Jeter les ordures dans un cimetière est immoral, Ousmane Ouédraogo

Ousmane Ouédraogo exerce un métier qui lui tient à cœur. Cela fait 20 ans qu’il fait le jardinage ici dans le quartier watinooma aux abords du canal à Tanghin,  dans l’arrondissement 4. De la culture en passant par la récolte et la vente de la salade, il se débrouille tout seul. À cela s’ajoute, le bon entretien des alentours qui représente un véritable souci pour cet homme du 3e âge.

L’endroit choisi pour le jardinage est propre, les alentours également. En saison sèche ou pluvieuse, Ousmane fait son travail convenablement. Grâce à un arrosoir, il humidifie ses planches de salade. Il n’a d’ailleurs aucun problème d’eau.

Petit-à-petit, les ordures venues d’ailleurs sont déversées par petits tas, à côté. Puis, au fur et à mesure, l’espace à commencé par ne plus se désemplir. Pour protéger son espace, Ousmane utilise des rubans de moustiquaires soutenus par des poteaux en bois, le mettant à l’abri de toute intrusion et des sachets qui s’envolent.

Le plus écoeurant selon le jardinier, c’est parce que les gens ne considèrent pas le panneau  » Interdit de jeter les ordures ». Ils savent que ce n’est pas bien d’agir ainsi. Mais, ils le font quand même. ”Certains individus se cachent la nuit pour venir jeter des choses pourries juste à côté et c’est le matin que je découvre cela. L’odeur me dérange beaucoup », déplore Ousmane, tout triste.

Pour donner un beau visage à l’espace environnant, il est obligé de balayer, racler et ramasser les ordures pour éviter que cela n’affecte sa santé.

Les actes étant répétitifs, Ousmane Ouédraogo veille régulièrement jusqu’à minuit dans l’espoir de prendre en flagrant délit ceux qui viennent se débarrasser de leurs ordures sur ces lieux. Il en a renvoyé un grand nombre sur le champ. « Certains viennent avec des charrettes remplies d’ordures ici au moment où tout le monde dort. Parfois, ce sont les déchets des WC », explique-t-il.

Certains n’ont pas du tout apprécié d’être refoulés considérant que c’est un espace public et non appartenant à Ousmane Ouédraogo. Ils ne comprennent donc pas pourquoi ce dernier se donne le privilège de réglementer quoi que ce soit. Il en résulte des frustrations et des disputes. «Ils s’en vont à leur tour les jeter dans les cimetières», révèle-t-il. Un comportement que le jardinier qualifie d’inhumain et interpelle tout un chacun quant au respect des valeurs morales. « Souvent, ils les brûlent là-bas alors que ce n’est pas bien, vu qu’il y a des gens qui y sont enterrés. Les gens oublient que ce qu’ils ont semé, c’est ce qu’ils vont récolter également », rappelle le vieux Ousmane.

—-«Je respecte la santé de mes clients»—

De l’avis du jardinier, il n’a aucun problème avec ses clients. Ils ne se plaignent pas puisqu’il utilise l’eau du puits pour arroser la salade et non celle qui ruisselle dans les caniveaux. Puisque lui-même en consomme, il utilise donc de l’eau propre.

Mettre la vie d’autrui en danger même si c’est pas un membre de sa famille est impardonnable. «Il ne sert à rien d’arroser mes plantes avec de l’eau sale pour ensuite, les vendre à ma clientèle. Si je fais cela, personne ne voit. Mais, Dieu me voit. Je suis obligé de produire dans la propreté pour inciter les gens à acheter». Ainsi, se définit la sagesse d’Ousmane Ouédraogo.

Le jardinage est sa seule et principale activité. C’est d’ailleurs, ce qui lui permet de prendre soin de sa famille. Cependant, sans soutien, ce n’est pas facile. En effet, « Une seule main ne peut pas ramasser de la farine », a-t-il souligné. Il espère qu’un jour, la question de caniveau sera définitivement résolue grâce à des aménagements appropriés. Plus l’endroit est propre, moins il y a des maladies et des mauvaises odeurs.

Françoise Tougry

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