« La coiffure nourrit son homme »,Tantie Djènè

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Grâce à de nombreux sacrifices et à la   persévérance,  Djènèba Drabo a pu se faire une place et pas des moindres dans le milieu de la coiffure au Burkina Faso. Après prêt de 15 ans  passés à coiffer à  domicile,  Tantie Djènè comme l’appelle affectueusement  ses clientes, a ouvert un salon  où elle emploie une dizaine de fille. Portrait d’une femme remarquable.

Grâce à de nombreux sacrifices et à la   persévérance,  Djènèba Drabo a pu se faire une place et pas des moindres dans le milieu de la coiffure au Burkina Faso. Après prêt de 15 ans  passés à coiffer à  domicile,  Tantie Djènè comme l’appelle affectueusement  ses clientes, a ouvert un salon  où elle emploie une dizaine de fille. Portrait d’une femme remarquable.

Elle est née   le 13 juillet 1976 à Bobo Dioulasso, la capitale économique du Burkina Faso. Tantie Djènè a  débuté la coiffure en classe de 5eme alors qu’elle est  contrainte d’arrêter les études par manque de moyen. Sa mère, elle  ne voyait pas d’un bon œil l’amour de sa fille pour ce métier « Pour elle c’était  comme un échec que je veuille faire de la coiffure » se rappelle-t-elle comme si c’était hier.

« Lorsqu’ il  y avait des clientes, la patronne nous faisais laver ses habits ou nous faire faire sa cuisine pour ne pas que l’on assiste à la réalisation de la coiffure»

Elle a donc dû mettre les bouchées doubles pour pouvoir réussir dans  ce métier. Le   début est plutôt  difficile pour cette passionnée de la coiffure. Selon elle, les  patronnes ne sont pas toujours disposées à bien former les filles  de peur qu’elles détournement la clientèle. « Lorsqu’ il  y avait des clientes, la patronne nous faisais laver ses habits ou nous faire faire sa cuisine pour ne pas que l’on assiste à la réalisation de la coiffure»,  dénonce-t-elle.

Malgré toutes ces difficultés elle a pu user d’intelligence et de tac pour pouvoir tirer son épingle du jeu. D’autres formations dans la coiffure s’en suivent ou elle reçoit des attestions pour sa compétence. Elle commence ainsi à coiffer son entourage à Bobo Dioulasso.

Ouagadougou, la grande opportunité.

C’est en 2000, que Tanti Djénè rejoint Ouagadougou avec sa famille, et s’installe au quartier de Dapoya. Son domicile lui sert d’office de salon de coiffure. Au début explique-t-elle, c’était difficile d’allier le rôle de l’épouse et de la coiffeuse à tel point que son époux s’en plaignait parfois car le temps consacré à la famille était minime. Heureusement confie-t-elle, « avec le dialogue tout s’est bien passé » .

Au fil des années, les clientes se font de plus en plus nombreuses grâce la création d’un genre de coiffure particulier dont seule Tanty Djéné détient le secret « le tapis tissage ». Comme son nom l’indique, en même temps que tresse le tapis on y intègre des couches de mèches qui serviront de tissage. «Les gens viennent de partout pour le tapis tissage, le tapis tissage, c’est ma marque de fabrique  »explique la coiffeuse.

Celle pour qui la coiffure n’a plus de secret souligne cependant que coiffer à domicile n’est pas très aisé même si elle l’a fait pendant prés de 15ans. « Étant dans une cour commune je suis consciente que cela dérangeais beaucoup mes voisins »reconnait elle. En plus de cela elle explique que la vie familiale et la vie professionnelle s’entremêlent, chose qui n’est pas toujours aisée pour la famille.En plus de cela, la maison ne pouvaient plus contenir les clientes qui à leur tour réclamaient un endroit un peu plus adéquat.

« Je n’ai pas de préjugés, je montre le travail avec un bon cœur, c’est aux filles de mettre du sérieux pour apprendre ce métier qui est loin d’être celui  des paresseux »

C’est ainsi qu’elle a  déménagé son salon non loin du domicile, histoire de toujours garder sa clientèle. Dans celui-ci, une dizaine de filles sont en formation. « Je n’ai pas de préjugés, je montre le travail avec un bon cœur, c’est aux filles de mettre du sérieux pour apprendre ce métier qui est loin d’être celui  des paresseux ». Précise-t-elle.

Quand on lui demande un conseil pour ceux qui veulent se lancer dans le domaine de la coiffure qui semble saturé, elle sourit « qu’ils viennent et se mettent aux sérieux car la coiffure nourrit son homme. Le secret c’est de prendre le travail au sérieux et de surtout de prendre le temps de bien se former », a-t-elle conseillé.

Pour tantie Djènè, entreprendre est une question de volonté. Elle soutient qu’on n’a pas besoin d’attendre toujours un grand soutien pour se lancer dans des activités. « Je ne suis pas d’accord avec ceux qui veulent  s’assoir et attendre toujours un financement d’où je ne sais pour se lancer dans une activité, parfois on n’a pas besoin de peu de choses pour lancer son activité. Il faut toujours commencer avec le peu qu’on a, le reste viendra avec le temps ».

Rigoureuse quant-il s’agit du travail bien fait !

L’air simple, peu bavarde, de taille moyenne, on pourrait être tenté de dire qu’elle est nonchalante. Erreur ! Madame ne badine avec son travail, foi d’une de ses employées, « Tantie Djèné se met  toujours au service de ses clientes, raison pour laquelle elle nous rappelle fréquemment  à l’ordre quant au respect du client » explique une des employées.

Du coté familial, la douce moitié de Monsieur Palenfo, est décrite par son époux comme une épouse exemplaire, en dépit de son manque de temps. Pour sa fille, Tanty Djené est une mère formidable même si elle souligne que tout n’est pas rose : « Lorsque je fais des bêtises elle me gronde sévèrement mais je pense que c’est pour la bonne cause ».

A force de persévérance, couronnée de patience, la native de Bobo Dioulasso ne se dit pas riche mais elle vit décemment de son métier. Tantie Djené a, pu acheter deux véhicules : le premier lui sert pour son déplacement et le second  fonctionne comme un taxi.  « Je rends grâce à Dieu, grâce à la coiffure, j’ai réalisé beaucoup de projets,  dans  les jours à venir je compte  déménager dans ma propre maison » se réjouit-elle.

Le rêve de Tantie Djené  est de pouvoir ouvrir une école de formation en coiffure ou elle pourra partager son savoir faire avec beaucoup plus de personnes.

Lala Kabore / Dera

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