Découvrez le rêve de Carole Sandwidi, la triple lauréate du SIAO 2018

808

Amoureuse du Faso Danfani et de tout ce qui est local, , à travers son entreprise « FemFaso » a fait de la transformation des produits locaux sa passion. Pour cette Diplômée en gestion d’entreprise et titulaire d’un bac+5 en  Audit et contrôle des entreprises, seule la consommation du produit local peut permettre le développement du pays. Queen Mafa est allé à sa rencontre.

Pourquoi avoir choisi d’utiliser le Faso Danfani comme matière première?

J’ai choisi le Faso Danfani juste pour son impact économique et culturel. Le Faso Danfani est un tissu 100% Burkinabè. A travers son utilisation, j’entends valoriser tout ce qui est local.

Je travaille avec 80% du Faso Danfani. Au début, mon idée était de travailler avec du local. J’ai commencé récemment à travailler avec du « Bogolan », du « Koko Dunda ». J’irai jusqu’à toucher tout ce qui provient du Burkina Faso. Le Faso Danfani Brillant est plus utilisé chez moi pour les sacs et portes monnaie parce que cela fait plus chic et plus beau.

Pour la décoration intérieure des maisons, j’utilise ceux qui n’ont pas de brillant. Je crée souvent mes couleurs et modèles de pagne et surtout les motifs.

Comment se fait le mixage des couleurs ?

Le mixage des couleurs n’a pas de secrets. On essaie de voir avec ces couleurs vives, sombres et mates. On joue avec ces tendances. C‘est surtout le tâtonnement on essaie si ça ne donne pas ce qu’on veut, on recommence et ainsi de suite.

D’où vous vient l’idée de transformation et de recyclage?

C’est par Amour pour mon pays parce que j’ai fait ma dernière année d’étude à Dakar. C’est là-bas j’ai vu le savoir-faire des artisans locaux. Je me suis dit pourquoi ne pas initier un truc pareil au Burkina. Quand je suis revenu à la fin de mes études j’ai commencé petit à petit avec « FemFaso ».

« Femfaso », une marque à l’image de Louis Vuitton »

Lorsque l’on est comme vous en début de carrière, n’est on pas un peu intimidée par les grandes marque ?

Je ne suis vraiment pas intimidée parce que j’ai déjà 4 ans d’expériences, je ne peux pas concurrencer avec une entreprise qui a 20 ou 30 ans d’expérience. Au contraire, Je vais vers eux et discuter et petit à petit afin de faire mon petit bonhomme de chemin.

Quel est la marque internationale qui vous a inspiré ?

Louis Vuitton. C’est une marque qui existe il y a plus de 100 ans et c’est également une marque de luxe. Ce qui me plait et m’inspire chez Louis Vuitton, c’est surtout son côté artisanal.

Comme ils le font bien c’est très cher mais les gens achètent. Avec ma petite entreprise je rêve qu’un jour elle sera à  l’image de Louis Vuitton. Je les suis, j’essaie toujours de voir comment ils font leurs collections. Et vraiment leur stratégie me plait et j’apprends.

En plus du Faso Danfani vous utilisez les pneus que vous essayez de transformer en meubles.  Parlez nous de ce nouveau projet ?

C’est une idée que j’avais en tête depuis longtemps. Au lieu de laisser trainer les pneus dans la rue, j’ai voulu en faire quelque chose d’utile. Avec les artisans on a travaillé ensemble un bout de temps. Après plusieurs échecs, nous sommes parvenus à transformer ces pneus en meubles. Toute chose qui nous a permis d’être récompensés.

Jusqu’où ira « Femfaso »?

J’ai encore d’autres créations à dévoiler surtout avec ces nouvelles tendances. Je veux vraiment me crée une entreprise à part dans le domaine de l’ameublement. Quand on habille les chaises c’est tellement et les salons avec du local c’est très joli.  Et je veux développer ce côté-là.

Vous avez été lauréates de trois prix en entrepreneuriat au SIAO 2018. Comment avez-vous vécu cette distinction?

Quand je participais au SIAO, je ne croyais pas que j’allais avoir autant  de prix.  Cette récompense m’encourage davantage à aller plus loin. On travaille tous les jours sans soutien, on n’a pas de matériel adéquat et franchement quand tu es récompensé  il y’a quelque chose au fond qui nous console et nous fait plaisir. C’est une invite à aller loin, à travailler d’avantage et de faire de nouvelle création.

Selon vous qu’est ce qui a motivé ces personnes a vous distingués ?

Je peux dire que c’est l’innovation. Pour vous raconter une anecdote il y a un jury qui m’a fait signe parce qu’ils trouvaient que mon œuvre était intéressant mais il n’était pas certain de la provenance du Faso Danfani. Pour eux,  c’était un tissu chinois, ils n’avaient pas encore vu du Faso Danfani pareil.

Alors que j’ai utilisé un Faso danfani normal avec une largeur un plus grande. Je pense que tout cela c’est l’innovation

Qu’est ce qui fait la particularité de Fem Faso ?

Femfaso c’est surtout la promotion du made in Burkina. Je veux vraiment rayonner avec tous ce qui est local. « Femfaso », c’est également le choix des tissus, le choix des couleurs et la créativité. J’innove tout le temps, j’essaie toujours de crée.

Pensez-vous à former d’autres personnes ?

Je forme souvent quand on me fait appel. J’ai déjà forme près de 500 élèves  en accessoire de mode. On en fait dans certaines régions au Burkina. Grâce l’ambassade des Etats Unis avec leur projet de la cathédrale,  j’interviens dans les formations des femmes. Je suis en partance à Lomé pour une foire ou je dois former des gens.

Un cri de cœur ?

J’invite toute la population à consommer les produits burkinabés. C’est en consommant ce que nous produisons  que nous allons développer. Nous allons également pouvoir devenir comme le Maroc qui arrive à exporter leurs produits.

 J’appelle le ministère  du Commerce à nous soutenir afin qu’on puisse aller faire des expositions à l’international comme la  foire de Paris ou faire la formation en design avec d’autre pays pour des partages et échange d’expériences.

                                                                                                      Aminata GANSONRE

 

 

 

 

 

 

Laissez votre commentaire ici !