Interruption sécurisée des grossesses  au Burkina Faso: voici ce que dit la loi

Au Burkina Faso, l’avortement est pratiqué dans 41% des cas par un tradipraticien et 21% par la femme elle-même. Seulement 3% sont pratiqués par un médecin. En 2012, 105 000 avortements provoqués ont été enregistrés sur l’ensemble du territoire. Selon l’annuaire statistique 2020 du ministère de la santé, les complications liées à l’avortement constituent la cinquième cause directe de décès maternel. D’où l’importance d’avoir recours à l’interruption sécurisée des grossesses selon la règlementation en vigueur au Burkina Faso afin de sauver des vies.

 On parle d’interruption sécurisée des grossesses lorsqu’elle est pratiquée par une personne qualifiée qui a non seulement les compétences et les informations nécessaires en matière de santé, mais qui la pratique dans un environnement adéquat respectant les normes médicales en vigueur. 

Selon Pr Jean Lankoandé, gynécologue-obstétricien, l’interruption des grossesses est autorisée au Burkina Faso lorsqu’elle obéit à quatre conditions:

 Il s’agit d’abord de  la grossesse issue d’un rapport incestueux, entre père et fille, frères et sœurs, entre parents.

Puis, la grossesse qui est issue d’un viol, d’une agression sexuelle.

La troisième condition, c’est lorsque la santé de la mère est en danger pour des cas de complications. Il faut  à tout prix la sauver et ne plus penser malheureusement à l’enfant au risque de les  perdre tous les deux.

Et la dernière condition, c’est lorsque les agents de santé sont en face d’une malformation fœtale très grave, incompatible avec la vie de la mère après bien sûr une décision, un avis éclairé des parents. Leur choix est toujours respecté.

«En dehors de ces cas, il n’y a pas d’indication d’avortement sécurisée», précise Pr Lankoandé et d’insister «Nous ne faisons pas la promotion de l’avortement, mais nous menons le combat pour sauver des vies».

Des sanctions pénales en cas d’interruption sécurisée des grossesses non autorisée

«L’article 513-10 punit d’un emprisonnement d’un (1) à cinq ans et d’une amende de 1 000 000 à 3 000 000 francs quiconque, par aliments, breuvage, médicaments, manœuvres, violences ou par tout autre moyen, procure ou tente de procurer l’avortement d’une femme enceinte ou supposée enceinte, quelle y ait consenti ou non. Si la mort en est résultée, la peine est un emprisonnement de onze (11) à vingt et un (21) ans et d’une amende de 5 000 000 à 10 000 000f. A laissé entendre Somkinda Traoré Ouédraogo, magistrat, membre de l’Association des Femmes juristes du Burkina. La juridiction saisie peut en outre prononcer l’interdiction professionnelle et/ou l’interdiction de séjour pour une durée qui ne peut excéder cinq (5) ans.

En ce qui concerne le viol et l’inceste, selon la loi, l’interruption sécurisée des grossesses ne peut intervenir au-delà de 14 semaines. Elle recommande par ailleurs à toutes les femmes qui sont victimes de ces abus quel que soit le contexte, de se rendre immédiatement dans un centre de santé pour constatation. Elle a signifié qu’un grand nombre de clientes éligibles malheureusement sont incapables de plaider pour leurs causes.

Contrairement aux deux précédents cas qui exigent une marge de 14 semaines, pour les grossesses liées à une malformation ou à la maladie de la mère, les demandes d’ISG peuvent être éligibles à tout moment dans le but de sauver des vies.

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Françoise Tougry Ouédraogo

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