Depuis le 20 juillet, des milliers d’élèves sont à l’assaut du baccalauréat, premier diplôme universitaire. L’idéal serait que tous les candidats soient admis à l’issue de la proclamation des résultats. Chose qui est quasi impossible, mais qui ne doit pas pour autant assombrir ceux qui vont échouer. Comment aider son enfant à surmonter l’échec d’un examen ? Réponse dans cette interview avec Silvia Ferraris, Art Thérapeute dans le domaine de l’enfance et de l’adolescence.

Queen Mafa : Quelle est votre compréhension de l’échec d’un examen ?

 

Silvia Ferraris : pour moi, il y a deux possibilités quand on parle d’échec : la première possibilité est que l’enfant a échoué parce qu’il ne s’intéressait pas à l’école. Il faisait autre chose pendant l’année scolaire au lieu de se mettre au sérieux pour étudier.

Dans la deuxième possibilité, l’enfant s’est beaucoup donné, il a tenté avec tout son cœur pour réussir l’examen mais, malheureusement il a échoué.

Comment le parent doit-il réagir dans de telles situations ?

Je crois que dans le premier cas, le parent doit être assez dur, c’est-à-dire montrer à l’enfant que si on s’implique dans quelque chose, on doit le faire avec  du sérieux. Cet échec est une chose voulue par l’enfant. Certes, le parent doit être proche de lui mais, il doit l’occuper pendant les vacances, l’amener à travailler. Il faut l’impliquer dans quelque chose qui peut lui être utile.

Quant au  deuxième cas, c’est-à-dire l’enfant qui a échoué malgré ses efforts,  c’est plus délicat parce que celui-ci peut faire des actions qui mettent en danger sa vie. Les parents doivent être très présents pour cet enfant, très proches de lui.  Ils doivent le soutenir, l’encourager en lui disant que l’échec n’est pas la fin de quelque chose mais que c’est une étape de la vie.

C’est vrai que l’enfant pense que c’est quelque chose qui n’a pas abouti, que c’est la fin du monde pour lui mais, il revient aux parents de lui montrer que c’est un petit pas de sa vie par rapport à toute la vie qu’il a devant lui et par rapport à ce qu’il a fait avant d’arriver là.

 

Quand vous dites que les parents doivent être proches de l’enfant, c’est faire quoi concrètement ?

Je veux dire l’aider à ne pas trop se décourager. Lui montrer qu’il y a plusieurs chemins dans la vie. Lui faire savoir  que beaucoup de personnes qui ont fait de grandes découvertes dans la vie, dans le domaine scientifique surtout ont eu des échecs  à l’école ; et que s’ils ont réussi, c’est grâce aux exemples de figures adultes qu’ils ont eu pendant leur jeunesse.

 

Très proche, ce n’est pas une métaphore, c’est-à-dire que le parent peut laisser certaines de ses activités et consacrer du temps à son enfant. Il peut faire  des choses banales : se balader avec lui, préparer avec lui, ne pas le laisser se déprimer, le laisser sortir avec des amis. Je vois que dans beaucoup de famille ici, on se dit que l’enfant est grand et est responsable de sa vie, c’est bien juste mais, il y a des moments où les parents doivent être un peu plus présents dans la vie de l’enfant comme pendant ces moments d’échec.

Comment un tel enfant peut-il se comporter ?

L’adolescent c’est quelqu’un qui a toujours besoin de l’adulte mais il ne le dit jamais.  Dans les moments d’échec, il peut même se montrer agressif avec les parents. Mais, c’est un comportement qui va lui donner le courage de reprendre l’année. Il faut aussi préciser que ce ne sont pas les parents qui doivent assumer toute la responsabilité de son échec sur leurs épaules.

 

Quelles peuvent être les conséquences d’une incompréhension des parents face à l’échec de l’enfant ?

Ça dépend du caractère de l’enfant et des camarades qu’il fréquente. Ça dépend aussi s’il y a d’autres figures d’adultes dans la cour.  L’adolescent grandit dans un entourage où il y a d’autres personnes à part ses parents biologiques. Si malheureusement, l’enfant ne peut pas profiter de quelqu’un de bien parmi tous  ceux-ci, il y a des risques pour qu’il déraille et faire de mauvaises choses comme tricher, ne plus vouloir de l’école. Cela  peut paraitre comme un essai au départ mais s’il n y a pas quelqu’un pour le comprendre, le guider, le conseiller, il va vraiment dérailler.

Il est coutume d’entendre que pour réussir, il faut d’abord échouer, qu’est-ce que vous en pensez ?

Oui, je suis d’accord parce que c’est par l’erreur qu’on peut apprendre et se relever. En  marchant on peut tomber, mais si on ne tombe pas on ne pas apprendre à se relever.

                         

Assétou W. Maiga                                                                                                         

 

Laissez votre commentaire ici !