Issiaka Konaté à la conquête de l’étalon d’or avec ‘’Mémoire en fuite’’

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Issiaka Konaté; réalisateur

Le long métrage ‘’Mémoire en fuite’’ d’ Issiaka Konaté a été porté à l’écran ce lundi 25 février 2019 au ciné Nerwaya. Ce réalisateur burkinabè est à la conquête de l’étalon d’or avec son film qui fait le parallèle entre le passé et le présent, pour donner une réflexion philosophique et traiter de la problématique de la conservation de la mémoire.

Nous sommes en 2009, date à laquelle, la cinémathèque de Ouagadougou est emportée suite à la grande inondation à Ouagadougou. Et voilà que plusieurs œuvres cinématographiques vont payer un lourd tribut avec la destruction de ce patrimoine, de cette mémoire. Une fuite de mémoire qui concerne également l’homme dans un mélange de passé et de présent pour qu’il s’interroge sur sa vie. Un chemin que résume bien le personnage Sam, professeur qui aura une relation amoureuse avec son étudiante. Sam est plongé dans une obscurité pour s’acheminer progressivement vers la lumière à la fin. Un film dans lequel, on tue des images et des personnes. A écouter le réalisateur Konaté,  c’est un documentaire au départ, auquel de la fiction s’est jointe pour traduire une dimension métaphysique, spirituelle et nous interroger sur notre trajectoire.  « C’est une œuvre capricieuse et fragile qui demande d’être disponible, de la patience et ça m’a pris 9 ans pour montrer  l’importance de la mémoire comme on la voit avec  ce film. La technologie commence à tout bouleverser et désormais nos mémoires se trouvent  à l’extérieur», s’est-il exprimé.

Ce film pour paraphraser la cinéphile Noele Barbot, est un film hors norme dans le sens qu’il respecte bien les codes de l’image et aussi casse les habitudes des cinéphiles. « Il y a une réflexion vraiment philosophique qu’on demande aux cinéphiles. Les images sont très fortes et la musique qui accompagne est très sobre », a-t-elle signifié.

‘’Mémoire en fuite’’ retrace l’histoire du cinéma africain, l’histoire de ces cinéastes  au regard de l’évolution des technologies qui font confrontation avec notre culture. « Il a été dit dans ce film que c’est le verbe qui fait maléfice. Nous devons savoir ce que nous allons dire et comment le dire. Tantôt le passé, tantôt le présent, c’est pour faire le lien entre ces deux temps pour montrer comment l’homme doit se comporter », a conclu le cinéphile Oumar Sanogo.

 

Assétou Maïga

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