L’ISEBE se penche sur la situation de l’enseignement supérieur en Afrique de l’ouest

26

 Dans le cadre de sa rentrée académique 2018-2019, l’Institut Supérieur de l’Eau du Bâtiment et de l’Energie (ISEBE) a tenu une conférence publique ce 20 octobre sur l’enseignement supérieur en Afrique. Laquelle conférence a été animée par l’éminent Pr Saliou Touré par ailleurs président de l’Université Internationale de Grand Bassam (Côte d’Ivoire).

 « L’enseignement supérieur en Afrique de l’Ouest : la dynamique d’un changement », c’est sur ce thème que s’est penché Pr Saliou Touré ce 20 octobre pour tenir en haleine un auditoire composé d’étudiants, chercheurs et enseignants.

Saliou Touré a fait savoir que depuis les indépendances, les pays d’Afrique ont élevé le secteur Education-Formation au rang des priorités. Toute chose qui leur a permis de mettre en place un dispositif important d’enseignement supérieur.

« Ce dispositif comprenait des universités, des grandes écoles nationales et des écoles inter-Etats qui ont permis de former de nombreux cadres hautement qualifiés », a-t-il expliqué.

Cependant, poursuit le mathématicien Touré, sous la pression d’une forte croissance démographique, d’une crise économique et du plan d’ajustement structurel (PAS), l’enseignement supérieur a été confronté à de multiples contraintes notamment l’accroissement du nombre d’étudiants, la difficulté de recrutement de nouveaux enseignants qualifiés, la mauvaise condition de vie et de travail des enseignants et des étudiants.

Aussi, l’ancien ministre Ivoirien en charge de l’Enseignement supérieur, a fait savoir que restée longtemps calqué sur le modèle Français l’université en Afrique de l’Ouest a hérité des caractéristiques qui ont fait d’elle une sorte de « cité dans la cité ».

« Les universités en Afrique de l’ouest sont restées longtemps engagées dans un processus de reproduction d’une culture humaniste se limitant trop souvent à leur fonction traditionnelle de délivrance de diplôme  et de grades », a regretté Pr Saliou Touré. Et de poursuivre qu’en ce qui concerne la recherche universitaire, les résultats ne sont pas à la hauteur des espérances.

La nécessité de repenser l’enseignement supérieur

Selon le conférencier du jour, il faut nécessairement redéfinir les missions, les objectifs, le rôle et le mode de fonctionnement et de gestion qui s’imposent à l’enseignement à supérieur.

« Nous devons le restructurer en fonction de nouvelles priorités et de nouvelles approches afin de mieux préparer nos pays à faire face aux enjeux de la mondialisation », a-t-il expliqué.

Pour faire de cette ambition une réalité, Saliou Touré a souhaité que  l’enseignement supérieur soit organisé avant tout pour la société et qu’il soit au service de la formation des citoyens.

En outre, quant à la formation des futurs cadres, Pr Touré a confié qu’il n’est plus nécessaire de former les jeunes dans des disciplines qui n’offrent plus d’emplois.

Pour atteindre les objectifs escomptés pour un enseignement supérieur de qualité, le président de l’Université Internationale de Grand Bassam a dit qu’il est donc indispensable que les universités et les centres de recherche forment des scientifiques qualifiés et compétents dans les différents domaines des sciences.

Pour y parvenir, il a demandé aux dirigeants Africains de mettre à la disposition des universités et des centres de recherches suffisamment de moyen à cet effet.

Selon la présidente du Conseil de gestion de l’ISEBE Patricia Etsher Kabré tout comme le Directeur des études Dr André Momo,  il était plus que nécessaire de tenir cette conférence sur la situation de l’enseignement supérieur. Car soutiennent-t-ils, l’enseignement supérieur a perdu son rôle d’antan qui lui était dévolu.

En rappel, crée en 2013, l’ISEBE est une école supérieure  qui offre les filières de formation en Bâtiment et travaux publics, hydraulique et Ouvrages, Recherche géologique et minière, exploitation minière ainsi que les énergies nouvelles et renouvelables.

                                                                                                          Issa KARAMBIRI

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here