Débutée le mercredi 17 avril 2019 pour une durée de 48h, la grève des agents de la santé humaine et animale semble ne pas avoir d’impact négatif sur le fonctionnement des grands centres sanitaires de Ouagadougou. C’est le constat que nous avons fait en cette matinée du jeudi 18 avril 2019.

Le bébé du couple SAWADOGO a vu le jour ce 18 Avril à la maternité du CMA de Bogodogo. Ce fait somme toute ordinaire prend une coloration particulière lorsqu’on évoque le contexte dans lequel cette naissance est intervenue. En effet depuis hier, les agents de la santé humaine et animale sont en grève suite au mot d’ordre lancé le 25 mars passé par leur syndicat, le syndicat national des travailleurs de la santé humaine et animale (SYNTSHA).

Mais, bien que ce mot d’ordre ait été suivi par les travailleurs, la grève ne se fait pas particulièrement ressentir. Et pour cause, le service minimum est assuré. C’est du moins ce qui ressort du constat que nous avons fait dans ce CMA et dans deux autres centres de référence de la capitale, Ouagadougou.

A l’hôpital pédiatrique Charles de Gaule, les hommes et femmes de santé vêtus de leurs blouses blanches sont en activité et rien ne semble inhabituel. Du service d’urgence en passant par l’imagerie jusqu’au laboratoire, ils s’activent au chevet des malades. Le directeur des ressources humaines de la pédiatrie, Innocent BALIMA, nous a confié que des dispositions ont été prises pour que ce service minimum soit effectif. « Nous avons tenu une réunion avec les différents responsables des services et nous avons identifié le personnel infirmier de soutien que nous avons redéployé dans les différents services. Des médecins et pharmaciens titulaires sont également présents et nous avons mis aussi à contribution les stagiaires puisqu’ils n’ont pas le droit de grever », a-t-il indiqué.

Augustin KYETEGA fait partie du personnel de service au laboratoire. Technologiste biomédicale, il avoue avoir été réquisitionné par ses responsables pour appuyer l’équipe qui assure le service minimum. « Il y a toujours une équipe qui assure la permanence le matin, de même que l’après-midi et la garde » a-t-il signifié.

« Laissez la place à ceux qui veulent travailler »

 

 Le CHU Yalgado Ouédraogo ne fait pas exception. Là également le service minimum est assuré et, seuls les cas jugés urgents par le personnel soignant sont pris en charge. Les autres cas « non urgent » ne seront reçus qu’à la fin de la grève prévue pour ce soir. Cette situation ne laisse pas indifférent les patients présents sur les lieux à l’instar d’Issa OUEDRAOGO. « Nous sommes venus de Ziniaré. Ma femme a subi une intervention et nous venons pour le pansement. Mais ils nous disent qu’ils sont en grève, que voulez-vous que ces pauvres femmes deviennent ? Et si des complications surviennent suite à ce refus ? », s’est-il interrogé.

Il ne nous a pas caché son mécontentement. « Nous demandons à nos frères et sœurs de mettre un peu d’eau dans leur vin afin qu’il soit buvable. Il y a des gens qui sont des gardiens et qui n’ont même pas ce que vous avez comme avantages mais qui travaillent toujours.  Vous refusez de travailler pour celui qui vous a recruté et vous profitez de la grève pour aller travailler dans les privés ».  Et de conclure : « Laissez la place à ceux qui veulent travailler, ceux qui veulent servir leur pays dans la sincérité ».

À la sortie du Conseil de ministres du mercredi 17 avril 2019, la ministre en charge de la santé Léonine LOUGUE, a rassuré ses collaborateurs que leurs revendications sont prises en compte et sont en cours de traitement.

                                                                                                         La Rédaction

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