JIPA 2020 : les ainés plaident pour « la maison des personnes âgées »

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Le 1er octobre 2020 marque le 30e anniversaire de la journée internationale des personnes âgées(JIPA). Placée sous le thème « renforcement de la protection des personnes âgées dans un contexte de crise humanitaire, sanitaire et catastrophes naturelles », la cérémonie de célébration de cette journée s’est tenue ce jeudi matin à Ouagadougou.

Constituant 5% de la population burkinabè, les personnes âgées font partie pour la plupart de la couche vulnérable de la société. « Les personnes âgées constituent un des sous-groupes les plus vulnérables vers lesquels des actions de protection spécifiques doivent être développées pour assurer leur mieux-être, voire leur survie », a indiqué Marie Laurence Ilboudo/Marchal, Ministre en charge de la famille.

Marie Laurence Ilboudo/Marchal

Selon les données de l’Institut National de la Statistique et de la Démographie(INSD), le nombre de personnes âgées (PA) est passé de 582 060 individus en 1996 à 712 573 en 2006. En 2020, ce nombre devrait avoisiner un million. Cette croissance démographique du nombre de personnes âgées, pose des défis, interpellant ainsi sur leur prise en compte dans les politiques publiques.

Cette année, la journée internationale des personnes âgées se tient au Burkina Faso sous le thème « renforcement de la protection des personnes âgées dans un contexte de crise humanitaire, sanitaire et de catastrophes naturelles ». Selon le Dr Joseph André Tiendrébéogo, président du conseil national des personnes âgées, cette célébration est l’occasion d’interpeller toutes les parties prenantes à se pencher sur la situation des PA. « L’on doit se poser la question de savoir qu’est ce qui a été fait, et qu’est ce qui reste à faire pour améliorer les conditions de vie des 5% de la population burkinabè », a-t-il laissé entendre.

Abondant dans son sens, la Ministre Marie Laurence Ilboudo/Marchal à dresser le bilan des actions menées en faveur des personnes âgées (PA). Au plan institutionnel, l’on note la création d’une direction en charge de la protection et de la promotion des personnes âgées ; la mise en place d’un conseil national des PA ; la création d’un centre d’écoute, de soins et de loisir à Ouagadougou ainsi qu’à Bobo Dioulasso ; l’adoption d’une loi portant protection et promotion des droits de personnes âgées, etc. Au titre de la prise en charge directe, Laurence Ilboudo/Marchal explique que plus de 5000 personnes âgées ont bénéficiés de prestations diverses notamment dans les centres d’accueil, les cours et auberges de solidarité des personnes victimes d’exclusion sociale.

Joseph André Tiendrébéogo

A en croire Joseph André Tiendrébeogo, des efforts restent à faire. C’est pourquoi, il invite la population à un esprit de solidarité intergénérationnel car dit-il : « la jeunesse est certes le fer de lance de la nation, mais l’efficacité de la lance vient de la qualité de son manche que constituent les ainés dont les personnes âgées ». A l’endroit de ses camarades, le président du conseil national des PA lance un appel à la mobilisation pour la protection et la promotion de leurs droits. « Personne ne le fera à notre place et nous avons le devoir de contribuer à la construction du Burkina Faso », a-t-il clamé.

Le conseil national des personnes âgées a émis divers souhaits pour l’amélioration de leurs conditions de vies. Au nombre de ceux-ci, il y’a la localisation du maximum de PA en vue de faciliter leur regroupement et d’identifier la situation géographique du doyen du Burkina Faso ; la participation des personnes âgées au rendez-vous de la mise en place de la fédération de l’espace CEDEAO ; … A ceux-ci, s’ajoutent la réalisation d’infrastructures dédiées aux personnes âgées dans le genre maison des jeunes ou maison de la femme. « Pourquoi pas la Maison des personnes âgées dans chaque région », a interrogé Joseph André Tiendrébeogo.

Initiée par les Nations-Unies en 1990, la « Journée internationale des personnes âgées », a pour objectif de mettre l’accent sur les défis qu’entraîne l’accroissement de la durée de vie et d’honorer les contributions que les PA apportent à la société.

Faridah DICKO

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