducation s’est entouré de professionnels dans la gestion de la covid-19 et a écrit un protocole sur le sujet. C’est sur ce protocole que nous nous appuyons pour gérer la question de la Covid-19 en plus de suivre les décisions du gouvernement. 

La plupart des parents d’élèves nous ont soutenu dans l’instauration des cours en ligne. Ce type de cours requiert une connexion internet, un smartphone ou un ordinateur et cela a un coût. Pour pouvoir suivre, 99% des parents ont accepté de faire cet effort. Il y’a certains parents qui ont trouvé que c’était trop demander et ils s’attendaient à quelque chose de plus traditionnel. Malheureusement l’éducation dite traditionnelle, nous ne la pratiquons plus à Enko Ouaga même quand nous sommes en présentiel. C’est mieux de donner aux enfants le plus tôt possible la responsabilité de leur apprentissage.  La covid-19 nous a tous poussé en dehors de notre zone de confort et on se retrouve de facto plus forts maintenant.

Qu’est ce qui est mis en place dans votre école pour assurer le respect des mesures barrières depuis la reprise des cours ?

Nous avons mis en place tout ce que le gouvernement a demandé et nous avons respecté aussi le protocole d’Enko éducation. Respecter les distances ; porter les masques ; se laver les mains ; prendre la température ; utiliser des désinfectants : voici les mesures barrières que nous appliquons.

La covid-19 nous a forcé à être créatifs, à revoir la façon dont l’apprentissage se fait. Ce n’est pas facile mais on s’en sort et c’est mieux que le statut quo ou de se réfugier chez soi à ne rien faire. 

Un cas de covid-19 a été recensé dans votre école, pouvez-vous nous en dire plus ?

Effectivement, nous avons eu un cas. Dès que l’enfant a eu son test positif, le parent nous a informé. Nous avons identifié les personnes à risque c’est-à-dire celles qui avaient été en contact avec l’élève et elles ont été testées. Ces personnes, enseignants et élèves pour la plupart n’ont pu revenir à l’école qu’après avoir présenté un test de covid-19 négatif. Une fois de plus, nous avons pu compter sur les parents d’élèves qui ont fait ce qu’il fallait. On n’y arrive pas sans leur soutien. 

Entretien réalisé par Faridah DICKO et Marie SORGHO

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