Gouvernance politique: les femmes réclament l’application du quota genre

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C’est dans l’optique d’accroître la représentation des femmes dans les instances législatives et gouvernementales que s’est tenu ce 17 juillet 2019 à Ouagadougou, un atelier d’information et de sensibilisation des femmes pour des élections apaisées en 2020. Initiée par le cadre de concertation des organisations féminines du Burkina Faso œuvrant dans le domaine de la participation politique des femmes, cette rencontre a connu la participation des femmes des différents partis politiques et des organisations de la société civile.

Proposer des alternatives pour favoriser une grande représentation des femmes dans les sphères de décision, c’est l’objectif de l’atelier initié en faveur des femmes. La problématique de la participation des femmes à la gouvernance politique au Burkina Faso demeure préoccupante malgré les avancés majeures constatées au plan juridique, a indiqué Martine Yabré, membre du comité d’organisation de l’atelier.

Martine Yabré, porte parole du comité de suivi pour la mise en oeuvre de la loi sur le quota

Les femmes doivent désormais s’engager  et s’imposer en matière de démocratie en apportant leur pierre à la construction de la nation tout en participant à l’animation du débat  politique. « Il faut que les femmes qui sont le nerf de la consolidation des bases de notre société, puissent se mettre ensemble et réfléchir sur la mise en œuvre des mécanismes qui puissent accompagner la gouvernance », a ajouté Martine Yabré

Les obstacles qui entravent la pleine participation des femmes en politique 

Il était aussi question à cet atelier, l’éducation de la femme qui constitue un obstacle majeure à sa participation en politique.  Alima Déborah Traoré, ancienne Médiateur du Faso, a indiqué que les femmes ne sont pas suffisamment scolarisées et pour celles qui sont scolarisées, il n’y a pas suffisamment d’accompagnement pour leur éveil politique.

Alima Déborah Traoré, ancienne Médiateur du Faso

«Il faut donner un encadrement  politique aux femmes pour leur permettre d’avoir leur place en politique » a déclaré Alima Déborah Traoré. Elle a par ailleurs avoué que les droits des femmes s’arrachent par l’unité d’action ou des concertations pour porter leurs revendications comme une seule voix.

La représentation de la femme au niveau des instances électives, municipales et législative n’a pas évoluée comme le souhaite les femmes
Adèle Traoré, panéliste

La représentation actuelle des femmes est de 18 femmes sur 127 députés et 9 maires femmes sur 370 communes, un pourcentage qui n’atteint pas le quota de 30% des deux sexes. La loi sur le quota qui devait apporter d’importants changements ne l’a pas été en ce qui concerne la participation des femmes aux postes électifs, a annoncé Adèle Traoré, panéliste à cet atelier.
L’avant-projet de loi comporte d’importantes innovations que sont le positionnement alterné des candidats et des candidates sur les listes électorales, le rejet systématique des listes qui ne respecteraient pas les dispositions contenues dans la loi. Malgré ces amendements, la loi n’est toujours pas votée en Conseil de ministres. Une action concertée est nécessaire pour gagner le combat des femmes en faveur de son émancipation a conclu Adèle Traoré.

A l’issue de cet atelier, une déclaration a été produite à l’endroit des autorités politiques les invitant au respect de leurs engagements en faveur de l’effectivité des droits politiques des femmes.

                                                             Marie Sorgho

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