Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme : l’Afrique doit ouvrir les yeux

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Le 2 avril est marqué par la Journée mondiale de l’autisme, ce trouble du développement neurologique, caractérisé par une altération des interactions sociales, de la communication et du comportement.Nous partageons avec vous quelques informations du site Allodocteurs Africa sur ce trouble qui touche de plus en plus de personnes. 

L’autisme est un trouble envahissant du développement. Cependant, il n’y a pas un, mais de nombreux troubles du spectre autistique (TSA) qui regroupent un ensemble d’affections caractérisées par une altération du comportement social, de la communication, du langage, mais aussi par des centres d’intérêts et des activités restreintes et répétitives. Autrement dit, l’autisme peut se manifester par toute une panoplie de troubles, qui peuvent être plus ou moins handicapants. Avec une bonne prise en charge, certaines personnes atteintes d’autisme pourront mener une vie indépendante, mais d’autres auront besoin d’un accompagnement à vie.

Ces troubles se manifestent dès l’enfance et tendent à persister à l’âge adulte. Estimé il y a quelques années à un enfant sur 160 par l’Organisation mondiale de la Santé, le taux de prévalence de l’autisme ne cesse d’augmenter.  Au Kenya par exemple, la Société kényane de l’autisme (ASK) estime que 1 enfant sur 25 serait concerné, un taux supérieur à la moyenne mondiale avancée par l’OMS. Au Maroc, selon l’ONG « Vaincre l’Autisme », ce trouble du développement concerne 12.800 naissances par an. En Côte d’Ivoire, on estime qu’un enfant sur 100 est atteint par ces troubles du développement. Des chiffres élevés qui pourraient être encore plus importants, vu les difficultés de diagnostic de ce troubles dans la majorité des pays du continent. Car en Afrique plus qu’ailleurs, rien n’est fait pour les enfants autistes.

Dans les quatre coins du continent, l’autisme est souvent associé à une malédiction divine, des enfants sorciers ou même la réincarnation du diable dans certaines zones rurales. Ces fausses croyances, courantes dans la perception des afflictions mentales sur le continent, sont aussi un obstacle au diagnostic, sans oublier le manque de structures adaptées et la rareté des médecins spécialisés.

Une prise en charge complexe

Le trouble se déclare en général avant l’âge de 3 ans, mais les TSA sont nombreux et divers, ce qui les rend difficiles à diagnostiquer. Cependant, certains signes doivent alerter les parents. Un comportement particulièrement calme (l’enfant ne joue pas, ne rit pas, ne babille pas…), des regards fuyants, des intérêts très réduits mais obsessionnels (un seul jouet devient une véritable fixation, certains rituels doivent être répétés encore et encore) sont des signes qui peuvent indiquer un TSA. L’autisme ne se guérit pas, mais avec une prise en charge adéquate, l’enfant autiste peut faire des progrès et, à terme, mener une vie d’adulte indépendante, avoir un travail…

Mais la prise en charge est très lourde. Elle nécessite l’intervention de nombreux médecins aux spécialités différentes : pédopsychiatres, éducateurs spécialisés, neurologues, psychomotriciens, orthophonistes, ergothérapeutes… Des associations existent pour venir en aide aux autistes, mais les systèmes de santé doivent évoluer pour mieux former les médecins et simplifier le diagnostic. Car le manque de structures d’accueil participe aux mauvais traitements infligés aux autistes, dont l’état ne peut que se dégrader. C’est pour ça que les mentalités aussi doivent changer, et cela commence par les parents ! Il faut apprendre à repérer les signes, et prendre le réflexe de consulter un professionnel de santé pour obtenir un avis médical, plutôt que de rejeter ces enfants aux noms de malédictions. Au contraire, les enfants autistes ont besoin de votre présence et de votre compréhension. Plus que jamais.

Allodocteurs Africa

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