Après avoir passé huit années au Burkina Faso,le représentant délégué de l’Institut de Recherche et de Développement (IRD),  Jean Marc Le Blanc a reçu la médaille de Chevalier de l’Ordre des palmes académiques à titre exceptionnel ce 5 septembre 2017. Une décoration qui vient récompenser ses efforts dans la promotion de la recherche  au Burkina Faso.

Queen Mafa : le gouvernement burkinabé a reconnu vos mérites à travers cette décoration. Que représente-t-elle pour vous ?

J’ai reçu la médaille de Chevalier de l’Ordre des palmes académiques à titre exceptionnel. Je reçois cette distinction avec beaucoup d’émotion. J’en suis bien honoré par le gouvernement burkinabé, par le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche pour le travail de collaboration que nous avions fait ensemble.

Je suis particulièrement touché pour cette marque de reconnaissance du travail que nous avons fait à l’IRD, mes collaborateurs. Pour moi, c’est important de savoir que nous avons été à l’écoute des besoins et des difficultés des systèmes de recherche et comme c’est notre mission de l’IRD, on a pu faire quelque chose qui a pu être reçu et reconnu. Je crois que je suis le premier représentant de l’IRD à être honoré d’une médaille, montrant bien que ce qu’on a fait n’a pas été vain.

Vous êtes à la fin de votre mission au Burkina, comment prenez-vous ce départ ?

En tant que directeur de l’IRD, j’arrive à la fin de mon potentiel professionnel pour faire valoir mes droits à la retraite. En Espagne, on appelle cela la jubilation, à la fonction publique française, on dit qu’on est rayé des cadres. Mais, moi mon cœur est au Burkina Faso, donc d’une façon ou d’une autre, je continuerai à venir au Burkina, mais peut être comme les Hirondelles, chaque hiver, je reviendrai ici pour voir mes amis.

J’ai fait huit ans au Burkina, ce qui est un peu exceptionnel parce qu’on a normalement des contrats de trois ans renouvelables une fois. Cela aurait dû faire six ans, mais comme l’IRD a changé sa stratégie, vu qu’on nous a demandé de nouvelles orientations, en attendant que cette stratégie se mette en place, on m’a demandé s’il était possible de rester encore pour deux années supplémentaires. Ce qui a été long mais, qui permet encore aujourd’hui de lancer de nouveaux projets, de nouvelles stratégies que je regrette presque de laisser à d’autres personnes.

Le directeur de l’IRD, Jean Marc Leblanc a reçu la médaille du chevalier de l’ordre des palmes académiques

Je pars en fin décembre mais je resterai en janvier pour aider mon successeur à prendre la mission. Maintenant que j’ai le danfani, la médaille, je vais peut-être demander la nationalité burkinabé.

Huit ans au service de l’IRD Burkina, quel bilan faites-vous ?

J’ai fait pratiquement les pays d’Afrique de l’ouest et je trouve que le Burkina est un pays où on arrive à faire de véritables amis. J’ai pu avoir de véritables collaborateurs professionnels. Je dirai que les gens du Burkina connaissent la valeur de l’expérience des autres sociétés, des peuples, parce qu’il y a autant de Burkinabé qui travaillent dans les pays de la sous-région, en côte d’ivoire par exemple.

Nous avons pu avoir une action significative pour aider les systèmes nationaux, pour leur apporter des conseils, pour éventuellement partager des projets, une véritable collaboration gagnant-gagnant. Et je pense que ça été apprécié, et pour preuve cette marque de reconnaissance.

En deux mots, je dirai que le Burkina est un pays qui brille par son pragmatisme mais qui a un défaut, sa modestie.

Un exemple de succès dans vos recherches ?

C’était longtemps, j’étais généticien, j’ai travaillé sur le petit mil et faire des collections de variétés du mil et du sorgho, on a des variétés qui ont été reconnues pendant les prospections. Cela fait maintenant plusieurs années que je suis plutôt sur les systèmes de recherches, j’ai été honoré de donner mes points de vue sur la loi d’orientation.

 Et là, nous venons de faire un contrat de la loi d’orientation et de programmation de la recherche. C’est quelque chose d’extraordinaire qui a été faite en 2013 -2014. Cette loi d’orientation est exceptionnelle dans la sous-région pour organiser la recherche et nous contribuons très étroitement avec l’appui de l’ambassade de la France, avec l’appui de l’agence national de la valorisation de la recherche pour que les innovateurs puissent se rapprocher des chercheurs et scientifiques pour valider leurs nouveautés. Si aujourd’hui il y a le FRSIT qui fonctionne autant bien, c’est parce qu’on a pu travailler ensemble.

Quelle sera la nouvelle vie de Jean Marc Leblanc ?

Je suis instructeur d’Outre-mer, moniteur de voile. J’ai un bateau et je ferai du bateau. Mais comme les hirondelles d’hiver, je reviendrai ici, j’ai des engagements plus personnels avec des associations, notamment des associations de femmes à Gaoua, le Monastère de Koubri. Je continuerai à suivre des projets mais à titre personnel et plus impliqué.

Témoignage : Helène Guehenneuc, chargée de la valorisation recherche et Innovation à l’IRD et coordinatrice campus innovation.

Avec le départ de M. Leblanc, ça va être compliqué parce qu’il est là depuis huit ans. Il a fait énormément de choses, il connaît beaucoup de gens au Burkina et on ne sait pas qui est la personne qui doit reprendre.

On apprend toujours d’un inconnu mais, ce qu’on espère c’est une entente entre M. Leblanc et cette nouvelle personne qui va pouvoir reprendre tous les projets à venir dans le campus innovation.

Ce que je retiens de son passage, Leblanc est une grande source d’inspiration, un homme avec une culture énorme, passionnant, quelqu’un de très enrichissant et je pense qu’il a inspiré beaucoup de jeunes à l’IRD et de jeunes chercheurs.

                                                                                                                                                              Assétou MAIGA

 

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