« J’ai été très choquée d’apprendre la fermeture de la radio rurale» , Félicité Ouédraogo, directrice de la radio rurale

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La radio rurale reprend de service après un silence de cinq ans. Une renaissance qui réjouit plus d’un, dont Félicité Ouédraogo, la nouvelle directrice de cette radio. Echange avec une femme qui s’est battue avec détermination pour la réouverture de cet organe.

 

 

Queen Mafa : Parlez-nous de vos premiers pas à la radio?

Félicité Ouédraogo: Je suis arrivée à la radio en 1988. C’est un grand frère du quartier, Jean Pierre Ilboudo qui m’a donné l’amour du journalisme. Il était au Centre interafricain d’Eudes en radio rurale de Ouagadougou (CIERRO). Au lieu du journalisme classique, j’étais plutôt intéressée par la production. Après une formation deux ans au CIERRO, j’ai fait un mémoire sur les radios locales qui émergeaient à l’époque. J’ai étudié le contexte et les perspectives d’avenir. Ce mémoire a retenu l’attention de l’Unesco qui en a fait un document de travail et qui m’a invitée à un atelier. Pour me récompenser, elle m’a proposé un stage au Canada. De retour, j’ai été affectée comme agent à la radio rurale où j’ai évolué au service production pendant plusieurs années.

Comment aviez-vous accueilli la décision de fermeture de la radio rurale ?

Quand la radio rurale se fermait, j’étais en disponibilité. Mais j’ai été très choquée d’apprendre cela. Je ne pouvais pas imaginer qu’on puisse priver des millions de burkinabé de leur média. Vous savez que près de 70% de burkinabé ne savent ni lire ni écrire en français. La radio rurale est le moyen le plus adapté pour toucher tous ces gens.

Vous avez été nommée en 2016 pour diriger le processus de réouverture. Concrètement qu’est-ce qui a été fait ?

J’ai d’abord présidé un comité qui a été mis en place pour réfléchir sur les meilleurs mécanismes de relance des activités de la radio rurale. A ce comité nous a joint des anciens travailleurs de la radio et ensemble nous avons réfléchi et proposé des mécanismes qui ont été validés lors d’un atelier à Koudougou. Et en juin j’ai été nommée pour pouvoir démarrer petit à petit les activités.

[quote width= »auto » align= »left|right|none » border= »COLOR » color= »COLOR » title= » »]« Je ne pouvais pas imaginer qu’on puisse priver des millions de burkinabé de leur média »[/quote]

A présent la radio rurale est remise sur pied. Qu’est ce qui va changer?

Disons que contrairement à l’ancienne radio rurale, la nouvelle radio rurale va être autonome par rapport à sa fréquence, parce que depuis sa création en 1969 jusqu’en 2012, la radio rurale a toujours partagé la fréquence et les programmes de radio Burkina. Et aujourd’hui, elle à son émetteur propre, elle a sa grille de programme. Elle a son propre personnel. Des émetteurs sont déjà montés au niveau de Kamboinssé. Certains émetteurs sont toujours en attente parce qu’on espère pouvoir couvrir la majorité du territoire national.

Je profite de votre micro pour lancer un appel aux partenaires potentiels comme la SOFITEX, les différents ministères ainsi que les ONG qui œuvrent pour le développement de notre pays à nous accompagner comme par le passé. Nous espérons toujours pouvoir compter sur eux ainsi que d’autres partenaires évidemment qui se signaleront.

Qu’en est-il de la grille des programmes ?

Comme toute radio nous aurons des séances d’informations, des émissions de sensibilisation. Mais notre particularité est que nous irons dans les villages les plus reculés pour récolter des éléments et produire nos émissions. Nous avons prévu des émissions destinées aux femmes comme « femmes et sociétés » », et pas mal de dossiers qui traiteront des sujets qui intéressent les femmes. Pour finir, je voudrais remercier le journal Queen Mafa qui s’est intéressé à nous.

                                                               Entretien réalisé par Assétou W. Maiga

et Madeleine Kienou

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