Burkina Faso: 450 000 hectares de terre non exploitées à cause de l’insécurité

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Le ministre du Développement industriel, du Commerce, de l’Artisanat et des Petites et moyennes entreprises, Abdoulaye Tall a animé un point de presse ce lundi 11 avril 2022 à Ouagadougou. Les échanges avec les hommes et femmes de médias ont porté sur la flambée des prix des denrées alimentaires.

461.000 tonnes, c’est le déficit de la production agricole enregistré au Burkina Faso. Un déficit  lié aux inondations et à la sécheresse constatées dans certaines zones.

La crise sécuritaire a également favorisé l’abandon de certains sites cultivables, renforçant ainsi le déficit de la production agricole. « On estime à 450 000 hectares, les terres qui n’ont pu être exploitées à cause de la crise sécuritaire », a précisé Abdoulaye Tall, ministre en charge du commerce.

Le déficit de la production agricole a engendré une hausse des prix de céréales, une situation face à laquelle les populations peinent à se nourrir. Dans l’optique de répondre aux besoins nutritionnels de la population, le gouvernement burkinabè a interdit l’exportation des céréales et a ordonné l’ouverture des boutiques témoins. « Les boutiques témoins permettent d’offrir aux populations des céréales à prix subventionné. Le sac de 50kg est offert à 6000 FCFA aux personnes défavorisées », a déclaré Abdoulaye Tall.

Le gouvernement burkinabè a également entrepris des mesures pour approvisionner les stocks de la SONAGES. A ce titre, une somme de trois milliards de francs CFA ont été mobilisé pour renforcer le stock déjà disponible. Pour contrer la tentative de certains acteurs à faire grimper les prix des céréales, le ministère du commerce a initié le renforcement du contrôle des lieux de stockage. « Certains agents du ministère du commerce procèdent hebdomadairement au contrôle de stockage des céréales chez les commerçants », a révélé le ministre.

Conscient de l’impact de la hausse des prix des céréales, le gouvernement burkinabè entend renforcer les mesures pour permettre aux populations de se nourrir convenablement.
« Ces initiatives n’ont pas réussi à endiguer la hausse des prix mais les efforts se poursuivent pour arriver à une solution optimale », a laissé entendre Abdoulaye Tall.

Des actions pour éviter la hausse du prix du pain

Le prix du blé est passé de 360 000 F CFA la tonne à 470 000 F CFA, soit une augmentation 110 000 F CFA. Cette hausse de prix est en partie liée aux effets de la guerre en Ukraine. Selon le ministre du commerce, la Russie et l’Ukraine produisent 30% du blé mondial, et la soustraction de cette portion suite à la guerre a occasionné une baisse de l’offre.

Une situation qui pourrait occasionner la hausse du prix du pain. « La pression est forte sur les boulangers d’autant plus que si vous rogner les marges des prestataires, à un moment donné, ils risquent soient d’augmenter le prix du pain soit de fermer », a déploré Abdoulaye Tall. Pour pallier cette situation, le ministère a initié une rencontre avec les acteurs de ladite filière afin d’éviter une éventuelle hausse de prix.

« Nous avons convoqué les parties prenantes et la réunion est actuellement en cours au ministère, ça ne veut pas dire qu’on va augmenter les prix », a rassuré le ministre en charge du commerce.
Au cours de ce point de presse, le ministre en charge du commerce a suggéré la production et la consommation des produits locaux comme moyens de lutte contre la hausse des prix des denrées alimentaires.

« Une des solutions est d’encourager nos populations, nos entrepreneurs à produire localement, à transformer nos productions et à consommer localement. C’est à ce prix-là qu’on pourra réduire les effets d’inflation », a conclu le ministre.

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