Droit de succession de la veuve : ce qu’il faut savoir

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Une vue des veuves à la Fondation Lucie Kaboré( Images d'archives)

Une fois qu’elles perdent leurs époux, ces veuves deviennent des ‘’laissées pour compte’’. En plus de s’occuper seules de la famille, elles subissent quelques fois des préjudices dans la société. Quelles sont les difficultés que rencontrent ces femmes ? De quels droits peuvent-elles en jouir ?

Mariée devant l’Officier d’État civil, Véronique a perdu son époux il y a dix-neuf ans de cela. Certes douloureux, mais elle et ses enfants bénéficient au moins d’une protection judiciaire parce que mariée légalement.
Pour Wahoudou Sanga, Magistrat, Vice-président et Président de la Chambre d’accusation de la Cour d’Appel de Fada N’Gourma, cette veuve et ses enfants ont droit à l’héritage (droits successoraux), droit à la pension du défunt, droit à la moitié des biens communs en cas de mariage régi par la communauté des biens, droit au remariage pour la veuve, droits parentaux de la veuve (autorité parentale sur ses enfants mineurs) etc.

Tout comme Véronique, Elizabeth est aussi veuve depuis une dizaine années. Mais contrairement à la première, Elizabeth est issue d’un mariage religieux. A-t-elle des droits sur le plan juridique ?
De l’avis du magistrat, le mariage non légal n’a pas de valeur ; en termes simples la loi l’ignore. Par conséquent, la veuve issue d’une telle union ne peut nullement prétendre à la succession. Seuls ses enfants (s’il en existe) sont concernés par la succession. Mais la veuve conserve ses droits parentaux sur ses enfants (autorité parentale, garde etc.)
Elizabeth n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Elles sont nombreuses ces femmes qui vivent ces unions de fait (mariage coutumier, religieux, concubinage) qui ne sont malheureusement pas reconnues par la loi.
Mais d’une manière générale, les veuves (mariées légalement ou non) sont confrontées à plusieurs difficultés comme la contestation de leurs droits successoraux et parentaux par les parents du défunt (les frères et sœurs, les père et mère et d’autres parents lui disputent assez souvent l’héritage, on lui retire les enfants et les biens, et on la renvoie sans ressources, etc.)

Que dire du droit des veufs ?

Les veufs ne connaissent pas les mêmes embarras que les veuves en matière de succession d’héritage. « Les problèmes ne se présentent pas de la même manière. La plupart du temps, les hommes disposent d’un pouvoir économique (c’est généralement l’époux qui a acquis le logement familial et la majeure partie des biens). En outre, certains hommes souffrent assez souvent d’un certain orgueil ou d’une certaine fierté qui font qu’ils ne s’intéressent généralement pas aux biens de leurs épouses », a signifié le magistrat Wahoudou Sanga.

Pour lui, la société elle-même perçoit mal que la famille ou les parents de l’épouse défunte viennent revendiquer des biens qui sont censés être la propriété de l’époux, ou des enfants qui appartiennent à la famille de ce dernier.
Il ressort au finish, que le mariage civil reste la meilleure option pour la tranquillité du foyer, surtout après le décès d’un des conjoints. C’est pourquoi, les couples sont invités à se marier légalement. En plus de l’assurance qu’il donne à la veuve surtout en matière de succession, il garantit l’équilibre social et la tranquillité au sein de la famille.

Assétou W. Maiga

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