Filière karité au Burkina : Des productrices dénoncent une récupération des investisseurs étrangers

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La ressource karité est de plus en plus menacée dans tous les pays producteurs. C’est le constat fait par le Réseau Karité des femmes d’Afrique (REKAF- Afrique), au cours de son assemblée constitutive tenue ce mardi 10 avril 2018, à Ouagadougou.

Premier exportateur de karité en Afrique, le Burkina peine à s’organiser pour les intérêts de ses producteurs. Pourtant, le karité occupe près de 70% du territoire burkinabè, constitue aujourd’hui, le 4ème produit d’exportation du pays et mobilise même, près de deux millions d’acteurs, dont plus de 80% sont des femmes issues majoritairement du monde rural. « Malgré leur forte présence numérique dans la chaîne de production karité, les femmes ont du mal à tirer des revenus conséquents de cette filière, faute de pouvoir agir efficacement sur le marché » a signifié Fanny Kaboré, présidente du Réseau karité des femmes du Burkina (RECAF-Burkina).

« L’heure est suffisamment grave, mais ce n’est pas perdu » rassure Antoinette Ouédraogo/Thiombiano, première vice-présidente de l’interprofession table filière karité. S’il n’est pas tard pour celle qui a été portée à la tête du Réseau karité des femmes d’Afrique au cours de la présente session, il y a nécessité d’agir au plus vite, afin de sauver la filière karité et les principales actrices. « En 2006, Elle (Mamounata Velegda, présidente de la filière table karité), nous avait prévenues que la filière connaissait une infiltration, une récupération. ( …) De 35 000 à 45 000 tonnes d’amandes, à passant par 10 000 tonnes de beurre, aujourd’hui, elle ne peut exporter plus de 2 000 tonnes d’amendes, encore moins 50 tonnes de beurre » confie-t-elle. Et Adja Mamounata Velegda, présidente d’honneur de la rencontre de soutenir que face à l’absence de fortes décisions politiques qui encadrent la filière, les productrices assistent à l’accaparement du secteur par des firmes internationales, présentes sur le territoire burkinabè. Mieux, elle soutient que « certaines structures se cachent derrière les appuis aux groupements féminins pour se procurer les amendes à vil prix ». Au titre de la campagne précédente, cette pionnière de la filière karité au Burkina, chiffre ses pertes à 80 milliards de francs CFA.Lire la suite

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