Importé de la Chine et de l’Inde depuis des années, le coton hydrophile est désormais produit et commercialisé au Burkina Faso, une première dans la sous-région. Cette œuvre est initiative de  Céline Kontyaré, une jeune  pharmacienne. Cette brave dame qui entend révolutionner le domaine du coton au Burkina et en Afrique est notre coup de cœur de la semaine.

« Être précurseur, ce n’est pas pour les mauviettes ou pour les âmes sensibles », disait l’amirale américaine Michelle Howard. Une citation prend tout son sens avec la jeune pharmacienne Céline Kontyaré.

« En 2012, j’ai cherché à savoir la provenance du coton utilisé pour les soins au Burkina Faso. Alors, j’ai constaté que ce coton était importé. Cela m’a beaucoup choquée dans la mesure où notre pays est l’un des premiers producteurs du coton en Afrique.Je me suis alors lancée le défi de produire le coton hydrophile pour que les burkinabè puisse se soigner avec du coton produit au Burkina Faso », explique-t-elle.

Le coton produit par l’unité de production de Cécile Kontyaré, SOFACOB-


Pour réaliser ce gigantesque projet, Céline doit s’investir tant matériellement que physiquement. Ainsi, elle part en Chine pour une formation intense de quelques mois. Et, c’est là-bas, qu’elle s’achète les machines servant à la transformation du coton.

À son retour au bercail, Cécile Kontyaré crée une unité de production du coton médical dénommée SOFACOB (Société de Fabrication du Coton au Burkina) où sont employées plus d’une vingtaine de personnes. Si tout semble aller comme elle le souhaitait, la jeune pharmacienne se trouve confrontée à un premier obstacle : comment obtenir les fibres de coton pour sa transformation ?

« Il fallait se battre pour avoir les fibres. J’ai mis du temps, environ deux ans à négocier avec la SOFITEX afin d’avoir du coton. Bien avant cela, je m’approvisionnais en coton brut auprès d’une structure privée. Ce qui m’a permis de tenir jusqu’à l’heure actuelle », confie-t-elle.

Déjà en vente dans certaines pharmacies, quelques utilisateurs sont déjà fiers du nouveau produit « made in Burkina ». D’autres ne cachent pas leur étonnement quand ils sont informés. « Les burkinabè sont fiers du produit. C’est ce qui me donne le courage de continuer. Présentement, notre coton hydrophile est le moins cher sur le marché », affirme Cécile Kontyaré.

La sous-région s’intéresse fortement au coton de Cécile

Le plus gros regret de la promotrice du coton hydrophile burkinabè, c’est la réticence des structures publiques qui, jusque-là peinent à s’en approvisionner contrairement à certaines officines ayant une autonomie de gestion qui font régulièrement des commandes.

Si au Burkina Faso, la commande nationale se fait encore attendre, plusieurs pays de la sous-région ont manifesté leur volonté de se procurer ce coton hydrophile jamais fabriqué dans la sous-région.

Une belle initiative que les autorités burkinabè gagneraient à accompagner afin de permettre à cette jeune entreprise qui constitue une fierté nationale, de prendre définitivement son envol.

 

                                                                                                          Issa KARAMBIRI

 

 

 

 

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