Instaurée depuis 1991 sous l’égide de l’Union Africaine, la Journée de l’Enfant Africain (JEA) est célébrée le 16 juin de chaque année par les pays africains. Cette commémoration est instituée en mémoire du soulèvement des étudiants de Soweto, en Afrique du Sud, en 1976. A cette époque, ces étudiants s’étaient révoltés contre la piètre qualité de l’enseignement qu’ils recevaient et avaient demandé à être enseignés dans leurs propres langues.

Cette commémoration annuelle est non seulement une opportunité pour exalter la lutte des enfants pour défendre leurs droits mais aussi, elle est une invite faite aux différents Etats africains à une introspection et à plus d’engagement au profit de la protection des droits des enfants.

Cette année, la commémoration se fait à un moment où la quasi-totalité des pays africains font face à des crises humanitaires favorisées par divers causes ou évènements (tremblements de terre, inondations, épidémies, conflits armés, attaques terroristes…). Ces crises constituent des risques et des menaces significatifs pour la vie, la sécurité, la santé et le bien-être des populations en général et des enfants en particulier.

C’est fort de ce constat que le Comité africain d’experts sur les droits et le bien-être de l’enfant (CAEDBE) a choisi pour thème de la commémoration de la Journée de l’Enfant Africain de 2019 : « L’action humanitaire en Afrique : les droits de l’enfant avant tout ».

A travers ce thème, ledit comité reconnait que l’enfant africain est celui qui subit les conséquences les plus graves des conflits armés, des tensions, des conflits intercommunautaires et d’autres catastrophes et crises humanitaires. Ce phénomène représente un problème plus important qui est une protection insuffisante de l’enfant.

En effet, l’UNICEF soulignait, en 2017, qu’environ un enfant sur quatre vit dans des pays frappés par des crises humanitaires, ce qui entraine des violations des droits tels que le manque d’accès aux soins médicaux, à l’eau potable et à l’assainissement, à la nutrition, à une éducation de qualité ou à la protection. Des problèmes tels que les déplacements forcés, la séparation des enfants de leurs familles, la traite ou le recrutement d’enfants dans des groupes armés, la détention, l’exploitation économique, les abus physiques, psychologiques et l’exploitation sexuelle d’enfants nécessitent une reconnaissance et une protection continues des droits des enfants lors des crises.

Alors que nous célébrons cette année les 30 ans de la Convention relative aux droits de l’enfant, il est d’autant plus important de renouveler notre engagement et notre obligation d’assister et de protéger chaque enfant en situation de détresse.

C’est pourquoi, le Burkina Faso, en tant que membre de l’Union Africaine, considérant l’impérieuse nécessité d’une protection holistique de l’enfant et fidèle à ses engagements internationaux, entend accorder une priorité à la réalisation des droits des enfants en situation d’urgence. Ainsi, conformément aux dispositions de la résolution instituant la Journée de l’Enfant Africain et eu égard au contexte sécuritaire du pays, le Burkina Faso se propose de réfléchir cette année sur le thème suivant : « Action humanitaire dans un contexte d’insécurité au Burkina Faso : défi de la prise en compte des droits de l’enfant ».

Ce thème est en rapport avec la situation du pays qui connaît des crises humanitaires dues à des attaques terroristes récurrentes et des conflits intercommunautaires. Plusieurs localités du pays sont touchées occasionnant ainsi des pertes en vies humaines et des déplacements de populations qui affectent de nombreux enfants. Les statistiques du Conseil National de Secours d’Urgence et de Réhabilitation (CONASUR), du Haut-Commissariat des nations unies pour les Réfugiés (HCR) et de l’OCHA (Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires) font ressortir 161 217 personnes déplacées internes à la date du 06 mai 2019, concernant cinq (05) régions du pays qui sont : les régions du Sahel, de la Boucle du Mouhoun, de l’Est, du Nord et du Centre- Nord.

Parmi ces personnes déplacées, les femmes et les enfants représentent une grande proportion, soit environ 60% des effectifs. Les enfants affectés par cette situation sont exposés à de nombreux risques. Ce sont entre autres : le traumatisme de la séparation des parents, la dépression, la négligence, les violences physiques, la mobilité, la précarité alimentaire, la déscolarisation et les maladies. Les crises humanitaires exacerbent par ailleurs le risque des mariages d’enfants en raison des conditions de vie difficiles que connaissent de nombreuses familles. Autant de risques qui nécessitent des actions fortes et efficaces à même d’assurer une protection adéquate aux enfants en situation de crises humanitaires afin de protéger leur intégrité et leur dignité.

En tout état de cause, notre pays en célébrant cette année, la Journée de l’Enfant Africain sous le thème choisi réaffirme son engagement à assurer la protection des droits fondamentaux de l’Enfant en veillant à ce que ces droits subsistent même pendant les crises humanitaires et constituent une priorité.

En cette journée de commémoration officielle, le Ministère de la Femme, de la solidarité nationale, de la famille et de l’action humanitaire salue l’action de tous les partenaires techniques et financiers ainsi que celles des ONG et des Organisations de la Société Civile qui œuvrent inlassablement pour l’amélioration de la condition des enfants.

Tous ensembles pour un monde digne des enfants !

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