Il faut sauver Djibo !

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Pas de carburant ! pas de gaz butane ! Les denrées alimentaires et les médicaments n’entrent plus, les stocks s’épuisent rapidement ! Telle est la situation qui prévaut actuellement à Djibo, chef-lieu de la province du Soum.

Avec l’insécurité et son corollaire de tracas, Djibo avait déjà son lot quotidien d’angoisses. Le carburant est épuisé depuis le 16 février 2020. Le 05 avril dernier, l’eau faisait son grand retour dans certains robinets de la ville après plusieurs jours d’absence.  Les marchés sont fermés. Les attaques terroristes sont récurrentes…Bref, on est loin du Djibo paisible d’il y a quelques années. Malgré tous ces obstacles auxquels elle est confrontée, la ville refusait de se laisser aller à son sort. Les habitants essayaient tant bien que mal de s’adapter à cette nouvelle vie. Aujourd’hui, le djelgodji se trouve face à un autre embarras : la faim !

Djibo a faim !

Des hommes armés non identifiés (HANI) bloquent depuis près de trois semaines les véhicules de ravitaillement sur l’axe Ouaga-Kongoussi. Conséquence : les denrées alimentaires ainsi que les produits de soins n’arrivent plus dans la ville. Les médicaments, le riz, l’huile, le sucre, l’eau en sachet, le gaz, le poisson frais, toutes ces choses qui permettaient aux djibolais de tenir sont désormais immobilisés à partir de Mentao.  Les stocks des pharmacies et des boutiques s’épuisent dare-dare.

Quoi de plus normal ? La population du djelgodji s’est agrandie depuis l’arrivée massive des personnes déplacées internes. Fuyant leurs localités en proie à des violences, ces personnes ont trouvé refuge dans la ville jugée la plus sûre de la province du Soum.

A l’instar des autres pays du monde, l’actualité au Burkina Faso est marquée par la maladie à coronavirus et ce depuis le 09 mars 2020. Tous les regards semblent désormais tournés vers la pandémie au détriment de la crise sécuritaire et de tout ce qu’elle a engendré.

Se sentant isolée et abandonnée, la population djibolaise a pris d’assaut les réseaux sociaux pour lancer un signal de détresse aux autorités burkinabè. Il est urgent de ravitailler Djibo car si rien n’est fait, les jours prochains, une crise de famine risque de s’y installer. La maladie à coronavirus ne doit pas faire oublier le calvaire que les burkinabè de Djibo vivent au quotidien.

Faridah DICKO

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