JCFA 2018: Aminata Ouédraogo, une icône pour les jeunes générations

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Femme battante,  journaliste, professionnelle de l’image, femme de culture et de l’art, les mérites d’Aminata Ouédraogo,  ont été reconnus par le Fespaco et les professionnelles de l’image à cette 5e édition des journées cinématographiques de la femme africaine de l’image (JCFA). Une attestation et un trophée d’hommage lui ont été décernés pour sa bravoure.

Queen Mafa : vous venez de recevoir un trophée d’hommage, quels sont les sentiments qui vous animent ?

Aminata Ouédraogo : ce sont des sentiments de joie, d’émotion et d’humidité. Vous savez, ça fait toujours quelque chose quand on vous rend hommage. Personnellement je me pince et je me demande si c’est vraiment moi. On ne s’y entend pas. On ne sait pas si ce qu’on fait est apprécié ou pas. C’est lorsqu’on le reconnaît que vous sentez que votre parcours a laissé un impact. C’est un sentiment que je ne peux pas décrire parce que c’est trop grand pour moi.
Pour vous expliquer un peu comment cela se passe, à chaque fois qu’on organise les JCFA, on identifie une personnalité féminine, une femme battante de l’année, qui n’est pas forcément du cinéma.  On va lui rendre hommage  à domicile et à la clôture on remet un trophée d’hommage à la personne. On essai de magnifier la femme dans tous les domaines de la vie.

Cette 5e édition s’est penchée sur le thème « la professionnelle de l’image face aux défis du numérique », comment l’avez-vous apprécié ?

Le thème est d’actualité, vous savez, au début le cinéma c’était le 16 ou le 35 millimètre, c’était de gros moyens financiers à débloquer, de grandes équipes. Il y a moins de 20 ans que les films sur support numérique ont commencé à sortir et n’étaient pas accepté à la compétition au Fespaco. Ce qui faisait des mécontents du côté des cinéastes.  Avec le numérique aujourd’hui, le travail est beaucoup plus fluide mais il faut qu’au réfléchisse aux défis du numérique. Est-ce que nous maîtrisons cet outil? Comment être performant dans l’utilisation du numérique? Le numérique évolue et ce sont des réflexions qu’il faut mener sur toute la chaine de l’industrie cinématographique. Il faut approfondir les réflexions même après les JCFA et savoir ce qu’on  va demander à l’État ou au ministère de la culture pour rendre disponible le nécessaire au niveau du pays.

Pensez-vous que les femmes peuvent se réaliser dans le cinéma ?

Les femmes peuvent se déterminer dans le cinéma. C’est le contexte socio-culturel qu’il faut reformater en changeant les mentalités des hommes et surtout des femmes. Une femme qui fait du cinéma est critiquée par les autres femmes et c’est un paradoxe. Il faut que nous femmes changions en étant solidaires. Il faut que nous amenions nos mamans, nos fille, nos maris à comprendre que le métier de cinéma est un métier comme tout autre. La femme qui décide de faire du cinéma doit être vue au même titre que celle qui veut devenir infirmière.

Bon à savoir

Aminata Ouédraogo/Bakayoko est membre fondateur et coordonnatrice de l’Union panafricaine des femmes professionnelles de l’image (UPAFI). Elle est titulaire d’une licence en sciences et techniques de l’audiovisuel et d’une maîtrise en sciences et technique de l’audiovisuel à l’institut Image et communication de Paris. Elle a réalisé des films dont Séminaire international sur l’information (1984), 1er SIAO (1988), Impasse (1988), Qui m’a pousse (1992). Elle a obtenu le prix spécial Fespaco 89, avec son film Impasse sur la toxicomanie. Elle a occupé les postes de directrice de la Cinématographie Nationale, membre permanent du Comité National d’Organisation et de directrice du film et de la télévision au Fespaco.

 

Assétou Maiga

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