« Faso Attiéké », une unité de transformation agricole aux grandes ambitions

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L’attiéké est l’un des produits ivoiriens les plus prisés au Burkina Faso. Cependant, depuis quelques années, on retrouve de l’attiéké transformé sur place au Burkina Faso dans les assiettes des consommateurs. Visite guidée à « Faso Attiéké », l’une des multiples unités de production de l’attiéké made in Burkina.

Il est 15 h 20mn, ce vendredi 23 juin, lorsque nous faisons notre entrée dans les locaux du groupement de transformation des produits agricoles(GTPA)Wendkunni qui abrite l’unité de transformation « Faso Attiéké ». L’odeur de l’Attiéké vous enivre et la seule envie que vous avez, c’est d’en déguster.

A cette heure de la journée, le stress, la fatigue se lient sur les visages du personnel qui travaille activement. Pas de pause pour eux. Ils travaillent d’arrachent pied jusqu’à la nuit tombée pour satisfaire un grand nombre de clients. « Nous étions en rupture du stock de matière première durant une semaine, c’est la raison pour laquelle nous travaillerons jusqu’à la nuit pour honorer nos commandes», nous explique la coordonnatrice du groupement  Florence Bassiono /Kabore.

C’est elle qui  est à l’origine de la création de l’unité de transformation « Faso Attiéke ».  Employée à l’époque par une entreprise de la place, elle s’est vue un beau jour menacée de licenciement. Face à une telle situation, Florence décide de  s’auto-employer et du même coup employer  des femmes de son quartier. C’est ainsi qu’elle suivra une formation avec l’association des femmes réfugiées de la côte d’Ivoire afin de bien maitriser  la technique de la transformation de l’attiéké.

« C’est à l’issue de cet apprentissage que j’ai pris un crédit pour m’installer de façon modeste. Petit à petit l’oiseau faisant son nid, nous avons installé cette unité », se souvient-t-elle.

Le GTPA wendeKunni est aujourd’hui une véritable entreprise. « Quelques structures nous ont fait confiance en nous octroyant des financements pour améliorer nos conditions de travail, c’est ce qui nous a beaucoup aidé car nous n’avions pas les moyens nécessaires pour travailler », confie la coordonnatrice.

Grâce à cet appui, l’entreprise est aujourd’hui  en location sur  un site qui abrite une grande salle de transformation d’attiéké, d’un bureau et d’une salle d’exposition des produits.

L’une des principales difficultés, reconnait-elle, c’est la carence de pâte de manioc. « La matière première qui est la pâte de manioc provient de la Côte d’Ivoire. Il arrive souvent qu’il y’ait rupture de quelques jours, ce qui joue négativement sur leur chiffre d’affaires. Nous sommes obligés de subir certains caprices de nos fournisseurs », avoue-t-elle impuissamment.

 Même si, aujourd’hui, Florence reconnait que la concurrence est rude avec la présence de l’Attiéké fabriqué directement en Côte d’Ivoire, elle se réjouit du fait que l’Attiéké Made in  Burkina à l’avantage d’être frais .

 

                   Bientôt de l’attiéké 100% made in Burkina Faso

 Selon Bassiono Florence, des producteurs se sont engagés à produire du Manioc au Burkina Faso afin de pouvoir approvisionner les transformateurs de l’Attieké du Burkina. Ainsi, donc  la matière première qui est la pâte  de manioc  bientôt sera disponible sur place.

En plus de l’Attiéké frais, l’unité « Faso Attiéké » propose aussi de l’Attiéké  sec, des grumeaux de bouillie à base de petit mil et du manioc, de la farine de maïs, du manioc et du niébé, des jus et des épices etc.

Débutée avec quelques  7 personnes l’unité compte aujourd’hui 29 personnes dont 2 garçons et 27 femmes. L’ambition de Florence est de pouvoir réussir à trouver un site assez grand  appartenant au GTPA Wendkuni afin de pouvoir  honorer ces  multiples commandes et surtout employer beaucoup plus de femmes.

                                                                 Lala Kaboré /Dera

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