Entrepreneuriat féminin: impactées par la COVID 19, elles se battent pour sortir la tête de l’eau

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Avec l’avènement de la COVID-19 au Burkina Faso, nombreuses sont les entreprises qui sont en souffrance. S’il y a un secteur qui a été fortement impacté c’est bien celui de l’évènementiel dans lequel évoluent beaucoup de femmes.  Parmi lesquelles, Aïcha Dabré, Sandrine Folané et Prûss Wourougou, trois femmes entrepreneures fortes, qui se battent pour sortir la tête de l’eau malgré le contexte difficile.

Responsable de l’Entreprise Générale des Services (EGES), Sandrine Folané/Ouédraogo est dans l’évènementiel depuis quelques années. L’édition 2020 de «  Africa Mousso » a frôlé l’annulation en raison des mesures restrictives de la Covid-19. « Nous voulions reporter l’événement mais de nombreuses femmes nous ont encouragé à le tenir. Grâce à leurs soutiens et à ceux de nos partenaires, Africa Mousso a pu avoir lieu du 28 au 30 octobre 2020 », indique Sandrine Folané. La promotrice d’Africa Mousso redonnait cependant qu’organiser un tel événement dans le contexte de la Covid-19 a été un véritable défi.

Aïcha Dabré, promotrice de Label Qualité

Aïcha Dabré, directrice générale de Label Qualité, elle n’a pas eu cette chance. Elle a dû annuler l’édition 2020 des Journées de l’Entrepreneuriat Féminin qui constitue l’évènement annuel phare de l’agence. « La date était fixée ; c’était prévu du 26 au 28 mars 2020 à Koudougou. A deux semaines de l’activité, il y a eu le décret du gouvernement au conseil des Ministres interdisant les regroupements de plus de 50 personnes et fermant les frontières », explique Aïcha Dabré.

Vu que certains participants dont l’invité d’honneur venaient de l’extérieur du Faso et qu’il n’était pas possible de limiter le nombre de personnes à 50, elle a été obligé de renoncer. « Ce n’était pas facile pour nous parce qu’on avait déjà injecté plus de 5 millions », se remémore-t-elle.

« C’était un calvaire accompagné de grosses pertes »

En plus d’avoir impacter leurs évènements phares, la Covid-19 a paralysé un grand nombre de leurs activités.

« Nous avons dû fermer pendant six mois et les employés ont été mis en chômage technique parce qu’il n’y avait plus d’activités de communication, plus d’évènements, plus de boulot pour nous », affirme Aïcha Dabré, DG de Label Qualité.

Directrice Générale de Nytia Service, Bienvenue Prüss Wourougou.

Comme elle, Sandrine Folané a également fermer son agence. « Il n y avait plus d’activités, c’était un calvaire accompagné de grosses pertes. Nous avons fermé et mis les employés en chômage technique pendant 4 mois », fait savoir la responsable d’EGES.

« Il fallait y faire face, se réinventer »

Agence de communication et d’évènementielle, Nytia Services a elle aussi ressentie les effets de la Covid-19. « Derrière une agence évènementielle, il y a toute une chaine de personnes comme les sous-traitants, les entreprises partenaires, des jeunes du secteur informel, des hôtesses, des restaurateurs, … Du coup, si nous n’avons plus de marché, cela se répercute sur eux aussi », souligne la Directrice Générale de Nytia Service, Bienvenue Prüss Wourougou.

Lorsque les restrictions imposées pour lutter contre la Covid-19 sont tombées, Nytia Service a tout mis en œuvre pour ne pas fermer son agence. « Il fallait y faire face, se réinventer et voir comment avoir d’autres types d’activités pour pouvoir gérer les différentes charges », nous dit Bienvenue Prüss Wourougou. « On a dû faire comprendre au personnel la situation difficile qu’on traversait mais au finish, on a pu sauver les meubles », ajoute la Directrice de Nytia Services.

Sandrine Folané, recevant son Prix Ladiz Fashion Night àCotonou

« On a écrit à ce ministère…mais on n’a pas eu gain de cause » 

De l’avis de la promotrice de Nytia Services, de nombreuses structures ont été prises en compte dans le plan de relance économique mais les agences d’évènementielles ont été un peu oublié. « On n’a pas fait allusion à ces structures qui ont été beaucoup plus impactées. Pourtant, on avait des contrats d’évènements pour 2020 et du jour au lendemain, c’est tombé à l’eau », déplore Bienvenue Prüss.

Cet avis de dame Prüss est partagé par Aïcha Dabré qui a postulé pour le fonds de relance culturel mais qui n’a pas été retenue. « On m’a dit que je ne suis pas de la culture mais de la communication. Dans notre ministère de tutelle, il n’y a pas eu quelque chose dans ce sens-là », explique-t-elle.

 Avec Publicitaires et Associés dont elle est la secrétaire à l’information, Aïcha Dabré dit avoir écrit au Conseil supérieur de la Communication(CSC) qui la renvoyer au niveau du ministère de la communication. « On a écrit à ce ministère pour qu’il voit le cas des agences qui avaient des activités programmées et qui ont dû annuler à cause du décret mais on n’a pas eu gain de cause », regrette-t-elle.

A travers le fonds d’appui à la presse privée, l’opportunité a été donnée aux agences d’évènementielles de postuler avec des projets, pour pouvoir bénéficier de fonds de roulement et de financement. En dehors de ce fonds, auquel elles n’ont pas postulé, les trois femmes entrepreneures sont catégoriques : aucune d’entre elles n’a bénéficier de l’aide du gouvernement.

Aujourd’hui, même si la Covid-19 est encore là, Aïcha Dabré, Sandrine Folané et Bienvenue Prüss ont repris leurs activités évènementielles. Cependant des difficultés persistent. Il s’agit notamment de l’accompagnement des partenaires qui se raréfie car ces derniers ont eux-aussi fait les frais de la Covid-19. Il y a également la diminution des marchés mais qu’à cela ne tienne, les trois cheffes d’entreprises espèrent que l’avenir sera radieux pour leurs affaires.

Faridah DICKO

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