L’hivernage s’approche, les femmes d’Andem dans la tourmente

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Le 8 mars 2016, pendant que les femmes de plusieurs contrées festoyaient, votre journal Queen Mafa, a rendu visite aux femmes de Andem, un village situé à 9km de Ziniaré à une trentaine de kilomètre de Ouagadougou. Ce jour-là, tout le village s’était réuni pour trouver une solution à un problème qui tracasse ces habitants. Il s’agit d’un ravin crée par les eaux de pluie, empêchant une bonne partie des habitant, d’accéder à la zone des infrastructures sanitaires et scolaires pendant la saison hivernale. Naturellement, les femmes sont les plus touchées par cette situation. Récit…

Si l’hivernage symbolise le retour à la vie, donc la meilleure période pour les habitants des campagnes, cela ne semble pas être le cas du côté de Andem. L’approche de la saison pluvieuse plonge les villageois dans la tourmente. «  C’est l’écoulement d’eau dans ce ravin qui divise le village en deux parties en période hivernale ». Nous explique-t-on.

En effet, pendant cette période, le village est séparé en deux par ravin. De ce fait, une bonne partie des habitants n’a plus accès de au centre de santé et de promotion sociale(CSPS) ainsi que l’école primaire qui se trouve dans l’autre partie du village. Ceux qui tentent de forcer le passage sont souvent emportés par les eaux pluviales.

 

Accouchements à domicile

 

« En période hivernale les femmes ne savent plus à quel saint se vouer. Il n y a pas d’accès pour aller au CSPS. Nous accouchons toutes à la maison, nous savons que c’est dangereux mais nous n’avons pas le choix », s’indigne Hadjaratou Dera (elle attend un heureux événement).

Zakaria Kouanda ,lui ,se rappelle encore comme si c’était hier de ce jour où il a dû servir de support pour permettre à une femme en grossesse de traverser le ravin en crue afin qu’elle puisse aller au CSPS. « Il faut que l’on remédie rapidement à ce problème car le pire pourrait arriver à cette femme » a-t-il signifié.

La santé de la famille devient précaire en saison pluvieuse. Salimata Kouanda explique que lorsque les enfants sont malades, elles se contentent des écorces et des feuilles d’arbres et quelques rares fois de comprimés qui restent dans leur stock.

Selon l’un des deux infirmiers du CSPS de ce village, Vincent Kaboré, le taux de fréquentation du centre est relativement faible. Il baisse encore de 10% à 15% pendant l’hivernage.

40 élèves de CM2 n’ont pas pu prendrepart aux examens…

En ce qui concerne l’année scolaire, elle se termine toujours en queue de poisson. Dès que les premières pluies commencent, c’est aussi la débandade.  Les enseignements n’hésitent point à libérer certains élèves dès que le ciel menace, puisse qu’ils n’auront plus accès à leur domicile après la pluie. «  L’année dernière, il y aurait environs 40 élèves en classes de CM2 qui n’ont pas pu prendre part aux concours du Certificat Etudes Primaire (CEP) car il n’y avait point de route pour accéder à leur centre pour la composition des épreuves», boude Awa Dera.

Ainsi beaucoup de jeunes sont tentés par l’aventure. Harouna Kouanda signale que beaucoup de jeunes fuient le village pour les grandes villes à cause de cette situation. « Aujourd’hui, il est rare de trouver des jeunes dans ce village, ils sont tous partis en ville à la recherche d’un avenir meilleur » explique t-il avec amertume.

Pour un des ressortissants du village, Noumani Dera, ce problème perdure depuis plus d une dizaine d’année. «En période électorale, les politiciens nous affirment que le problème de ce ravin sera leur priorité dans notre village. Mais dès qu’ils sont au pouvoir, il n’y pense même plus», a-t-il critiqué-t-il.

Pour El hadji Adama P. Ouedraogo, ingénieur en génie rural, la construction d’un barrage routier serait la meilleure solution au vue de la morphologie de ce ravin. Bien qu’il soit plus coûteux que le dalot (pont). Ce site, a-t-il noté, se présente comme un endroit idéal pour un barrage.  Un barrage, poursuit –il, permettra non seulement de libérer « le passage » pendant l’hivernage mais aussi participera au développement de ce village   grâce aux activités génératrices de revenu autour de celui-ci.

En attendant qu’une solution gouvernementale soit trouvée, les habitants du village ont bien compris ce proverbe qui dit  « Aides toi et le ciel t’aidera ». De leur propre chef, ils ont initié une cotisation au sein du village afin de participer à la résolution de ce problème qui constitue un calvaire pour tous les habitants du village. Mais depuis notre passage, jusqu’à ce jour 16 juin 2016, rien n’a changé à Andem. Encore une saison qui s’annonce douloureuse à Andem.

Lala Kaboré /Dera

 

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